‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 10 sur 177 · WASHINGTON KT LE CONGRÈS · texte numérisé non relu

WASHINGTON KT LE CONGRÈS

y régnaient à la fois, et nul des autres n'y pouvait trouver plaoe. » Cette n(*le confiance dans l'avenir^ expre»&ion d'une jeunesse que n'avaient pas encore attêkite les douleurs et les déceptiofftde 1« vie, était aufôl celle du chef de l'armée vaincue-

LeGo»*rè6»déférantauxdemandesdeWa^ingtort, coK^^r décréta la fôi^matiôn d'une armée de ligne fournie ^^J^X, par lôê provinces, en raison du nombre de leufB ha- "^^',;v*jj^ bitant!^, fixant la somme de l'engagement de cha- noTembre 1776. que homme à 2l0 dollars (environ 108 livres), chiffre approchant do celui donné par le ministre Saint-Germain pour le recrutement de l'armée fran^ çâise^ H fot décidé qu'outre ce prix d'engagement, qui était payé aux militaires résolus à rester trms ans dans l'armée, it tarait accordé des terres, en pto^ portion des diffârenfs grades cfu'iTs auraient occupe^» à ceux qui ne quitteraient pas leurs drape^tfX pendant toute la gtterre.

WMhingt^^ qui voyait l'armée anglaii^e augmenter en nombre^ et craignait à ît^haque instant que le générai Hot^e ne vînw, p^r une entreprise hardie, fermei^to 'pr^u'lle laMongée & l'extrémité de laquelle est sittiée New-York, et l'enserrer entre sa flotte e! son fif^ tnéo> demmda m Congrès d'abandonner la viHe et d'alleràKing's Bridge, à l'endroit ou l'isthme be rattaebftâOrodiitineiit^ MienacéeàKmg's Bridge parHotve, i\\A chonehsit à ^giiger une bataiille ï^angée, T-armée amériefline leva son camp et, ée portait tôu- }((ÉraauïfoM, fi^établit datismfi evrd^oit appelé les Plikies^Blanclies^ ay^unt d«mè#e elfe FRifidson, tA n'mmfit pH oncdrê pénétré led Anglais, et 4elv«itfl e|io l« ^ottte qui fa mettait en eommunica-

Désespoir des

AméiicaiDB. La

perte de leur

cause aonoocée

en Europa.

tion avec le Connecticut, d'où lui arrivaient des secours en vivres et en munitions. Profitant de sa situation voisine des Anglais, Washington engagea avec eux de fréquents combats* exerçant, dans des actions partielles, ses soldats à braver leurs ennemis, et à devenir de jour en jour plus hardis. Howe vint l'attaquer et fut repoussé; mais, voulant éviter une action décisive, Washington, à la suite de ce succès, leva de nouveau son camp, et, après avoir livré aux flammes le villagedesPlaines-Blancheset les fourrage^ de ses magasins, se porta, le 1^ novembre, plus au nord, dans une position très forte^ à New-Gastle. Howe, voyant les Américains très résolus & ne pas engager de bataille et ne pouvant les suivre indéfiniment, revint sur ses pas achever la conquête de la presqu'île de New-York. Il s'empara, après une vive attaque, du fort Washington, et la garnison da fort Lee, placée sur la rive opposée de THudson, n'attendit pas ses troupes pour lui abandonner ses tentes, son artillerie et tous ses bagages.

