‹ La France sous Louis XVI; (volume 3)Chapitre 68 sur 95 · LE SENS COMMUN DE PAYNE · texte numérisé non relu

LE SENS COMMUN DE PAYNE

ment combinées avec quelques matériaux de républicanisme... Il y a quelque chose de singulièrement ridicule dans la composition de la monarchie ; elle commence à ôter à un homme les moyens de s'in^ struire^ et cependant elle Tautorise à agir dans les circonstances où il faut la maturité du Jugement. L'étatd'un roi le séquestre du monde, et cependant les fonctions d'un roi exigent qu'il le connaisse à fond... Des auteurs ont dit, en décrivant la constitution anglaise : Le roi est un pouvoir, le peuple en est un autre ; la Chambre des pairs est établie pour venir au secours du roi; les Communes pour venir au secours du peuple... D'où le monarque tient-il une autorité à laquelle le peuple n'ose avoir confiance, et qu'il est toujours obligé de réprimer?... Tout pouvoir qui a besoin d'être reprimé ne saurait venir de Dieu. » Parlant de 1-égalité des hommes, lors de leur naissance, qui est détruite par les distinctions établies entre eux par la richesse des uns et la pauvreté des autres, il disait : ce Mais il existe un genre de distinction auquel on ne saurait assigner de raison, ni vraiment tirée de la nature, ni déduite de la religion, c'est la distinction des hommes en rois et en sujets. Les sexes sont la distinction établie par la nature ; le ciel nous différencie par nos penchants bons ou mauvais; mais comment une race d'hommes est-elle venue au monde avec une supériorité si éminente sur le reste de ses semblables, pour qu'elle puisse former une espèce nouvelle... Dans les premiers âges, suivant la chronologie de l'Écriture, il n'y avait point de rois... Les païens furent les premiers qui établirent, dans le monde^ le gouvernement monar-

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chique... Les païens rendaient les honneurs divins à leurs rois expirés, et l'univers chrétien a renchéri sur cette belle idée, en faisant la même chose pour ses rois vivants. t> Payne établissait, par la Bible, que Dieu était expressément contraire au gouvernement des rois ; il montrait Gédéon contestant au peuple juif le droit de constituer une royauté héréditaire; il rapportait les paroles de Samuel disant au peuple juif qui réclame un roi : a II prendra vos fils et les attachera à son service personnel, à la conduite de ses chars ; il en fera ses cavaliers, et quelques-uns d'entre eux courront devant lui. . . il prendra vos filles pour apprêter ses desserts, sa cuisine et son pain... il prendra la dîme de vos semences et de vos vignes, et les donnera à ses officiers et ses serviteurs... Ces textes de la Bible sont directs, précis ; ils ne sont susceptibles d'aucune interprétation équivoque, ou l'Écriture n'est qu'un tissu de faussetés; or il est certain que le Tout-Puissant a, dans ces passages, formellement protesté contre le gouvernement monarchique, et Ton a grande raison de croire que l'adresse des rois a autant contribué que celle des prêtres à dérober au public, dans les pays soumis au papisme, la connaissance de l'Écriture Sainte, car la monarchie est au gouvernement ce que le papisme est à la religion... Aux maux de la monarchie, nous avons ajouté ceux de l'hérédité des couronnes... L'une des plus fortes preuves que nous fournisse la nature de l'absurdité du droit héréditaire de régner sur lès hommes, c'est qu'elle le désapprouve du moment qu'elle se fait si souvent un jeu de donner aux États un âne à la place d'un lion... La monarchie et Thé-

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