‹ La France sous Louis XVI; (volume 3)Chapitre 5 sur 95 · MAUREPAS SE JÛLE DU ROI · texte numérisé non relu

MAUREPAS SE JÛLE DU ROI

décision prendre, et dans TembarjMis où il se trouvait. Embarras de il recourut, affirme l'abbé Georgel, aux conseils de u consulte i'«a>bé son ancien sous-gouverneur, l'abbé de Radonvilliers, Radou>mier8 dont on fit, un mois après, un conseiller d'état d'Église. Radonvilliers, professeur de rhétorique à Bourges, y avait connu Maurepas durant son exil ; il lui avait dû son avancement, sa place à la cour, et, dans sa reconnaissance, s'était efforcé d'y faire revenir son ancien protecteur lors de l'arrivée au trône de son élève. Il croyait sans nul doute Maurepas aussi dévoué au jeune monarque que lui-même et, de plus, devait considérer ce vieux ministre comme un homme d'État des plus consommés. Comment Radonvilliers aurait-il pu démêler la vérité au milieu des clameurs poussées par les magistrats chassés de leurs sièges, des réclamations de leurs familles, et des cris de ces foules qui courent au bruit et produisent parfois, dans l'opinion publique, des entraînements incompréhensibles ?

Radonvilliers n'avait qu'à choisir entre deux personnes, Maupeou et Maurepas, comme le fait du reste un homme bien plus avisé que lui, le comte de Mercy , lorsqu'il écrit : « L'objet le plus important de tous est celui des parlements, et l'on ne sait comment s'y prendre pour remettre à cet égard les choses à peu près dans l'état où elles étaient avant que le chancelier Maupeou ait tout bouleversé. Cette opération est également difficile et nécessaire. » Radonvilliers fit observer à Louis XVI qu'il ne pouvait pas se dispenser de communiquer à Maurepas le mémoire du chancelier, ajoutant : «Je connais son dévouement et son désintéressement, et, malgré son désir pour le rappel du Par- 1. y

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lement, M. de MaiTrepas pèsera de nouveau le pour et le contre, et ne voudra jamais égarer Votre Majesté. » C'était livrer ce malheureux jeune homme de vingt ans à un vieillard qui ne prisait dans un ministre que son habileté à se maintenir au pouvoir et à en écarter ses concurrents. II reçut le mémoire des mains du roi, attendant, suivant son habitude, d'être interrogé pour dire son avis, attitude circonspecte qu'il avait adoptée pour ne pas s'exposer aux défiances que les leçons de Louis XV avaient inculquées à son petit-fils contre tous les ministres. Il fit rédiger un mémoire contradictoire, et,' avec son infernale adresse de courtisan et d*homme du monde, il s'adressa aux sentiments effectueux du jeune homme pour presser une solution qui ne devait être que le résultat des calculs d'une froide raison.

Hoe deMîro- Qu savait à Compiègnc, le 7 août, que la réponse

mesnil nommé . J^ ^

garde des a faire au chancelier avait ete confiée au conseiller 24 aoûrm*. d'Étal Fleury, et, le 23, le roi, dominé par Mau.repas, écrivait au duc de La Vrillière : « Vous irez demain chez M. de Maupeou lui redemander les sceaux. J'en ai disposé en faveur de M. Hue de Miromesnil, ancien premier président du parlement de Rouen. Il est signalé à ma confiance par sa conduite ferme et sage, lors des persécutions du chancelier contre la magistrature, et j'espère amener par lui la réintégration amiable des anciens parlements, que les manèges et les violences de l'indigne chancelier ont dispersés, dépouillés ou exilés. La violence contre les cours judiciaires, quand l'esprit de conciliation et de prudence serait si efficace, compromet, vis-à-vis des peuples, la dignité de la couronne et

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