La perte de ces forts, arrivant à la suite d'une défaite, acheva de jeter le désespoir dans tous les cœurs américains. Les miliciens débandésxegagoaient précipitamment leurs demeures, les troupes réglées diminuaient à chaque heure par la désertion. Placé dans un pays ouvert, au milieu d'inunenses plaines sillonnées par la cavalerie ennemie, à laquelle il n'avait à opposer que quelques escouades qui venaient du Gonnecticut, Washington ne vit bientôt autour de lui que trois mille soldats. Us n'avaient ni tenter pour se mettre à ratoi, ni autils pour élever 4e¥ rçtraqch^Mits; ii^ perdaient tout espoir, et la

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L'EUROPE DÉSESPÈRE DE LA CAUSE AMÉRICAINE. i9

plupart attendaient impatiemment le terme de leur engagement pour rejoindre leurs foyers. Obligé de comprimer des insurrections royalistes dans le New- Jersey et même dans la Pensylvanie, où des proclamations du général Howe annonçaient son pardon à tout insurgé qui se soumettrait au roi d'Angleterre avant soixante jours, Washington ne pouvait disposer des troupes qu'il aurait été si urgent de réunir en face d'une armée anglaise de plus de vingt mille hommes. La fin de la lutte était généralement annoncée. oc De cruels malheurs sont arrivés, écrivait un habitant de Philadelphie, le 23 novembre 1776, au gouverneur delà Martinique : il y a huit jours que le fort Washington, qui était le plus redoutable, est pris... Il n'y a plus rien à espérer ici. Ce pays-ci est perdu pour les Américains, il est impossible qu'ils puissent s'en relever... S'ils ne sont pas secourus de quelque Couronne, ils seront réduits sous peu... La peur est peinte sur toutes les figures. Le nombre du parti royaliste augmente, personne ne vient plus s'engager. Trois frégates ne peuvent mettre ici à la voile, et l'on ne peut trouver de matelots pour en armer une seule. On craint que sous peu le général Howe ne soit en marche pour Philadelphie. » « J'ai cru nécessaire de vous expédier M. de Kersaint, commandant «la frégate la Pavorite,^ mande le comte d'Argout à Sartines... Les nouvelles que j'ai l'honneur de vous transmettre me sont adressées par des gens sûrs et qui sont sur les lieux mêmes... Les affaires des Américains sont comme désespérées... Si le général Washington n'est assez heureux pour profiter des dernières étincelles

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30 MVIW PftPMffil^.

d*eT)tbousi9We, F^ssembler le plu^ 4^ troupes qu'il lui sera possible et donqer une bat^illç r9i)gé^ pt 4^cisive, tout est perdu. » Le gouverneur de la Guadebupe, M. d'Arbaud, aussi impregçipnué quQ celui de la Mar(inique, mandait, à prppp^ ^^ |a prisp deg deux forts : <c Deux mille homrqeç m sont rendus presque sans coup férir. . . Le vœu de Vifidépçndanee est requins affermi que le Congrès et ses sigei^ts ne lesupposent. » Tous les gouverneurs deç colonie? françaises appelajjçut l'action directe et ouverte 4ff la FrancQ» et le comte d'Argout, précisant les cas de rupture que pourrait invoquer son gouvernement, écriy^it à Sartioes, le 3 mars 1777 : ^ Je suis informé que h cour de Londres vient d'envoyer dans ses colopies des ordres exprès dç se saisir de tous leg bâtiments français qui seraient expédiés pour Saint-Pierre et Sliquelon. jElle prétend que ces sortes d'ei^^péditions ne sont qu'un masque pour déguiser leur vraie destination, et qu'ils vont tous à la Nouvelle-Angleterre... Cette idée est bien fondée dans le vrai,.. Vous voyez. Monseigneur, que TAnglais n'en a pas été la dupe *. »

* Œuwrei de Volkkire, tome LXX, p. 263, 268, kOb.—Mémqires secret povr servir à Vhistoire de la république des lettres en France, tome IX, \*. 49; tome X, p. 98. — Correspandance secrète ifkédite sur Louis XV 1» Uarie-Àntoir^ette, Ifi pour et la viUef publié^ par Lescure, tome I, p. 40, 67, 122. — Mémoires, correspondances et manuscrits du général Lafayette, publiés par sa famille. Paris, 1837, in-8. tome I, p. 9 et auiv., Il et soiir., 15. — Histoire de la guerre de Vindépm^wnce des Étais- Unis d'Amérique, par Charles Botta, tome 11, p. 405 et suiv , 414 et suiv., 429, 444 et suiv., 447 et suiv., 452 et suiv., 454 et suiv., 460 et suiv. •— Archives du ministère de la marine (Documents des Ëtats-Unis) : Lettres de Boulanger, négociant à Saint-Pierre-Martinique, datées de Philadelphie, au comte d'Argout, et de Goëlivy, aussi datée de Philadelphie, et adressée au comte d'Argout, toutes deux du 23 novembre 1776 (Campagnes). Cftr^

