LA REINE EN
m'occupai, dis-je, qu'à lui faire jouer le rôle, et lui donner la consistance la plus convenable à sa gloire et à assurer son bonheur. Je lui en supposais l'étoffe, que je me flattais de développer, d
Besenval et bien d'autres se chargeaient de penser pour la reine, comme Pesai essayait de le faire pour le roi, ainsi que nous l'avons vu à propos de Necker. Ces familles royales, transformées, par la crédulité des premiers âges, en une sorte de représentation d'un dogme religieux, étaient en fait comme ces dieux de la Fable que s'arrachent tour à tour le génie du bien et celui du mal. Le mal est plus souvent victorieux que le bien dans cette lutte : tant il est vrai que Dieu, en créant une hiérarchie parmi les hommes au moyen de facultés différentes, n'a pas voulu pour cela soumettre passivement les peuples à quelques personnages privilégiés. Unissant les individus les uns aux autres par la diversité même de leurs qualités intellectuelles et des services qu'ils peuvent se rendre réciproquement, Dieu n'a pas plus accepté l'inertie dans la gestion des intérêts généraux d'une société que dans celle des familles. Les souffrances des nations qui reçoivent sans débat et sans contrôle la direction d'un homme sont méritées, que cet homme appartienne à une race illustrée par un ou plusieurs de ses membres, ou soit un de ces prophètes qui surgissent dans les foules, et veulent assujettir leurs semblables aux rêves de leurs cerveaux troublés ou aux intérêts de leur orgueilleuse personnalité * .
' Mémoires du baron de Besenval, t. I, p. 311 et suW., 318, 320, 323, 330 et %uU,^ Correspondance secrète de Marie-Thérèse et du comte ^Merey, 1. 1, p. 144, 162, 303, 313, 320, 323, 344, 350, 356 et suW.,
Douleur de Lerécît desintriguesauxquelles s'était prêtée Marie- D apprenant les Antoinette, contHstd et eiïraya sa mère au dernier loxqueik^îède point. J'ai vu, écrit-elle à Mercy, a la lettre à Rosenberg, que je n'avais avant connue que par tradition. Je Tai fait copier pour vous... J'avoue que j'en suis pénétrée jusqu'au fond du cœur. Quel style! quelle façon de penser! Cela ne confirme que trop mes inquiétudes ; elle court à grands pas à sa ruine, trop heureuse encore si, en se perdant, elle conserve les vertus dues à son rang. Si Choiseul vient au ministère, elle est perdue ; il en fera moins de cas que de la Pompadour, à qui il devait tout, et il Ta perdue le premier. »
eitre de l'em- L'empcrcur Joseph, dans le premier mouvement
►ereur Joseph à j . ., / i / ^ . % tr a i.* «
arie-Antoinetie. uc vivacitc, voulut ccrire à sa sœur. « Votre cnere lettre m'a fait beaucoup de plaisir ; quant aux sentiments que vous voulez bien me témoigner et au désir que vous avez de me voir... je ne puis répondre des événements qui peuvent se présenter... aussi peu que de ce que mon amour pour la tranquillité d'esprit m'inspirera pour lors. Permettez que là-dessus... je vous parle avec toute la franchise que l'amitié seule et l'intérêt autorisent... Comment voudriez-vous que j'aille vous voir et me mettre dans le grand monde de la cour et du pays que vous habitez, dans les circonstances dans lesquelles je vois que vous vous trouvez, et dans lesquelles vous avez bien voulu vous mettre ? Autant que j'en sais,
358, 362, 436. — Mémoires secrets pour servir à l'histoire des lettres, t. Vllf, p. 47, 49, 95. — Mémoires du ministère du duc d'ÀiguiUon. 179^, in-8% p 69 et suiv. - Louis XVI Marie-Àntoin^tte et M"' Elùabethf par Feuillet de Conches, 1. 1, p. 63 et suiv.