LA REINE ET LA POLITIQUE
Prusse : a Nous deux ne pouvons exister ensemble, cela ferait un changement dans notre alliance (avec la France), ce qui me donnerait la mort. » Énergique expression des douleurs dont son âme était déchirée qui troubla au dernier point Marie-Antoinette, la fit pâlir et fut l'objet de confidences de sa part à l'abbé de Vermond. Mercy dut apprendre à Vermond ce qu'il avait à dire, et quoique Marie-Thérèse écrivit, dans son affection de mère, a je vous recommande dans cet instant plus encore la situation de ma fille que même nos affaires », elle ne pouvait tenir à ses dévorantes inquiétudes. Elle disait à Marie-Antoinette, à propos de la guerre: « Jugez de ma' peine... l'empereur et le prince Albert y seraient les premiers acteurs ; l'idée seule me fait presque succomber. »
A ce moment la reine était sur le point de voir se réaliser les désirs qu'elle formait depuis tant d'années. Les obstacles qui empêchaient le roi d'espérer un héritier, avaient disparu depuis plusieurs mois, et le public devisait chaque jour sur la possibilité d*une grossesse, quand le 19 avril 1778, Marie-Antoinette put enfin l'annoncer à sa mère. Tout à ses visées politiques, Mercy pensa de suite à profiter de cet événement et écrivit à sa souveraine. « L'état de grossesse de la reine lui donne maintenant une consistance si supérieure à celle qu'elle a eue par le passé, qu'il en résulterait ici en tout sens les changements les plus avantageux si cette auguste princesse savait évaluer sa position, ainsi que tout le parti qu'elle en peut tirer, eu égard à la portée d'esprit et de caractère du roi et â la
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tournure de ses ministres actuels. Je fais tout ce qu'il m'est possible pour éclairer les idées de la reine à cet égard... Le plus grand embarras consiste en ce i|ue la reine ayant trop tardé à s'occuper des alTaires sérieuses, elle n'en a point l'habitude. »
Une suite de lettres s'échangeaient, à cette époque mêuie, entre Joseph et Frédéric, puis entre l'impératrice directement et le roi de Prusse, qui n'amenèrent aucun rréultat. « Nous voilà en guerre, écrit le 7 juillet Marie-Thérèse à Mercy... et quelle guerre ? 11 n'y a rien à gagner tout à perdre. Le roi est entré de force à Nuchod ; il va nous entourer de tout côté, étant plus fort de quarante mille hommes que nous ». Cette nouvelle fait fondre en larmes la reine, le roi, qui la trouve dans celte tristesse, verse des pleurs avec elle et lui déclare a qu'il ne pouvait supporter de la voir dans une si grande inquiétude, qu'il voulait faire tout au monde pour apaiser sa douleur, qu'il y avait toujours incliné, mais que sesministres l'avaient retenu, le bien de son royaume ne lui permettant pas de faire plus qu'il n'avait fait. » La reine, ajoute Mercy, a. par une longue déduction, prouva alors au roi que son honneur et sa gloire même lui prescrivaient de toutes autres mesures contre le roi de Prusse. Le roi n'y contredit pas. » Puis l'ambasadeur continuant à rendre compte de cettre étrange diplomatie où une jeune femme comprend à peine la portée des arguments qu'on lui inspire, parle d'un entretien de celle princesse avec Maurepas « celui-ci ayant voulu recourir à ses subterfuges ordinaires, la reine , élevant la voix lui dit : Voici, monsieur, la quatrième ou cinquième fois que je vous parle des affaires, vous
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