LE MONARQUE ACCOMPLI. S
(]ue (t l'état de sauvage est préférable à celui des paysans. Le sauvage., n'a pas à craindre la prison, les impôts, la vexation d'un seigneur et d'un délégué... Sans supérieur, sans servitude... il jouit du bonheur de l'égalité et de la liberté. >
Ce livre, qui fut lu, reproduit presque toutes les idées qui fermentaient dans la société, et celte passion pour l'égalité que l'on reproche encore aujourd'hui aux Français, comme si leur eiagération n'était pas la conséquence naturelle, et nous dirons presque obligée, de prétentions insensées et de refus humiliants. U'auteur, qui est un protestant convaincu, parle de la religion comme étant s la consolation la plus efficace dans les maux iuséparables de la vie, le frein le plus sûr des passions, qui bouleverseraient tout si elles n'étalent retenues par la crainte d'un jugement plus inévitable que celui des hommes. » Il partage, comme ses contemporains et comme protestant , la haine des couvents, sans se rendre compte que des institutions de ce genre sont de tous les temps, de tous les pays, se produisent dans toutes les religions, et ne peuvent être condamnées que si elles naissent sous l'empire de la contrainte. Il réclame la liberté des cultes, il demande que les enterrements soient du ressort de la police el des lois civiles. Il flétritla torture, qui est inutile, cruelle, et a est un sûr moyen de condamner des innocents faibles et d'absoudre des scélérats robustes s. 11 insiste sur la nécessité de l'éducation pour le peuple; il demande que a les sciences se répandent davantage et que tout le monde s'éclaire » ; il propose un plan général d'éducation publique et imite, en parlant d'instruire le peuple.
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le fougueux aulcur de VEêsed sur le âespotiime, qui s'sdreEsait aux Français presque au aiême moment que lui '*
Le public donnait non seulement son approbation à ces livres en les lisant, mais en protégeant de sa sympathie les auteurs poursuivis par les magistrats. Un livre qui, au dire dé Frédéric, était « une rapso* die informe », romplie d'idées « chimériques, qu'on ne saurait pardonner qu'à un homme qui écrit dans l'ivresse o , faisait de son auteur un favori de la foule, parce que l'ouvrage, la Philoiophie de la niHitre, para en 1769, était poursuivi lor& de sa seconde édition, en 1774. Condamné par le Châtelet au bannissement perpétuel, Delisle Ae Sales en appela au
' Uémeim hwgTaphiq\ies,tiltérairet et poUtiqu»s- de Mirabeau, écr'M par lui-même, pnr son père, Enn oncle el son (ils adoiillf', lome I, p. 358, 3(ilrt»uiT.,3&3,36S;b>aielI, ^. 4, 9, 19^38,.V),45, 4è, 50,53, 85, tS8. — Mémoiru tecrtls pour lervir d la république det lettru, tome IX, p. 100, 105, 106, UO, 144, îll. — La Franci loui Louii JF, tome VI, p. 34S. '^ Àrehieet nationalei, K t64 : LcUre d'Albertii, 30 JnfHeE ; 4e HaiigUM, 2gnBv. el 22 déc.; du rainte d« HirabetU|3S die.;dB SaMC du Ueilhan, 2d dée. 1173. Lettres du msrqtiii de Mirabeau II Lk Vrilliire. 18 mar«. Lettres de cachtt, !5 mari. Lettre de Joasls, procureur gtdéi'al d'Aia, 2» ««at. Lettre du mirquii d« Hirskow II Ln Tri])iite,. 2 at 11 tept. ITT4. Leitte de la marquiae de Uirabeiu au ministre, 25 jsnriw. Ordre du roi de conduire le comte de Mirabeau au eblleau de loni, 6 un I7T6. -^ tnti luf le *trpoltntt, fat QatwUI-Boduré Riquetli Mirabeau, p. 57, 58, 61, M, 64, 65. 69-, 72, 73, 75, 76, 77, 78, 79, 81 et SUN., 89, 98, 111, 112, lt4. 116, UT, IBÙ, 170, 263. 282, et luiv., 2ftl) Sat^ in. 305. PUU, lîttt, )it-K .>- La FVMue lOMf UtIM tv, tane IV, j. 256. ■-' U Monarque aeconpU, «it prodiget de ientà, d* lovoi'r el de tageiie qui font l'éloge de S. 8. Impériale Joieph ÎJ, et qui nttàntt Ml auffuM huMaril^* li prMew à tnimaniié, diaeotéx «u tri^naal de U raiwa « de, l'é()ulli, iwt K. de Iiujwinni, prina^l du collège de Ueudon. Liuzanne, 1774, 3 vol. în-12, tome I, p. I et suiv., 9, ISrtiuiv., lTeMdlf.,tSOelafriT., 65 et ti^r., 67et auW., eSetsniv., 94 et M»<4, 97 et nin., im, tOft 113,117 M iqir., Ut. H), Ufi, iSS, 171 el »ùi»., 18S et soi»., Ît5, 217, 221 et «uiï.^îei, 285, 320, 419, 472; tomtll,p.tl, 129,(83.
