RETOUR AUX ABUS
Après avoir obtenu le rélablissement des jurandes, il reprenait, le 3 septembre, une partie des professions déclarées libres le 19 août, pour les astreindre aux ordonnances rendues en 1402, 1575, 1669.
Le 19 décembre, deux riîois après que Necker est arrivé au but qu'il ambitionnait, le Parlement donnait une preuve nouvelle de son opposition aux plus légitimes aspirations du peuple, en arrachant encore aux citoyens obligés de vivre de leur travail le droit d'exercer librement les quelques états qui n'avaient pas été compris dans les jurandes rétablies, par la raison «qu'il n'importait pas moins d'établir l'ordre parmi les ouvriers exerçant des professions libres que parmi ceux d'une profession dépendante des corps et communautés. » Le lieutenant de police était chargé de choisir un syndic dans chacune des professions déclarées libres, et les citoyens devaient faire inscrire, sur un registre tenu par lui, avec leurs noms, l'état dont ils prétendaient vivre. Us payaient ensuite la somme de trois livres, pour indemniser de leurs peines le syndic et son adjoint. Les syndics et les adjoints devaient surveiller les ouvriers, pour savoir s'ils employaient de bonne marchandise et s'ils fabriquaient bien.
Presqu'à ce moment, on portait devant le Parle- tes ouYrit ment une affaire qui pouvait faire comprendre a un E'emendi esprit réfléchi la profondeur de l'abîme creusé ^^"*^**'^*^'*'' chaque jour davantage entre les citoyens et leur gouvernement. Dans une plainte formulée contre le chef d'une manufacture qui avait donné de l'ouvrage à des ouvriers, sans exiger un congé en règle de leur ancien maître, il fut constaté que des ouvriers avaient
condamné à une amende ceux d'une fabrique voisine, pour n'avoir pas pris le parti d'un de leurs confrères qui venait d'être renvoyé ; ils menaçaient de signaler aux ouvriers des autres fabriques ceux qui ne se conformeraient pas à la sentence rendue. Que pouvaient devenirlestentativesde compression devant ces mœurs, qui se formaient à la résistance? frankiin dé- Six jours avaut la décision prise par les magistrats 13 décembre coutrc la populatiou vivant du travail de ses mains,
iVïR • Il oat
I îi à Paris. Franklin, envoyé par l'Amérique, débarquait àNantes. Accueilli avec enthousiasme à Paris, où il se rendit aussitôt, son portrait figura en un instant sur toutes les cheminées, et ce fut à qui admirerait sa belle physionomie, à qui la vanterait. Les philosophes ne furent pas des derniers à lui présenter leurs hommages, oc Ils l'ont, dit un journal, adroitement sondé sur la religion, et ont cru entrevoir qu'il était de la leur, c'est-à-dire qu'il n'en avait point. » Ironie qui caractérise d'un mot une des passions les plus ardentes de l'époque \
* Archives nationales : 0* 121, 14 et 21 mars, 24 septembre 1776; 0« 230, année 1776 ; 0* 232, année 1776 ; K 161, 11 août 1776; X 8556. Réponse du roi au Parlement réclamani contre Tabolltion des corvées; 8 mars 1776, X 8,557; 19 août 1776, P 2,512 ; 11 août 1776, P 2,513; août 1776, 1777. P 2,514; avril 1777. — Archives de la marine : Correspondances pendant la dernière guerre, 1775-1776, direction de M. de Fleurieu. Lettre de Fleurieu au maréchal de camp d*Argout, août 1776. Lettre de M. de Kersaint à M. de Sartines, 24 décembre 1776 (autographe). Campagnes : Carton de 1776. Lettre du comte de Noxières à Vamiral Yung, datée de la Pointe-à-Pitre, 8 octobre 1775 . Lettre du gouverneur général. Lettre de d'Ârgoul au ministre y 31 juillet 1776. — Correspondance inédite de JT»» Du Deffand, tome JI, p. 361-380. — Mémoires secrets d*Augeard, p. 92 et suiv., 98. — Compte rendu au roi par Necker. Paris, 1781, in-4% p. 23-27. — Mémoires secrets, tome IX, p. 245-254 ; tome x' p. 11-29. — Mémoires du prince de Montbarrey, tome H, p. 241 et suiv.
amèref déception