‹ La France sous Louis XVI; (volume 3)Chapitre 67 sur 95 · REDDITION DE BOSTON · texte numérisé non relu

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à ne pas le troubler dans sa retraite. Washington adhéra à la proposition qui lui était faite, et, le 17 mars, il entra en libérateur dans la ville.

Le courage et l'enthousiasme des Américains fut Pampèiei

, , , Thomas Pa

porte au comble par un pareil succès, et la nécessite intitulé: Le comme l'espérance d'une séparation avec l'Angle- ^^^^^"^ terre s'accentuèrent de plus en plus dans l'esprit de la population. Ce fut dans ce moment de patriotique délire que parut le pamphlet d'un Anglais, ami de Franklin, qui était venu habiter au milieu des colons, par suite de sa sympathie pour leur cause. Il était intitulé : Le sens cofnmun.

a Quelques écrivains, disait Thomas Payne, ont tellement confondu le gouvernement avec la société, qu'ils n'ont laissé entre ces deux objets qu'une nuance très-faible ou tout à fait nulle, tandis qu'ils diffèrent beaucoup , non-seulement par leur nature , mais encore par leur origine. La société est le résultat de nos besoins, le gouvernement celui de la perversité. La première effectue notre bonheur d'une manière positive, en réunissant nos affections; le second y contribue négativement, parce qu'il réprime nos vices... La première protège, le second punit. L'État social est un bien dans toutes les hypothèses. Le gouvernement, dans sa perfection même, n'est qu'un mal nécessaire ; dans son imperfection, c'est un mal insupportable... Le gouvernement, comme la parure, indique la perte de l'innocence; les palais des rois sont bâtis sur les ruines du jardin des délices. » Pour donner, comme il le dit, une idée juste et lumineuse de l'objet du gouvernement, il se représentait la situation d'un petit nombre d'hommes re-

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Icgués dans un coin isolé de la t^re, sans relations avec le reste de leurs semblables, et les montrait unissant leur faiblesse individuelle pour construire leurs maisons, pour pourvoir à leurs besoins, a Ainsi, continue- t-il, la nécessité, irrésistible- comme la loi de la gravitation , forma bientôt en société notre peuplade, et les douceurs mutuelles de cet état compensèrent avec usure les obligations des lois et du gouvernement, tant que la justice présidait à l'accord de ses membres ; mais^ excepté le Ciel, rien n'est à Tabri des atteintes du vice... De là le besoin urgent d'établir une forme de gouvernement... C'est un supplément nécessaire à Tinsuffisance de la morale.... son but est la liberté et la sécurité... De quelque splendeur que nos yeux soient éblouis, de quelques mots sonores que nos oreilles soient chatouillées, quel que soit le préjugé qui égare nos désirs, quel que soit l'intérêt qui obscurcit notre jugement^ la simple voix de la nature et de la raison proclamera la justice de ces aperçus... La constitution anglaise... était une noble entreprise pour les siècles de ténèbres et d'esclavage où elle fut formée. Quand l'univers était courbé sous le joug de la tyrannie, il y avait une audace généreuse à diminuer quelque peu son autorité. Mais il est aisé de démontrer que cette constitution est imparfaite... elle est si compliquée, que la nation peut souffrir pendant une longue suite d'années, sans être à portée de découvrir où gît le mal... Si nous osons nous permettre d'examiner la constitution anglaise dans ses parties intégrantes, nous n'y verrons que les méprisables restes de deux tyrannies anciennes, récem-

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