LE COMTE D'ESTAING
il n'avait pas fait ses premières armes, d'Estaing partit avec le titre de vice-amiral.
Il était plein du souvenir des cruelles divisions qui avaient perdu les colonies françaises de l'Inde, et parfaitement au courant des passions qui unissaient les officiers de la marine dans un intraitable esprit de corps et un dédain aristocratique pour quiconque n'avait pas débuté sur les vaisseaux de l'État et n'appartenait pas à la noblesse. D'Estaing savait qu'il était traité de bleu 'j par les capitaines de navires mis sous ses ordres, et qu'aux difficultés d'une laborieuse et aventureuse campagne se joindraient la malveillance de ses subordonnés. Mais il était aussi ferme qu'éclairé. Jugeant en citoyen ta grandeur de la mission qui lui était confiée, il partait résolu à tout faire pour sa réussite, et à ne pas la compromettre dans un de ces combats stériles qui n'ont pour but que la gloire personnelle et fugitive d'un cbef.
Obligé, par prudence, de tenir compte du mauvais vouloir de ses officiers qui pouvaient s'entendre pour se disperser, sous prétexte de gros temps^ d'Estaing ordonna de ne marcher que de jour afin de pouvoir compter cbaque soir le nombre de ses navires en les mettant en panne. Il allongeait ainsi beaucoup la durée de la traversée, mais sa défiance était tellement comprise par le public que le bruit courut à Paris, peu de jours après son départ de Toulon, qu'il avait tiré à boulet sur un de ses na-
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— Vojr. la France lou
»i.JF,loiiieV, p. 276.
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2H LIVBË DEUXIEME.
vires dont le c:ipitaine méconnaissait ses signaux '. Parit de Toulon le 13 avril, d'Eslaing avait eu une traversée (]ui avait durée quatre-vingt-dix sept jours. Une frégate envoyée à la côte lui ayant annoncé l'évacuation de Philadelphie et la victoire des Américains à Monmouth, il leva l'ancre sans prendre le temps de renouveler sa provision d'eau douce, et courut aux ennemis sur l'agsurance donnée par un pilote américain qu'il pourrait atteindre la flotte anglaise au fond de la rade de Sandy-Hook. Les marins français résolus comme leur chef, s'exaltaient A la vue des mâts des navires qui pointaient
' ' BUtoire de la guerre d'indipeniaau dti Élalt-UKil, psr Bolls, 1.1, p.xvij: (omelir, p. 302 et iuIt., ÏIO cl «uiT., 220 et tu iv , 333 et siiiï., 345 cl suiï., 347 et suiv., 353 et iiiIt. — Htilory of ihe reign ttf Georgtlll, by fdword Bainet,i.\, p. 125 et iniv. — Archieudu minUtért di Ut marine. Négociatioai tecrèlei entre l'Angleterre et l'Ami ri que. Autographes. Premières lellrei des diléguéi anglaii au Congrès et réponse du Congrès, 9 et 17 juin 1773. CampBfnei. Carton 7G. Journal de bord de M. rte SenneviUe. Lettre de H. de Benneiille, du 5 mai 1776. Canpsgseï (l'Amérique du brigadier Prud'homme de Borre ; il cile la lettre de Washington au Con^s du l"'juil!et 1778. Correspondance générale, 1776. Mémoire de M. Parisut. Correspondance générale, 1779, voir une lettre sans signature où l'amiral d'Estaing est dénigré de la manière la plus - malTeillanle, el où l'on dit notamment, l propos d«s préciutioni prises par . lui contre le dispersement de sa (lotte : ic On partit de Toulon uni avoir lendu les haubans, la mâture Tut i bas; on aurait pu arriver quioie jonri plus tât è Boston, malgré la contrariété des lents ; mais il fatiitt faire ei chemin des évolutions et donner le tempi aux Aoftlaii de quitter la Delaware, » — ilémnires, corretpondanee et mantiieriU du général t.afayette, (orne I, p. X eltuiv., 11. — Biographie nouvelle det eontemporaint, par MM. Araault, Jg;, Joo;, etc., Paris, 1822, ia-8. article d'Eslaing. — Moniteur des 9 février el 8 mars 1791, naméroi 40 et 68. Voir les raisons données par d'Eslaing pour ne pas accepter le grade ' d'nmiral. — Corretpandance secriu itiéiiu nir Louit XVI «I MaritinCoinede, publiée par Leienre, tome I, p. 164, 165,166, 171. — Bùtot're de la révolution d'Amérique par rapport à la Caroline méridionale, par David Ramsay, membre do cangrès américain, Iraduil de l'anglais. Londres et Paris, 1787, in-8.'lomc I, p. 167 el lulv.
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