‹ La France sous Louis XVI; (volume 3)Chapitre 86 sur 95 · RÉTABLISSEMENT DES JURANDES · texte numérisé non relu

RÉTABLISSEMENT DES JURANDES

achetant et vendant dans les rues et non en place fixe, de faiseurs de lacets, de jardiniers, de maîtres de danse, de naltiers, d'oiseleurs, de pêcheurs à verge, de savetiers, de vanniers, de vidangeurs et d'autres du même genre. C'était ce qu'avait refusé de faire Turgot : tenter de perfectionner le mal pour ne pas l'extirper.

Un mois après la résurrection des jurandes, le ministre pensait aux cultivateurs et aux commerçants en grains. On s'était persuadé, dit l'ordonnance du 19 septembre, a que leur intérêt seul serait un véhicule assez puissant pour les déterminer à. .. procurer l'abondance » dans les différentes résidences de la cour, ce où le marchand, toujours assuré d'une consommation considérable, l'était pareillement d'un bénéfice honnête... Mais l'expérience ayant prouvé que cette liberté... n'a donné lieu qu'à un surhaussement de denrées, » le roi se déterminait à ordonner ce à tous les fermiers, laboureurs et marchands, à la distance de dix lieues où Sa Majesté ferait séjour, » d'approvisionner le marché de sa résidence.

C'était naturellement abaisser le bénéfice qu'ils pouvaient faire, pour favoriser les gens de cour.

Quel bien était du reste capable de réaliser un ministre dont le désordre et la corruption étaient tels que Maurepas, effrayé, fit appeler Augeard quelques semaines après l'arrivée deClugny au contrôle général, et, lui exprimant ses embarras, lui dit :

ce Mon cher Augeard, il faut absolument que vous fassiez le sacrifice de votre place de fermier général... vous allez être nommé intendant général du trésor royal. — Pourquoi me faites-vous cette pro-

position? C'est que vous n'avez point de confiance, et avec raison, dans M. de Clugny... Croyez-vous qu'il soit bien flatteur pour moi d'être le partenaire ou le jockey d'un être si diffannéî — Vous avez raison, répliqua Maurepas, je ne vous en parlerai plus. Dans ce moment, donnez-moi le temps d'établir un nouvel ordre de choses. Je vais vous faire remettre tous les détails relatifs au trésor roval. »

Trois mois après le 10 octobre^ Clugny étant malade, Maurepas, de plus en plus inquiet, entretient de nouveau Augeard du désordre des finances : « Je change Tordre des choses par rapport à vous, lui dit-il ; que Clugny crève ou non, je partage le contrôle général en deux ; je vous donne le trésor royal, et la partie contentieuse à Taboureau. Si je connaissais dans le Conseil un être plus intègre, je le choisirais pour être à côté de vous. »

le Clugny, Pcu dc jours après Clugny mourait. On répandit ' le bruit que, dans ses derniers moments de délire, il avait témoigné le désir de vivre assez longtemps pour payer les deltes de l'État. Cette nouvelle donna lieu à répitaphe suivante, résumant en vers la railleuse indifférence du public.

Ci'git un contrôleur digne qu*on le pleurât, Aimant beaucoup la France et point du tout la vie ; Consentant de bon cœur qu'elle lui fût ravie, Lorsqu'il aurait éteint les dettes de l'État.

nreaudes Augcard n'ayant pas voulu entrer dans la combi-

contrôleur . • i • *l »l ' t ' •»■• i .

inérai, naison qui lui avait ete expliquée, Maurepas dut se ^directeur rcjctcr sur Ncckcr, avec lequel il avait échangé plus 'tSl>^" d'un rapport, quand ce banquier lui soumettait des obre 1776. ppQjetg financiers, ou des critiques durant Tadminis-

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