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LES CLASSES M0YBr|[Nl3$ $h AMÉRIQUE. 31

blesses qui faisaient accourir ÛW^ le«»llip da Qowe abJ!doln^par «De 6mlo de per«wn«| d^ tputw cw}âitiQi}fi pour plrsrfcVjL îMflarer Ii»ir grâae «t protwteï de leur sioumaaion, ^''''^^^^^^^ 1a niajârâlé dfi la cla^^ ii]|oyenDe, c'e^t-à-dire de la ^"^"^'^ bourgeoisie, roata ferme. Q^Kb po?UPO de 1a wciélé, qei puisa daoa aea lumûèr^s et d^n» l'habitude du inmîA une ¥ÎriU4a qui Ipi f^it a(p€9p(«r des souffranoes en vue d'un but q^^eUa poursuit, se dJstîBgua^ par son énergique pers^vér ^noe, des classes les phis riebes du pays et des classes les plus panvras- Ul^ se Fallia à Washingtcw, qui couvrait d'uq visage calmp et impassible ses inquiétudes palnotigues et cherehai^ ^ conserver une armée à soApays; elle ae rallia au Coognès» dont elle avait fourni la plupart des membres, qui, après avoir pris tes mesures néoQs^irea à la réorganisation de l'armée^ s'occupait de régler Tuaion des treiaa colonies.

€e fut le 4 œtobre, dans ces jours néfastes pro- Le coogrès Tote elaoi^ conuae les derniers d'une lutte héroïque, que dês'fiîrtÏÏiBK le Congrès, aussi résolu que son général, ausaî con- *^^°b™*^«âfioA que lui dans l'avenir^ accepta les articles de la Constitution qui établissait la Confédération des ttat$AJjm, et devait être présentée à racceptation des assenoèlées de chacune des provinces*

Chacun des États devait s'engager individuelle^

tonde 1776. Let^e de PJiar^e au comte d'Argout, daté^ encore du 23 no- Temtre 1776. Lettre de é'Ârgoot à Sartines, ^3 décembre 1776. Lettre de 4'Ar^4 # SiirMnV» *l 4 jjwtier 1777. \s¥im <»P tl'Afgout à Sariioes, des \% ja^wiar et 5 mars 1777. — - Correspondance liHéraire de Grimm, 1812, in-8, tome III, p. 386 et suiv. — Annales politiques de Liuguet, Lowirw, I7T7, in-8, tome I, p. 160 et suiv.

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Tout titre de r.oblesse est proscrit.

a2 UYhË PttBINBR.

ment à contribuer à la défense commune et au mainlien de la liberté de tous.

Chaque État conservait la faculté de «régler les affaires de son gouvernement iirtérieur, pourvu que les lois qu'il ferait ne fussent pas contraires aux articles qui organisaient la Confédération.

Aucun État n'avait le droit d'envoyer ou de recevoir des ambassadeurs, par conséquent de négocier^ de conclure des traités avec aucun roi^ aucun prince et aucune puissance, ni de leur déclarer la guerre^ sans le consentement des États*Uni8«

Un Congrès général, composé des députés de tous les Ëtats^ devait s'assembler, chaque année, le pre* mier lundi de novembre, pour exercer le pouvoir souverain, dont on définissait avec soin les attributions*

Le pouvoir exécutif était remis, pendant la durée du Congrès et en son absence, à un conseil d'État composé de députés de chaque province.

