‹ La France sous Louis XVI; (volume 3)Chapitre 52 sur 95 · LES JÉSUITES AUX ANTILLES · texte numérisé non relu

LES JÉSUITES AUX ANTILLES

jetaient la désolation dans les îles françaises, ne pouvaient que continuer avec les successeurs de celui qui avait fait couler le sang et désorganisé la magistrature, la seule institution qui représentât les intérêts de la population * .

Le gouvernement, qui recommandait aux commandants généraux et à Tin tendant de favoriser les établissements pour l'exercice du culte, et de faire rendre des honneurs aux missionnaires, s'était, par l'inévitable tendance de sa nature théocratique,, plus préoccupé de la qualité du prêtre, comme membre d'une corporation puissante, que de sa conduite comme homme, et des exemples qu'il pouvait donner.

Un séjour de plus d'un siècle aux Antilles avait comptoirs des fait contracter aux Jésuites les mœurs du pays. Fa- Aniitonis^m vorisés par le gouvernement, qui les exemptait de *"]JSL%op"" tous les droits prélevés sur leurs concurrents, ils ^^555"*® se livraient depuis cinquante ans au trafic des noirs. Ils avaient établi des comptoirs, pour ce genre de commerce, à Port-au-Prince, au Cap, à la Basse- Terre, à Fort-Royal. Détestés à cause des privilèges dont ils jouissaient, ils étaient autant haïs par les Capucins installés au Cap que par les Franciscains de Port-au-Prince et delà Martinique et les Dominicains de la Guadeloupe que par le peuple des laïques. Le mépris public dans lequel ils étaient tombés, les craintes qu'ils inspiraient^ avaient nui. à leur

* Les Antilles françaises se composaient de Saint-Doroingue, dont les villes principales étaient le Cap et Port-au-Prince ; de la Guadeloupe, qui avait pour capitale Basse-Terre; des Saintes, qui sont nne annexe de la Guadeloupe; et de la Martinique, qui a pour capitale Fort-Royal.

influence avec une telle rapidité, que Rome s'en préoccupa. Les Jésuites essayèrent vainem^t de faire accepter à Versailles un de leurs membres comme pro-vîcaire apostolique aux Iles sous le vent; ils tentèrent vainement, après le refus de Louis XVI, d'obtenir la concession en toute franchise des territoires sur lesquels ils avaient établi leurs factoreries. Ces concessions, qu'ils avaient espérées successivement pour rétablir leur influence et probablement leurs affaires pécuniaires, faisant défaut, les pères de la factorerie de Saint-Domingue vendirent leurs nègres dans la partie de l'île appartenant à l'Espagne, et se dispersèrent, laissant un déficit de quatre millions huit cent mille livres. Une pareille banqueroute jeta une vive émotion dans les Antilles, et les créanciers accoururent de toutes parts.

Le gouYeroement L' administration, qui recevait des réclamations* et

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pourse n hesila pas cependant a saisir la mai^n mère, la Ts^^Sïwces*^ factorerie et les halles, qui constituaient au Cap la fortune immobilière de l'ordre. Elle allégua les avances faites par le trésor royal pour confisquer le tout, au grand désappointement et à la vive irritation des malheureux qui ne pouvaient plus espérer quelque allégement dans les pertes qu'ils subissaient.

Au moment de ce désastre, qui atteignait une foule de fortunes privées, les fonctionnaires, qui avaient pris l'habitude de faire des règlementis sur les noirs, dans le seul but de se procurer de Targent,

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