LE CLERGÉ ET LA NATION EN 17S
contre les privilèges du clergé, des offres consigDées dans le procès-verbal de l'assemblée provinciale delà Haute-Guyenne et d'autres semblables qui pourraient avoir lieu dans diverses provinces... et l'assemblée... déterminée à faire cette protestation. .. ose la déposer entre les mains du Boi lui-même, et elle ose se flatter qu'il daignera lui donner, par sa réponse, une nouvelle force et que sa réponse sera, dans tous les temps, une sauvegarde assurée des privilèges du clergé. »
Cette protestation était en fait une adhésion au maintien des corvées, Turgot avait dit au roi, en parlant de cet impôt, il n'est pas de charge « aussi cruelle pour le peuple... le principe de regarder la dépense pour les chemins comme une chargelocale... entraîne la conséquence de faire payer le clergé pour ses biens fonds. Cette conséquence n'est que juste cependant. Votre Majesté imagine bien qu'elle excitera des réclamations. »
La réclamation arrivait au moment ou le clergé, emporté par la marche de la société, poussait un de ces cris de regret rappelant un passé qu'il est impossible de ressaisir. La réponse du roi fut aussi banale que la demande qui lui était faite. « Je ne désapprouve point, dit-il, la précaution qu'à prise l'assemblée du clergé, et elle peut être sûre que ce qui s'est passé dans l'assemblée provinciale de la Haute-Guyenne... ne nuira point à ses privilèges. »
La lotte impuissante du clergé contre la société qui R«ciuii>ticin. impMe ses volontés avec une irrésistible force, appa- .upjî^^on'dei raît, avec une saisissante lumière, dans la protestation '^"* '^"b'*"qu'il formule contre la suppression de la congrégation des Antonins, qui a fait disparaître vingt-six maisons
ib,GoogIe
383 LIVRB DëUXIËMË.
religieuses et atlribuer leurs biens à l'ordre de Malte, avec l'approbation donnée par deux bulles du pape. « Il n'est pas en notre pouvoir, s'écrie le rapporteur de rassemblée, de laisser l'ordre de Malle jouir paisiblement etsans réclamation... et comment ne pas défendre courageusement les formes antiques et révérées sur lesquelles reposent les sociétés régulières, au milieu de la conjuration universelle qui paraît vouloir armer les peuples et les rois contre l'état religieux ; de quelque côté que se porte les regards, ilss'arrêtent avec un attendrissement douloureux sur les ruines de plusieurs monastères et sur ta dispersion d'une foule de religieux... L'histoire de ces derniers temps, présente, dans un court espace de quelques années, plus d'exemples de suppressions et de destructions que la longue succession des âges précédents... enmoinsde neuf années n'avons nous pas vu tomber et disparaître... neuf congrégations difTérentes... le même orage gronde au loin, sur les autres conventualités. Tandis que l'on répand au dehors l'opprobre sur une profession sainte... un malheureux esprit de révolte et d'insubordination exerce au dedans les plus déplorables rarages. Le joug des observances pèse aux faibles. Eblouis par la perpective séduisante de pensions considérables, et même de flatteuses décorations, tes bons religieux languissent dans une incertitude accablante et cruelle, combien de familles n'osent plus confier leurs enfants à des maisons dont l'existence est précaire et chancelante?... La fatale cognée est comme à la racine de l'institut monastique... Dans une crise si violente, supplions te Roi d'étendre sur les monastères une main protectrice...
:dbvGoogIe