HUMILITÉ DE LA. BEINE DEVANT H»* DE POLIGNAC. B
s'était imaginé de ee nettre sur les rangs, et i) conptait assez snr l'appui de son intime amie, la duchefiâe de Polignac, pour se permettre des idées d'ambitioft, lesquelles, en tout état de cause, étaient aussi absurdes que téméraires. La duchesse \e& a cependant secondées de son mieux ; ses bons offices devenus de plus en plus pressants, approchaient de l'importunité, et tourmentaient d'autant plus la reine qu'il lui en coûte infiniment de rrâister aux désirs de la favorite; enBn Sa Majesté prit le parti de lui déclarer qu'il fallait absolument renoncer à un objet que toutes les raisons réunies rendaient impossibles, et dès ce moment les solliûtations ont cessé.D II se pourrait, ajoute ce témoin vigilant et consciencieux des misérables agitations que nous racontons, « qu'elles n'aient été que suspendues... il y a peu d'exemples d'un ascendant aussi marquéque l'est le sien sur l'esprit de la reine. t> Il ne se trompait pas, car peu de jours après, Besenval ayant demandé à M*^ de de Polignac, » < la reine en resterait là, et si, ayant eu le crédit de faire un ministre de ta marine, elle ne voudrait pas aussi faire un ministre de la guerre », M"" de Polignac témoigna le désir d'entretenir le comte de Ségur. La favorite insinua, dans sa conversation, l'idée de prendre M. d'Âdhémar comme second dans le ministère à l'instar de ce qn'avait été Montbarrey auprès du comte de Saint-Germain; mais, sur un refus positif , elle abandonna son projet et se résolut à faire agréer, par le roi, Ségur comme ministre de la guerre.
Ségur venait de paraître ù la cour pâle et défait à ta suite d'unaccès dégoutte, quand ta reine le»
b.Googlc
au roi avec plusieurs autres « pour mieux masquer sa véritable iatention, s parmi les successeurs possibles du prince de Montbarrey. Pour celui-là il ne faut pas y penser, répondit Louis XVI, la goutte le ronge, il n'en peut plus.
° Soit que Maurepas, comme le prétend Besenval, jaloux de .voir la reine faire un ministre de la guerre ait, tout en avouant à peu près l'insufïî&ance de Montbarrey, persuadé à cette princesse qu'on avait abusé de sa confiance, soit qu'impressionnée de la réflexion de son époux, elle eût été frappée de sa justesse, soit enfin qu'elle fut fatiguée des perpétuelles sollicitations âe sa favorite, Marie-Antoinette eut un moment de révolte contre le rôle qu'on lui faisait jouer. Elle reprocha à M"" de Polignac de l'avoir mise en avant et sacrifiée à des vues particulières, en lui proposant un homme que sa santé rendait incapable de remplir la place pour laquelle elle l'avait fait désigner. Froide comme une de ces intrigantes de profession qui savent le but qu'elles veulent atteindre et ontfait une étude des personnes qu'elles ont intérêt à dominer, la duchesse repoussa avec calme les véhémences de la reine. Elle finit, en se levant, par lui dire que du moment qu'elle s'était permis un instant d'avoir sur son compte l'opinion qu'elle venait de lui montrer, elle devait se r^pecter assez pour ne pas rester à son service. Elle annonça son projet de ne plus remettre les pieds à ta cour, et renonçant à tous les bienfaits qu'elle avait reçus, dit à la reine qu'elle les lui remettait tous, « jusqu'à la charge de son mari, qui ne l'en dédirait sûrement pas. :> Marie-Antoinette, continue Besenval, qui nous initie à ces étranges
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