‹ La France sous Louis XVI; (volume 3)Chapitre 50 sur 95 · ADMINISTRATION DES ANTILLES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION DES ANTILLES FRANÇAISES

de ces soins que pour l'annonce de l'arrivée de la cargaison et la fixation du jour de sa vente, qui avait lieu conformément aux ordres de l'intendant de la colonie. Le négrier payait un nouveau droit au moment de l'encan, et l'acheteur devait un pour cent sur le prix de son acquisition.

Une fois en possession de son nègre, le colon le faisait marquer d'un fer rouge portant le chiffre ou les lettres qu'il avait adoptés: c'est ce que l'on appelait l'estampage. Une femme s'estampait au sein droit, sur l'épaule et à la cuisse. Les hommes, outre ces estampages, en subissaient sur les parties du corps où existaient les tatouages dont s'ornent généralement les sauvages.

Sans être légalement investi du droit de mort sur leurs esclaves, les maîtres l'étaient en fait ; car, dans l'instruction donnée au commandant général des îles Sous-le-Vent, M. de Lavallière, et à l'intendant M. de Vaivre, le 11 janvier 1774, nous lisons cette phrase : « Les regards de la police doivent se reporter surtout sur les esclaves... Cette classe d'hommes exige des précautions particulières. C'est en laissant aux maîtres le pouvoir absolu que l'on parvient à contenir un si grand nombre d'hommes dans la soumission. Si quelques maîtres abusaient de leurs pouvoirs, il faut les réprimer en secret, et toujours laisser croire aux esclaves que les maîtres ne peuvent avoir tort envers eux. »Si, du reste, les maîtres tenaient à respecter la loi et à ne pas se charger de l'exécution de leurs esclaves, ils pouvaient s'en rapporter aux commissions martiales destinées au jugement des noirs. Dans le seul mois de juin 1775, ces tribunaux en firent exécu-

ter 408 dans les villes du Cap et de Port-au-Prince. blancs, les S'il uc s'était agi que de roppression des noirs is'ubriret par les blancs, raccord eût été facile, puisque les 'narro8°°" sentimcnts religieux étaient anéantis dans la conscience même du clergé. Mais à côté des intérêts des blancs étaient nés ceux des hommes de couleur, c'est-à-dire d'une population venant du mélange des noirs avec les blancs, et ceux des nègres que, par reconnaissance ou pour d autres raisons, les blancs avaient rendus libres. A ces intérêts, que la marche du temps avait créés, se joignaient ceux du gouvernement de la mère patrie, qui disait aux fonctionnaires envoyés pour les faire valoir : « Les colonies ne sont établies que pour donner une plus grande étendue au commerce de la métropole. »

mvoirsdes Lcs colouies étaient soumises à deux fonctionaîîe^Mtef nsiiï^os, le commandant et l'intendant. Le commandant, qui avait les habitants et les troupes sous ses ordres, exerçait, s'il existait un dissentiment, la prépondérance sur l'intendant, dans les cas où la question serait assez pressante pour qu'il fût impossible de demander des ordres à Versailles, Ces deux fonctionnaires réglaient de concert ce qui regardait la religion, la police générale, la culture, le commerce, l'affranchissement des esclaves, l'intendant ayant la spécialité de l'administration des tinances et de l'emploi des contributions. Les instructions du roi portaient que l'objet le plus important dont ils avaient à s'occuper était celui de la religion ; qu'il fallait autant que possible favoriser <c les établissements qui pouvaient en faciliter Texercice, et procurer à ses sujets, dans les colonies, les

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