LA REINE ET LA POUTIQUE
n'avez jamais su me faire d'autre réponse; jusqu'à présent j'ai pris patience, n^ais les choses deviennent trop sérieuses et je ne veux plus supporter de pareilles défaites. » Puis se rappelant la leçon qu'elle avait reçue « elle exposa, dit l'ambassadeur, toute la suite des événements depuis le commencement de l'affaire, et montra comment la France s'était prêtée aux cajoleries du roi de Prusse et au lieu de le relenir, l'avait rendu, s'il était possible, plus opiniStre. » Mercy ajoute « Maurepas, surpris d'entendre la reine parler avec tant de vivacité et de connaissance de cause, se confondit en excuses et en protestations de dévouement.» Que pouvait-il fpiredeplus?si ce n'est après avoir entendu, avec une respeclueuse pobtesse, l'expression des désirs de l'Autriche, d'essayer, par des voies détournées, de soustraire la France aux dangers d'une politique insensée. Les ministres français, d'accord avec le roi de Prusse, usèrent de toute leur influence à Constantiople pour empêcher la guerre entre les Turcs et les Russes.
La czarine, débarrassée de tonte inquiétude sur ses frontières, soutint avec hauteur la cause de son allié ' Frédéric, et Joseph n'eut bientôt pour appui que le frêle dévouement d'une jeune femme qui, après avoir chapitré Maurepas, courait à une (able de jeu jusqu'à deux heures du matin perdant quatorze cents ]ouis en quelques jours, puis une autre fois décidait qu'elle se refuserait à tout amusement tant que dureraient les circonstances critiqur-s où se trouvait sa maison, décommandait une fête à Trianon et ne reprenait ses hahitudes de vie que sur les observations de sa mère. Mercy profita des quinze jours d'agitation
et d'inquiétudes de Marie -Antoinette pour « donner, à cette auguste princesse, comme il l'écrit autant d'idées qu'il était possible des affaires générales et de leur application aux principes du système actuel. » La reine, ajoutc-t-il, « est maintenant fort en état d'en raisonner avec le roi et les ministres » , et, dans cette même lettre, il prie l'impératrice, par ordre de Marie-Antoinette, de demander a comme de son propre mouvement o, le comte d'Esterhazy pour apportera Vienne la nouvelle des couches de la reine de France. Moins heureux, à ce qu'il paraît, dans ses objections contre le choix de ce jeune seigneur que dans ses leçons de politique, il conseille à sa souveraine de ne pas accéder aux désirs de sa fdle et de refuser ce choix dans une lettre qui ne compromettrait pas son ambassadeur.
■ercTMMu^a. Soucicux n dcs dégoùts et des tracasseries » GomproîÎMhniiu commc il l'écrit, que produirait à la cour cette misî^ F™iX' S'on domestique accordée à un des habitués de la société Polignac, au détriment des plus grands seigneurs, Mercy n'a qu'une idée confuse de la violence et de la ténacité des passions qui se développaient au-dessous du monde où il vivait. Marie-Thérèse, frappée du vide qui s'est fait autour d'elle, et de la popularité du roi de Prusse, s'écrie avec anxiété : a; Nous avons négligé tout le monde, nous ne disons rien et le roi de Prusse prévient tout le monde par ses écrits, cajoleries et émissaires grands et petits ». A quoi l'ambassadeur réplique : a II est de grande conséquence que l'on ne tarde pas plus longtemps à répondre aux assertions insidieuses et fausses dont le roi de Prusse infecte toule l'Europe. Il y a ici la
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