‹ La France sous Louis XVI; (volume 3)Chapitre 60 sur 95 · L'AUTRICHE ET SES CONOUÊTES · texte numérisé non relu

L'AUTRICHE ET SES CONOUÊTES

fier ses provinces le long du Danube que les usurpations qu'elle se permet en Pologne et en Moldavie^ qui ne doivent pas moins l'avilir à ses propres yeux qu'elles la déshonorent à ceux de toute l'Europe ; mais la maison d'Autriche n'a que la cupidité des acquisitions et ignore l'art de les faire valoir. Heureuse la monarchie dont le souverain ne fait consister sa gloire que dans le bonheur des peuples que la Providence a confiés à ses soins, c'est le caractère de Votre Majesté; mais je prévois que cela ne sera pas celui de l'Empereur, dont l'esprit inquiet et avide présage bien des alarmes et peut-être des malheurs à l'humanité... 11 est réservé à Votre Majesté de les conjurer, de mettre une digue à ce torrent qui menace de déborder, et je me flatte que ce sera moins la force de vos armes que celle de votre exemple ; il aura, Sire, l'effet le plus décisif et le plus universel, lorsque, l'opinion de notre impuissance une fois détruite, l'Europe sera forcée de reconnaître que votre modération est une vertu de votre choix... Jusqu'ici nul- engagement ne la lie à prendre part à des circonstances qui lui sont étrangères, et qui se passent sur un théâtre trop éloigné pour qu'Elle puisse y jouer le premier rôle, le seul qui lui convienne... L'intelligence des puissances copartageantes n'a jamais été que précaire; leurs jalousies réciproques suspendues... ne tarderont pas à se reproduire... divisées entre elles, chacune s'empressera de rechercher Votre Majesté. La difficulté sera de faire un bon choix et d'y mettre les nuances convenables^ lK)ur qu'Elle ne puisse être entraînée hors de son système pacifique. La Russie est sans doute la plus

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intéressante à recouvrer, pourvu que nous puissions l'amalgamer avec la cour de Vienne, et que ce système ne se fonde pas sur l'oppression du roi de Prusse. Nous avons plus d'intérêt, Sire, à humilier son orgueil qu'à anéantir sa puissance; ce n'est qu'en la conservant que Sa Majesté peut compter sur la fidélité de la cour de Vienne. »

léoagcnieots Lc désir ardent du gouvernement français de «MÎrXn de* maintenir la paix devenait chaque Jour plus diffiolerîettrerde ^î'^j ^^^ ^^ passiou uationalc qui existait en France BfofsTFÎillîce contre l'Angleterre se produisait aussi en Espagne, t d'Espagne, gj la cour dc Madrid, maltraitée comme celle de Versailles dans la dernière paix, avait peine à se contenir : a Ce que l'ambassadeur (le comte d'Aranda) a eu Thonneur de dire à Votre Majesté de la nécessité d'avoir une bonne marine, disait Vergennes à Louis XVI, est conforme à ce qu'il nous a représenté, en bien des occasions, à M. le comte de Maurepas, à M. de Sartines et à moi. Je ne doute pas que ce ne soit sur les ordres de sa cour qu'il s'en est expliqué comme il l'a fait avec Votre Majesté. La lettre confidentielle que M. le marquis de Grimaldi m'a écrite m'autorise à le croire... Elle exige une réponse qui me semble embarrassante à faire. C'est de M. le contrôleur général et de M. de Sartines que je dois attendre les bases pour la fournir; celles qu'ils peuvent me donner ne paraissent pas solides. Cependant, la réquisition de l'Espagne est instante, et, en quelque sorte, comminatoire. Il serait dangereux de la décourager et peut-être imprudent de la rassurer, La résolution qu'il s'agit de prendre me paraît si grave en elle-même et si intéressante dans ses suites, puis-

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