SAINT-GERMAIN ET MONTBARREY
Tont choisi comme un homme à tenir dans leur dépendance, ils pourraient s'être grandement trompés, car le nouveau ministre de la guerre prend une tournure qui annonce tout autre chose que de la docilité. On lui attribue de l'esprit et des talents, mais on sait qu'il a toujours été entier et difficile. » Ce caractère, qui éloignait Saint-Germain des deux hommes qui pouvaient l'aider dans sa tâche, et lui faisait méconnaître le profond désintéressement de Turgot et de Malesherbes, ne pouvait que le livrer à la merci d'intrigants. A peine ses relations de bienveillance avec les deux ministres qui l'avaient appelé à la cour furent-elles brisées, qu'il sentit son isolement. A qui se rattacher si ce n'était à Maurepas, ce ministre tout-puissant qui lui avait donné raison? Il avait trouvé, en arrivant à Versailles, le prince de Montbarrey, qui était, comme lui, né dans la province de la Franche-Comté ; il s'était servi de lui pour se faire conduire chez Maurepas lors de sa première entrevue avec ce ministre. Montbarrey était parent de Maurepas ; madame de Montbarrey appartenait à la maison de Mailly, une des plus puissantes à la cour par ses alliances : il n'en fallut pas davantage pour déterminer Saint-Germain à demander que ce général fût adjoint à son ministère par une place créée pour lui, comme celle de directeur de la guerre, ce L'idée de se faire à la cour une famille de la mienne fut la raison déterminante qui l'engagea à m'associer à ses travaux, » écrit Montbarrey en parlant des fonctions qui lui étaient confiées.
Triste collaborateur qu'un général médiocre qui avoue s'être condamné au raie de muet devant son
chef, qui dans ses longs mémoires, où sont relatées avec délai! ses aventures amoureuses, ignore Texistence de Turgot et de Malesherbes! Montbarrey traite le système militaire de Saint-Germain de nouveautés sans liaison, parle de ce ministre comme d'un homme qui se laissait toujours arracher sa confiance, et avoue qu'il a cru prudent de confier à Maurepas la conduite pleine de circonspection qu'il a adoptée. Il est vrai qu'il ajoute : « Je tus comme je le devais tout ce que je pensais de la plupart des opérations imaginées par les faiseurs, et que M. de Saint-Germain lui communiquait avant de les porter à la sanction du roi... Je me contentais, lorsque j'étais consulté par M. de Maurepas, de lui faire sentir que je n'étais pas du même avis que M. de Saint- Germain, »
iformes décré- Saint-Gcrmain , en s'éloignant de Turgot par une lainuGeJmain, vauîté déplacéc ct par mauvais caractère, s'était, ^^^re^îr*' P^'' ^® f^^t^ "^^s sous la dépendance de Maurepas, qui ne se souciait du reste pas plus de ses réformes que son directeur de la guerre. Saint-Germain se mit toutefois résolument à l'œuvre, montrant, par la promptitude de ses décisions et leur précision, qu'il n'était pas, comme le dit Montbarrey, le représentant des censeurs de a cafés i> ni des officiers allemands, qui blâmaient l'administration militaire de la France sans la connaître. Deux mois après son arrivée à Versailles, le 15 décembre 1775, paraissait un règlement qui diminuait le nombre des gardes du corps et régularisait leur solde, en supprimant des droits qui donnaient lieu à des abus sous différentes dénominations, comme nourriture à la cour,