COMITÉS DE BOSTON ET DE VIRGINIE
et d'organiser dans leur pays le pouvoir arbitraire.
Les gouverneurs représentaient toujours au ministère anglais que l'opposition des colons américains était plus formidable en apparence qu'en réalité; quand, vers la fin de 1772, Samuel Adams conseilla à ses concitoyens de Boston d'élire un comité de vingt et un membres chargé de correspondre avec les habitants des autres colonies, pour mettre au jour leurs griefs et en demander le redressement : a Considérez, frères, écrivit ce comité dans toutes les provinces, que nous combattons pour nos meilleurs droits de naissance et d'héritage, dont la destruction rendrait précaire la jouissance de tous les autres bienfaits, et, par conséquent, leur ôterait toute valeur : nous ne craignons pas la pauvreté, mais nous méprisons l'esclavage. Trompons les espérances des hommes qui veulent s'élever sur les ruines de leur pays. Convainquons quiconque veut détruire noire liberté que nous voulons être aussi libres qu'étaient nos pères. »
L'influence de ce comité ne se borna pas aux États de la Nouvelle-Angleterre, c'est-à-dire au Maine, au "^'v!!^', Vermond, à New-Hampshire, à Rhode-Island, au Connecticut et au Massachusetts ; il inspira à l'assemblée de Virginie, au mois de mars 1773, la pensée d'en faire un sembtablecomposé de douze personnes. Le comité de Boston recommanda à l'assemblée de sa provinced'imitercelledeVirginie, ce qui fut accueilli. Ce fut ainsi que les citoyens, par leur, influence sur leurs Assemblées, et les Assemblées par leur influence sur les citoyens, organisaient peu à peu sous la pression des événements une union entre des colonies jus-
qu'alors séparées par des intérêts différents et parfois par des jalousies.
MewreB D^us cc moment l'Angleterre, qui avait imposé un
îaïrJSïTdi- droit énorme sur l'importation du thé, s'aperçut que '" J®'^^^® p*^* le résultat de cette taxe excessive avait été de favoriser, en Amérique, Tintroduction d'un thé de contrebande fourni par les Français, les Hollandais, les Danois et les Suédois. Le thé de la compagnie des Indes anglaises, non-seulement ne s écoulait pas, mais les taxes qu'auraient payées les Américains à son entrée dans leur pays ne s'étaient pas acquittées. Le ministère ne pouvant percevoir les deux taxes, celle à la sortie d'Angleterre, et celle à l'entrée en Amérique, se résolut, tant pour favoriser la compagnie des Indes, qui avait ses magasins encombrés d'une quantité de thé pesant jusqu'à dix-sept millions de livres, que pour toucher quelques revenus, à renoncer à la taxe de sortie. La compagnie des Indes fut autorisée à vendre son thé hors de l'Angleterre sans payer des droits de sortie. Le thé n'étant plus chargé à son entrée en Amérique que d'un droit d'importation devait, par ce fait, revenir à un prix assez bas pour tenter les acheteurs. Le moment était solennel. Si les Américains prenaient le thé en acquittant la taxe dont il était frappé à rentrée de leur pays, ils reconnaissaient, par ce fait, le droit du Parlement anglais à prélever des impôts sur eux. La fermentation des esprits était extrême ; les clubs, les comités, discutèrent avec ardeur, et finirent, entraînant l'opinion publique et entraînés par elle, par faire décider que toute personne qui acquitterait les droits établis par le Parlement anglais serait considérée comme une ennemie de l'Amérique.