SAINT-GERMAIN ET MAUREPAS
de la maison militaire du roi, il voulut affaiblir son influence et charger un intendant, SénacdeMeillan, des finances de la guerre, c'est-à-dire de la partie de son ministère dont avait voulu le décharger Turgot, il était trop tard. Montbarrey se plaignit à Maurepas, et Maurepas fut de l'avis de Montbarrey. Aussi, quand Montbarrey offrit sa démission, Saint-Germain n'osa pas l'accepter, et resta sans appui au milieu de chefs de bureau dont il suspectait la bonne volonté, et en face d'un premier ministre indifférent à tous ses travaux, se moquant de tout, de sa place, du royaume et de lui-même, oc II en sera de M. de Saint-Germain comme, de M, Turgot, dit un jour Besenval à Maurepas. Vous savez que votre ministre de la guerre est de toute incapacité, qu'il perdra votre armée, comme l'autre a perdu vos finances ; mais vous ne le chasserez que lorsque tout sera si bien bouleversé qu'il n'y aura plus de remède. — Ma foi, je crois que vous avez raison, répliqua Maurepas en éclatant de rire. » Une autre fois c'était le tour de Pezai, ce conseiller de Louis XVI, ce protecteur de Necker. A la table du ministre se trouvaient le général autrichien Clairfait et le duc de Manchester, qui jeunes alors visitaient la France. Le duc de Manchester, avisant le marquis assis au bout de la table, demanda à Maurepas quel était ce monsieur en habit vert-pomme, veste rose, des parements pareils et une broderie d'argent. — « C'est le roi, Milord, répond Maurepas. » L'Anglais se tait, puis, après le dessert, il reprend la conversation : a Monsieur le comte, en quoi méritai-je le persiflage que m'a valu ma question sur ce gentilhomme qui a l'air si suffi-
sant, si pensif, et .auquel beaucoup de gens font la cour, même dans votre salon? — Milord, je ne persifle jamnis : d'abord ce n'est pas un gentilhomme, et je vous répète que c'est le roi. Comme je vois qu'il vous faut des preuves, je vais en donner : il vit avec une cousine à moi, madame de Montbarrey, qui gouverne madame de Maurepas, qui fait de moi tout ce qu'elle veut ; je mène le roi, vous voyez bien que c'est ce monsieur-là qui règne, jd
aint-Germain Saint-Gcrmaln, traite avec si peu de considéraut compromis *
ies réformes tiou par la rcinc, par Maurepas et son directeur de
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séparé la guerre, n était pas mieux avec les philosophes, qui e Turgot. jjj/j^jjj^j^jjj j^y^^. âprcté la phrase de son ordonnance
par laquelle il faisait dire au roi « qu'il ne souffrirait dans ses troupes aucun officier affichant l'incrédulité, ou qui aurait des mœurs dépravées. » Son ordonnance est un chef-d'œuvre d'hypocrisie, écrit Condorcet. « Il aurait donc fallu chasser des armées non-seulement le prince Eugène, le maréchal de Saxe, le grand Condé, le roi de Prusse, mais M. de Saint-Germain lui-même. D'ailleurs, il n'aurait pas dû prendre pour adjoint, en faisant allusion aux scandales de Ja vie de Montbarey, un coureur de filles, ni donner des régiments aux gens de la cour les plus décriés par leurs mœurs. » Aux noms cités par Condorcet, on aurait pu en ajouter bien d'autres qui rendaient ridicule une déclaration pareille pour une armée qui comptait parmi ses chefs l'amant affiché de l'actrice Guimard, le prince de Soubise, et des officiers comme le duc de Lauzun, le comte de Tilly, qui ont laissé le récit authentique de vies passées au sein de la dépravation la plus effrontée. Saint-