LE MAhOLiIS DE UFAYETTE. V3
Parlement, et son empnBonnement fut célébré coimne on martyre. Leconeîe rgedela prison, écHl-MidMM un joum»!, « s'est délogé ponr loi, etrditafeîtifteobliir l'a-ppartement avec magnificence; il lie àéeemj^i point de visités ; tous Tes itlustres philosophes et les fentmeslespitisdîstmgtrées du partiront été félieHer<; il lui arrîre dM rouleaux de louis anonymement . t>
La sympathie pcrar la causedéfenduepaïlesAméfi- ^'"^"'^ eains était une autre forme sous laquelle se falsaiertt Frmc* pour i jom- les volonfés de la nation. « On m'a8S«i*e, dît mi "r.rq'"," noutellisle, que M. de Vergennes a signé un traité '^* '■"'''''"•■ *èntre la France et l'Espagne, f&vM sur l'amoor 4e la paix... La cause américaine a tant de ptirli^ans H d'enthousiastes, même à Paris et dans les provinees maritimes, que, si ce traité existe, et abandonne les insurgents à Ta merci des Anglais, il en résultera une terrible fermentation dans bien destêteâ françaises, n
Parmi (es jeones hommes qu'ftfait conqtfs la grandtj cKuse qni se débattait au delA de^ mètt, se trouTàît un officier pettant tfn des noms tés plus BristoCPaHqties. Le marquis de Lafayeite, épris, dès son jmme igé, des idée* de gloire et de Mberté, était eu garnison à Met:^ qnand y arriva le fhâre da roi «l'Angleterre, le doc de Olocester. fHVité an dîner donné pw le commmdaDfi 1« comte de INvglIé, Lafayetlè entendit le prince anglais parler de fa déclaration d'imlépenâtmco des Américains, dont il venaH de itcevtUt la nouv^. Il -iM quelques questions sor cet événement, qni exaltaît toutes les facultés de son âme, et ta soJréé ne s'iehevait pas que sa résotntion de passer en Amérique était prise. 11 tfourrit de Son projet au comte dobroglt«y qui
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de Brookljn, Wuïlnguni.
essaya de le dissuader. « J'ai vu mourir votre oncle dans ta guerre d'Italie, Jui dit-il; j'étais présent i l.a mort de votre père à la bataille de Mioden, et je ne veux pas contribuer à la ruine de la seule branche qui reste de la famille. » Mais toutes ses reprcsentiitions furent vaines. Le comte de Broglie, sentant l'inébranlable résolution de l'ofâcier, lui promit le secret et le mit en relaticms avec le baron de Kolb, qui voulait, lui aussi, se consacrer à cette cause. Kolb, servant d'interprète à Lafayette, le mena chez l'envoyé américain. < En présentant à M. Dean ma figure à peine âgée de dix-neuf ans, écrit le jeune officier, je parlai plus de mon zèle que de mon expérience; mais je lui fis valoir le petit éclat de mon départ, et il signa l'arrangement. »
Pendant que Lafayette entrevoyait de loin celle terre du nouveau monde où il aspiruit d'aborder, il s'y passait tes événements tes plus graves.
Washington s'était porté avec toutes ses forces à New-York, que menaçaient tes Anglais. 11 avait retranché avec soin et garni d'artillerie tous les postes autour de la ville, et établi de la même manière une forte partie de ses troupes dans l'ile Longue, aux environs de Brooklyn, qui, par sa position en face de New-York, forme pour ainsi dire un des côtés de l'immense rade de cette cité maritime. Les Anglais, laissant la partie de la ville où se trouvaient les principales forces des Américains, concentrèrent leur attaque sur l'ile Longue. La bataille, engagée avec vigueur par des troupes rompues à la discipline, fut promptement décidée. Washington, qui avait franchi le bras de mer, poussa un cri de douleur en
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