Un trésor public, pour le service de la Confédération , devait être alimenté par des contributions prélevées sur chaque province, en proportion du noml^re d'ha-* bitants de tout âge et de tout sexe qu'elle contenait, sans compter cependant les Indiens.

Dans ces prescriptions législatives, qui n'étaient que la reproduction étendue du projet déjà offert aux méditations des colons Tannée précédente, le Congrès posait, d'une manière nette et précise, les bases des sociétés modernes et la répudiation des antiques préjugés qu'avait fait naître l'esprit de conquête et de violence. Après avoir résolu, dans un intérêt de prudence et de moralité, qu'aucun individu tenant

CONSTlTOtlON DES ÉTATS-UNIS. 33

on emploi, office oa commission quelconque des États-Unis et de quelqu'un d'entre eux, ne pourrait recevoir de présents et de places d'un gouvernement étranger ; que tout indivudu exerçant un emploi et recevant une solde, un salaire ou des émoluments quelconques serait exclu du Congrès, les législateurs américains abordaient nettement la question des titres de noblesse dans l'intention de les proscrire. Ils décidèrent qu'aucune assemblée des États ne pourrait en conférer.

Obéissaient-ils, dans cette résolution, à ce que Toh appelle généralement l'envie démocratique, ou étaient-ils, à leur insu même, les précurseurs des sociétés libres, qui, peu à peu se dégageant d'une atmosphère d'esclavage, répudient les instruments qui ont servi à enlacer la généralité des hommes et à pervertir leur raison ?

Quoi de moins justifié, par le bon senset la pratique, Différant entra que la comparaison continuellement établie entre iM^t^Jit^"*et rhérédité dans les fonctions publiques et l'hérédité fcfÔc'i'^. dans la possession des propriétés? L'hérédité dans ?«*>"«"«*• les fonctions publiques, n*est en définitive que la prétention de certains hommes à disposer de- ce qui appartient à autrui et de gérer à leur fantaisie les intérêts soit matériels, soit intellectuels d'autrui. L'hérédité dans les fonctions publiques s'est toujours mise sous la protection d'un do^me religieux, contredit par les contrastes continuels que Dieu a établis entre les qualités morales et intellectuelles d^ parents et celles de leurs enianta. La nécessité de l'hérédité dans la propriété s'est au contraire affermie tous les jours par la science,

34 LIVBE PREMIBR.

qoi a 0Ui»fré la racine de toute propriété dass le travail, et établie sur Tobservation du caractère de rhomme, qui cesserait de produire le jour où ses peines ne profiteraient pas à sa famiitiei. L'hérédité dans ks fonctions publiques a fini» dans la plupart des États modernes, sans que la société ait été troublée.

L'hérédité dans les propriétés, lorsqu'elle a été mécMinue, a propagé la misère, aussi bien parmi les familles qui étaient spoliées que parmi colles de leurs spoliateurs.

Il DobieBse crée Lcs titrcs dc noblessc, quoique ne portaqt souvent **'entrl'^r* sucun préjudicc matériel par les privilèges qu'ils conuSJéSTe! fèrent, ne sont pas aussi insignifiants dans le domaine de l'intelligence. Gréésà des époques ou les dhefs des peuples avaient intérêt à nier l'égalité des hûnndes, où la guerre était l'état habituel des saoietés, ils sont, pour une foule de personnes» comme une sorte de témoins d'un passé qui non seulement excite des regrets, mais prédispose certains esprits à des croyances nuisibles à leurs semblables. En France, les juifs, chassés d'une foule de professions, ont acquis, dans lés voies du travail qu'on ne leur avait pas interdites» une supériorité marquée ; les protestants, persécutés comme eux, sont devenus des industriels et des banquiers habiles. Les Français ont puisé^ daas les spécialités que leur imposait la dureté des lois et le fanatisme religieux, des qualités et des df^feuls qui les distinguent encore de nos joorii: .pourquoi en serait-il autrement de la noblesse? Pourquoi la perspective du genre d*existence que la position de leurs parents leur lègue, n'auraitrelle pas

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