‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 55 sur 142 · VICTOIRE NAVALE OES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

VICTOIRE NAVALE OES FRANÇAIS

rent soit par ses amis, soit par ses qualités personnelles. Il a été, en 1769^ ambassadeur en Russie; il parle très bien français, a beaucoup d'esprit et est très instruit. Ses aiïaires dérangées lui avaient fait donner le gouvernement de la Grenade pour les rétablir; il y travaillait de son mieux... Le proverbe anglais du lieu dit que si lord Macartney avait su trouver de l'or dans la tête d'un habitant il l'a lui aurait fait casser pour l'avoir. Je lui ait dit, dès ma première conversation... qu'à mon retour d'Angleterre en France, et que prisonnier comme lui, j'avais eu le bonheur d'être... un des moyens qui avait rapproché deux grands monarques, et que je donnerais un bras pour que cet hiver il 8t la même chose. La réponse, qui sentait encore la poudre à canon, fut que les Anglais ne feraient jamais la paix qu'étant vainqueurs, et que lorsque la marine du roi serait détruite. Le lord Macartney m'a depuis reparlé, avec moins de hauteur, de mon idée, qu'il pourrait (ravailler à la paix. Je lui ai répondu à mon tour que c«tte chimère ressemblait à celle du projet de capitulation qu'il avait rejeté ; et qui tenait beaucoup de la République de l'abbé de Saint-Pîerre ; que cependant cela pouvait être un moyen de réparer les pertes que le feu du vaisseau brûlé à Saint- Christophe, qui portait tous ses effets, et que l'assaut lui avaient causées. »

Le lendemain même de la reddition de la Grenade, ^ arrivait la nouvelle que la flotte de l'amiral Byron avait été aperçue de l'île Saint- Vincent faisant route vers le sud. A l'instant un signal ordonna aux dif< férents capitaines de navires d'appareiller ei de se

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préparer au combat. Ils passaient la nuit k l'ancre, quand, le 6 juillet, les frégates qui croisaient au loin, signalèrent, à trois heures et demie du matin, la présence des Anglais. A cinq heures l'ennemi courait à pleines voiles sur l'escadre de d'Ëstaing et à sept heures et demie les Français recevaient le signal d'engager le combat. Le feu fut des plus vifs ; cinq vaisseaux anglais eurent en peu de temps leurs mâts brisés et leurs agrès détruits. D'Eslaing, voulant éviter la dispersion de ses bâtiments, ne put, à cause du vent qui régnait, captrfrer, comme il en avait le projet, plusieurs vaisseaux de Byron qui battit en retraite vers le midi, a La victoire n'est pas restée indécise, écrivit-îl au ministre de la marine, en lui annonçant 949 hommes blessés ou tués sur la flotte. Généraux, officiers, matelots et soldats se sont conduits de même ;.ils sont tous dignes du maître que nous servons. » Appréciation impartiale d'un esprit à la fois fier et plein de dédain pour les calomnies qu'il savait répandues contre lui.

"^'"risimed" ^"^ Monseigneur, mande-t-il avec une noble tristesse, d'EiiïiiiB «n hce à Sartiues, sprès Sa conquêtc ct 06 combatHâval qu'il avait tant désiré : « M. le vicomte de Noailles m'a paru ressentir, après l'assaut, autant de joie de ce qu'il ne m'avait pas trouvé poltron que j'en ai en à le voir se conduire aussi bien... 11 m'a confié son étonnement, dans la chaleur de son jeune courage, de ce que le mien avait été si fortement attaqué à Versailles, à Paris. Je confesse qu'à ce propos je n'ai répondu que par un sourire, je croyais mes preuves faites... On vous écrira que si j'avais fait virer, par la contre-marche, lorsque l'armée anglaise a eu dé-

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