DESTRUCTION DES LAPINS
Ce désir de soulager les habitants des campagnes Dégâts caui s'était communiqué à Louis XVI, qui, voulant aussi "^le^gS faire son projet d'amélioration, rédigea un règle- pSTou'tl ment pour la destruction des lapins dans la forêt de Fontainebleau, Cette préoccupation, qui peut paraître puérile si Ton ne tient pas compte de l'âge du monarque, et des espèces de langes dont l'étiquette et les courtisans enveloppent l'intelligence d'un prince, avait un côté très-sérieux. La Vrillière écrivait au duc de Noailles que, dans les communes des environs de Versailles, « les arbres, les vignes, les seigles et toutes les productions de la terre avaient été détruits par les lapins à un degré incroyable. » Les cultivateurs étaient tellement astreints au respect des animaux qui peuplaient les forêts, que les habitants de la paroisse de Jaux, près de Compiègne, demandant la permission d'arracher les mauvaises herbes de leurs blés et de couper leurs foins avant la Saint- Jean, il leur fut répondu que « toutes les facilités qui ne seront pas absolument nuisibles au bien des plaisirs de Sa Majesté seront accordées, » Le successeur de La Vrillière, Malesherbes, mande au marquis de Montmorin , au sujet des environs de Vernon, qu'il faut arrêter les désastres commis, et ajoute, à propos des plaintes des habitants de Montigny : (c II me paraît tout naturel, si l'intention du roi est que ' l'immensité de bêtes fauves et de lapins existant dans ses forêts subsistent, de décharger de toutes impositions les habitants qui en sont riverains, puisque la majeure partie de leurs récoltes servent de pâture au gibier. » Ce marquis de Montmorin, malgré ces prescriptions et ces réflexions, interdit aux
habitants de Bois-le-Roy de continuer le défrichement d'un bois de vingt arpents que leur avait permis la Maîtrise des eaux et forêts, sous prétexte que ce ce bois était nécessaire pour les plaisirs du roi ; » et Malesherbes demanda à l'intendant de la généralité de Paris s'il était vrai, comme l'affirmaient les cultivateurs, que ce les repeuplements des cantons de la Boissière, de Bois-le-Roy et de la Queue-des- Fontaines fussent plus que suffisants pour la conservation du gibier. » Ce qui se passait pour les plaisirs royaux avait lieu aussi pour ceux des seigneurs, qui entretenaient parfois une si grande quantité de gibier sur leurs terres, que le gouvernement dut souvent s'en préoccuper dans l'intérêt de l'agriculture. Turgot, qui avait encouragé le jeune roi et reçu ses naïves confidences, mit la question à l'étude. Un rapport généralisant des pensées bienfaisantes, étendit à toutes les capitaineries royales le bien que voulait faire Louis XVI, et un arrêt du conseil d'État du 21 janvier 1776, fit revivre les prescriptions de l'ordonnance des Eaux et Forêts de 1669 pour la destruction des lapins dans toute l'étendue de ces capitaineries.
Destnicuon dos Saus sc laisscr détourner, par les cérémonies du '^''"noiîÔ^eMur" sacre, de la question capitale dès subsistances, le con- ^^^dea gpalL^"* *^^ rccherchant, dans toutes les parties
^"vemb^l^m'r ^^ royaume, les coutumes abusives, ordonnait, par
une résolution prise dans Reims, la destruction d'un monopole funeste aux intérêts les plus respectables de la population de Rouen. Il existait dans cette ville, par suite d'édits de 1692 et 1693, une compagnie de mstrchands privilégiés, au nombre de cent douze, qui