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LE CONGRÈS DE NEW-YORK

mêmes et de n'être justiciables que d'un jury. Ils rédigèrent ensuite, d'après ces vues, une pétition au roi et un mémoire pour les deux Chambres du Parlement que chacun des députés signa, dans lequel ils représentaient, avec un fermé et respectueux langage, qu'ils n'étaient pas moins attachés à la personne et au gouvernement du roi qu'aux principes de liberté qui avaient présidé, dès le début, à l'établissement des colonies américaines, et s'étaient en quelque sorte incorporés avec leur existence.

Ces décisions accomplies, les députés se séparèrent en recommandant à chaque colonie d'envoyer des agents en Angleterre qui uniraient leurs efforts pour obtenir justice.

Au moment où les délégués des assemblées pro- Mesures pri vinciales tenaient cette conduite pleine de sagesse, il cSins^ntre se formait partout des clubs et des associations poli- ^°*^'"*' tiques connues sous le nom de Fils de la liberté, qui établissaient entre elles des correspondances. Les marchands de New- York, prenant l'initiative, écrivirent à leurs correspondants anglais de ne leur expédier aucune marchandise, tant que l'impôt du timbre ne serait pas aboli, et les prévinrent qu'ils ne paieraient rien à partir du 1^' janvier 1766, s'ils n'avaient pas l'assurance de son rappel. Cette résolution fut imitée dans toutes les provinces. A Boston et Philadelphie, la passion plus que l'esprit de justice fit décider, par un grand nombre d'avocats et de coiumerçants, qu'aucun légiste ne défendrait un créancier anglais contre un débiteur américain, et que jamais un Américain ne ferait une remise de sa dette à un créancier anglais. Les plus riches colons renon-

3f)4 LIVRE TROISIÈME.

cèrent aux vêtements venus d'Angleterre, et adoptèrent les étoffes grossières faites dans le pays, a Sauvez votre argent, disaient-ils dans une sorte de proverbe fait pour la circonstance, et vous sauverez votre pays.î) Logiques dans leurs décisions, ils résolurent de consacrer la laine des moutons à l'approvisionnement de leurs manufactures. A partir de ce moment, il fut interdit d'en tuer, et aucun boucher n'osa plus exposer de la viande de mouton pour les salaisons.

•impôt du Surpris par la violence de ces oppositions et pressé

>ro CRI aboli

révrici 1766. ' par les instances du commerce anglais, qu'appuyaient les envoyés des colons, notamment le docteur Franklin , le ministère britannique se résolut à abolir l'impôt du timbre. Londres fut illuminé à cette nouvelle, les cloches des églises sonnèrent de toutes parts, et la joie en Amérique fut poussée jusqu'au délire. Mais comme l'Angleterre ne renonçait pas au pouvoir de lever des taxes sur les colonies et que les Américains repoussaient cette prétention, cette sorte de retour vers des relations amicales ne pouvait être qu'une trêve. Au ministère du marquis de Rockingham, qui avait obtenu cette résolution, succéda celui du duc de Grafton. Charles Townsend, chancelier de l'échiquier, souleva de nouveau la question d'un prélèvement d'impôts sur les colonies ; en établissant une subtile distinction entre ce qu'il appelait les taxes à l'intérieur et les taxes à l'extérieur, il imposa des droits sur le thé, le verre et le papier au moment où ils entraient en Amérique, et voulut que les colonies fussent chargées de nourrir et de loger les soldats anglais.

L' ASSAMBLÉE DU MASSACHUSETTS, 1768. 365

Ces prétentions furent chaleureusement discutées Lettres dans la presse, et un petit pamphlet intitulé : Lettres ^"^"yîîaa d'un fermier de la Pensylvaniey produisit une impression extraordinaire. « Ne vous fiez pas, disait Dickinson,àla modération des nouveaux droits; ils sont adroitement calculés pour préparer vos cous à supporter un collier dont le poids graduellement augmenté vous forcera de plier jusqu'à terre, » et il encourageait ses concitoyens à persévérer dans une résistance qui avait fini par amener le rappel de Tacte du timbre. L'Assemblée de Massachusetts remercia Fauteur de l'écrit, et dans une grande réunion, qui eut lieu à Boston le 28 octobre 1767, la résolution fut prise de renoncer aux produits des manufactures anglaises et de faire des efforts^pour développer celles du pays. Les clubs firent connaître partout cette décision, et finirent par la fairejaccepter dans toutes les provinces^ soit par la persuasion, soit par l'intimidation.

L'Assemblée du Massachusetts se décidant, dans L^Assembi le mois de février 1768, à prendre la direction de la piSdudî résistance, adressa, une lettre circulaire aux Assem- M'Ângie! blées des colonies sœurs, dans laquelle elle leur si- " ^^^**'' gnalait le mal que faisaient aux Américains les actes du Parlement anglais, et les invitait à s'unir pour demander le rappel de ces mesures. La lettre se terminait par une chaleureuse expression de soumission au roi et une ferme confiance que les supplications de ses sujets américains seraient favorablement accueillies par lui. L'Assemblée ne voulut pas proposer l'appel d'un CpiEigrès, comme cela avait eu lieu trois ans avant, à pause de la jalousie et des

alarmes qu'une pareille réunion avait inspirées au gouvernement de la métropole.

Cette lettre circulaire, malgré la modération de sa forme, causa une vive sensation dans toute l'Amérique, où Ton sentit immédiatement sa portée. Le ministère ayant changé cette même année, lord North succéda à Townsend, qui venait de mourir; les affaires d'Amérique passèrent des mains de lord Shelburn à celles d'Hillsiborough, qui était un partisan des plus déterminés de l'autorité de ce qu'on appelait les États parents sur les colonies. Hillsiborough condamna la circulaire envoyée par l'Assemblée du Massachusetts et lui fit ordonner de revenir sur sa décision, en prescrivant au gouverneur Bernard de la dissoudre si elle s'y refusait. L'Assemblée persista dans ses résolutions ; ses membres déclarèrent qu'ils ne se regarderaient pas comme privés de leurs fonctions législatives, même par un ordre du roi, et un orateur, s'adressant à ses collègues, s'écria : Laissez V Angleterre revenir sur ses mesures y ou son autorité est perdue à jamais. Elle Se sentait, du reste, puissante par l'adhésion des Assemblées de la Virginie, du Connecti tut, de Nevv-Jersey et de la Géorgie, et quand son renvoi fut prononcé par Bernard, la province, sur la proposition des représentants de Boston, résolut de nommer une Convention dont les membres Seraient désignés par les corporations et les paroisses du Massachusetts.

nveniion de Lcs habitauts les plus riches ne voulant pas laisser mbreiTw!* la dircctiou de l'opinion descendre dans les classes inférieures, conjurèrent ce danger en se mêlant au mouvement avec ardeur, et, le 22 septembre 1768,

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