‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 64 sur 142 · LA REINE ET LA POUTIQUE. S · texte numérisé non relu

LA REINE ET LA POUTIQUE. S

race indigne des encyclopédistes ou philosophes modernes qui sont ses apôtres et induisent tout le puhlic en erreur. II n'y a que par la voie d'impression que l'on puisse remédier à pareil incoavé' nient. » Étrange correspondance tenue trois mois à peine après le couronnement de Voltaire au Théâtre Français, inconcevable aveuglement en face de la puissance de ce fils d'un greffier du Parlement qui a fait plier la tête de tous les rois, constante confusion de la cause et de l'effet de la part d'une souveraine de génie et d'un ambassadeur d'une incontestable habileté. Aucun d'eux ne cherche l'origine de la popularité de Frédéric, aucun d'eux ne semble se douter qu'il existe une irrésistible force, en dehors du petit monde où il vil, qu'à entrevue ie roi de PrusEe et sur laquelle il s'appuie. Une mère pleine de sollicitude et de tendresse, un ambassadeur dévoué et alliant une affection presque paternelle au respect dû par un sujet, s'entendent pour entraîner malgré ellemême une malheureuse princesse dans des démarches incohérentes, qui attacheront à ses élans de tendresse pour sa famille, l'odieux d'une trahison nationale, et la feront baptiser, par les Français irrités, du nom d'un peuple ennemi de leur indépendance.

Frédéric, fesant de la diplomatie et de la guerre w» ^ TeMhw, avec sa décision ordinaire, termina promplement une campagne « stérile en grands événements », comme il le dit. La paix signée à Tescheh, le 13 miii 1779, mit fin aux anxiétés de Marie-Thérèse et des ministres français ; mais il est probable que l'intervention d'une reine, qui avait déjà indisposé la nation par ses prodigalités, resta dans le souvenir confus

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de ce grand public ou tout se conserve, comme ces épaves perdues dans les profondeurs de la mer, jusqu'au jour où une tempête les arrache des bas fonds pour les faire apparaître à la surface des eaux '.

La nouvelle de la grossesse de la reine avait causé, dès qu'elle fut annoncée, une véritable joie, « elle lui a ramené, écril un nouvelliste, bien des gens et a fait oublier, dilTcrents torts qu'ils imputaient à cette princesse excusable pourtant, ne fût-ce que par sa jeunesse et son extrême vivacité. » Quand l'époque de l'événement attendu approcha, l'intérêt du public redoubla. « Il y a plus de deux cents personnes de qualité, restant ordinairement à Paris, écrit Mercy, qui sont venues s'établir à Versailles, oij on ne trouve plus de logements et où les vivres ont triplé depuis cette époque, b

Dès les premières douleurs, le gouverneur de Paris dépêcha un de ses pages à l'Hôtel de ville où se réunit le conseil de la capitale , attendant avec impatience ta fin de l'événement, te ministre de la maison du roi écrivit à l'archevêque de Paris : « La reine étant acluellement en travail pour accoucher, le roi m'ordonne de vous en informer et de vous marquer qu'il désire que vous or-

■ Corretpo-ndaitce lecrite nUre Karit-Thérise et le eomU de Mtrei. lome m, p. 88, Uï, 115, 150, 151, 158, 161, 168 «l sui»., 170, 171, 172, 171, 186, 196, ÎOl, 219 et sui»., 221, 222, 227, 228, 229 el saiï., 231, 235, 239, 2*3 el lui». — Œworet poiibvtnu de Frédérie II, roi de Prvsie, tome V, p. 204 et auiy., 222 el suiï., 225 et bulï., 227, 232 el »uiï., 259 et (uW., 265 cl suiï., 293 et suiv., 31i ï1 suiï. — Œuvra de J,-3. Houtteau, l«nie VIII, p. II. — Mimoirtt tetrett jiour lereir à l'hitinire des lettres, lome XII, p. 81.— CoTr«ip<md«nce leerite inéiiiu, publiée pur Leacure, tome I, p. 06.

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