‹ La France sous Louis XVI; (volume 3)Chapitre 72 sur 95 · RÉFORMES DE SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

RÉFORMES DE SAINT-GERMAIN

places de fourrage, etc. Il régla l'organisation des compagnies de gendarmes * et chevau-légers, supprima deux compagnies de mousquetaires, les grenadiers à cheval de la garde, quarante-huit régiments provinciaux et douze régiments de grenadiers royaux. Si Saint-Germain, dans l'organisation des gardes du corps, exigeait que tous les soldats d^ cette troupe fussent nobles, et que, pour être sous-lieutenant, il fallût prouver deux cents ans de noblesse devant le généalogiste de la cour, il n'oubliait pas le soldat roturier et les souffrances qu'il lui avait vu endurer et qu'il avait lui-même énergiquement signalées. Trois jours avant que ces réformes fussent annoncées, une ordonnance restreignit la peine de mort décrétée jusque-là pour tous les cas de désertion, et proclama une amnistie générale pour tous les soldats qui, ayant quitté J'armée, la rejoindraient avant le 1" janvier 1776. Trois mois après, il portait l'ordre dans la distribution des gouvernements militaires de province, des lieutenances de roi, des majorités, etc. Pour que ces places, qui étaient des grâces militaires^ comme il le disait, fussent autant que possible la récompense des talents, des longs services et des actions d'éclat, il faisait deux classes des gouvernements généraux de province, dont la première, qui donnait un traitement de soixante mille livres, était destinée aux princes du sang et aux maréchaux, et la seconde aux lieutenants généraux, qui obtiendraient avec elles

^ On appelait gendarmes un corps de cayalerie dont chaque homme avait rang et prérogative de sous-lieutenant. La gendarmerie actuelle était nommée maréchaussée.

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trente mille livres de revenu. Le nombre deslieutenances de roi était fixé à 176, et les survivances accordées dans ces places devaient ne plus être renouvelées dans l'avenir. Il supprimait, dans un autre règlement, les finances attachées aux différents grades, décidant une diminution dans le prix de vente à chaque mutation, de manière qu'au quatrième changement, l'emploi devenait libre et que le roi pouvait en disposer. Enfin, le 25 mars 1776, parut le règlement général sur l'administration des corps de l'armée, sur leur recrutement, sur leur discipline, sur la nomination des officiers. Le prix d'un engagement, y compris le ce pourboire, d les frais et gratifications au recruteur, fut fixé, pour l'infanterie française, à 92 livres, pour l'infanterie allemande et étrangère, à 120 livres, pour la cavalerie, à 132 livres. On ne payait que 111 livres à ceux qui voulaient être dragons ou hussards. La durée de ces engagements était de huit ans. Le prix des seconds réengagements pour huit autres années était fixé à 100 livres, 125 livres, 120 Hvres, et 110 livres. Après seize années passées à l'armée, les réengagements avaient lieu année par année pour les prix de 20, 25, 24 et 22 livres. C'est une moyenne, pour le prix d'un réengagement de huit ans, de 114 livres. Si Ton admet que le prix d'un remplaçant militaire était au moins de 1,500 francs dans les années qui suivirent 1830, la comparaison de la rémunération accordée pour des services parfaitement identiques amènerait à conclure que l'argent, en 1776, avait une valeur treize fois plus forte qu'aujourd'hui ; mais la difficulté de pourvoir à son existence était beaucoup

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