‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 9 sur 177 · L'ESSAI SUR LE DESPOTISME · texte numérisé non relu

L'ESSAI SUR LE DESPOTISME

courageuse de les dire ». Deux éditions faites en Suisse s'étaient presque écoulées en six semaines, avant que ce livre vînt trouver des lecteurs en France tout préparés à goûter les invectives qu'il renfermait* « Je prétends prouver, disait le comte de Mira* beau, que le despotisme est, dans les souverains, Tamour des jouissances peu éclairé, et par conséqumt que la soumission au despotisme est, dans les peuples, l'ignorance ou Toubli de leurs droits... Instruisez les rois et les sujets, et le despotisme est coupé par le pied... Tous les actes de despotisme ne sont que des combats dans l'obscurité, entre gens qui cependant craignent les coups... Apportez la lumière et vous les verrez tous en paix. Cette lumière, à l'approche de laquelle les dissensions civiles, les crimes sociaux, les attentats publics, les préjugés, le fanatisme, s'anéantiront toujours, est la première barrière qu'on doive élever contre toutes les erreurs, tous les brigandages politiques et les maux de la société... Le despotisme n'est pas la conséquence de la société comme des frénétiques ont osé Tavancer, mais bien l'anéantissement de la société... En justice réglée il ne saurait y avoir de trahison dans un État despotique parce que l'esclave ne peut être ni créancier ni débiteur... La plupart des hommes prostituent l'humanité par une obéissance passive... Nous arrivons tous dans la société avec les mêmes devoirs... Ils sont plus ou moins sacrés, en proportion de ce que le gouvernement est plus ou moins équitable, car la nature n'a formé 1^ sociétés que pour les besoins des hommes.. . Les devoirs sont et ne peuvent qu'être proportionnels aux droits... On ne

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iO LIVRE PREMIEtl.

devrait parier aux princes que de leur intérêt. Il est l'idole des souverains. Tout, dans leur âoie aride, s'y rapporte, aucun autre objet ne les affecte ; générosité, bienfai^nce, justice ne sont pour eux que des mots; encore sont-ils les moins connus de leur langue... On ne porte, avec le diadème, ni les remords dévorants ni l'importune pitié. . . Leur intérêt est et sera toujours leur boussole... Laissons donc la ghHre, la postérité et toutes les autres expressions oratoires : répétons souvent aux princes un mot moins sonore mais plus puissant, le mot intérêt... Traitons doue les rois en hommes... Tenons>leur..« à peu près ce langage... Le peuple auquel vous commandes n'a pu vous confier l'emploi de ses forces que pour sqû utilité... Vous ne lui avez pas arraché l'exercice de ses droits, car il était le plus fort avant qu'il vous eût créé le dépositaire de sa force... Il vous paie, et vous paie très-cher, parce qu'il espère que vous lui rapporterez plus que vous ne lui coûtez. Vous êtes en un mot son premier salarié, et vous n'êtes que cela ; or, il est de droit naturel de pouvoir renvoyer celui que nous payons et qui nous sert mal, comme il est contraire à ce-droit naturel que chacun ne mt pas libre d'examiner, de connaître ses propre aCEaires .. On a comparé souvent la souveraineté à l'autorité paternelle. C'est une belle idée sans doute;... mais, hélas! rexpériencc de tous les âges répète avec moi que la véritable générosité est la plus rare chez les hommes et surtout chez les rois, qui sont les moins éclairés des hommes... L'histoire est une longue et monotone compilation des malheurs de l'homme, et trop souvent le panégyrique

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L'BSSAI SUft LE DBSf^OÏISMS. 17

des malfaiteurs publics, car on peut ordinairement appeler ainsi les héros.. • Pourquoi vanter la gloire des conquérants?... C'est un crime social que d'ad« mirer les instruments des malheurs publics... Est-il donc si respectable ce titre si commun et si révéré d'avoir eu assez de mérite pour détruire plusieurs milliers d'hommes?... Les héros, ce sont les révolutions, c'est l'agitation de la société qui les forment. Us troupes réglées sont l'instrument du despotisme comme leur institution en fut le signal. Les troupes réglées ont été et seront toujours le fléau de la liberté... La vraie libéralité d'un prince, c'est d'épargner son peuple... Les dons nuisent aux récom* penses^ et deviennent ainsides injustices. Cette pro*' fusion meurtrière excite les importuns et ruine infailliblement une nation... Les obstacles apportés à l'iiostruction, les prohibitions qui gênent les presses et la publication des écrits publics sont les premières armes des despotes... Comment qualifier... la cons^ titution d'un État où le roi peut toujours faire la guerre à la nation sans que la nation puisse jamais être instruite de ses droits?... Qu'est-ce qu'une constitution où les satellites des despotes peuvent toujours séduire ou tromper une partie des citoyens» tandis qu'il n'est jamais permis à leurs compatriotes de les détromper?... Je n'ai d'autre intérêt que celui de la vérité... Puissé*je inspirer à des citoyens... le courage nécessaire pour apprendre à leurs compatriotes que chacun d'eux n'est en société que pour retirer de cette association son plus grand avantage, qu'un roi... n'est institué que par elle et pour elle, que tout souverain qui se dit tel par la grâce de II. i

Dira fffflaiiRiUe à ^qf«^ ewMfm\ \9% mm m fwppont 4e vergaft Ui mont A^OR^i-^ Wi*«««W homme n'a le droM 4'pppri«flP un Ml|f^ tHVUWP»*v que fe citoyen peut fit doit défeq^F^ ffA U^rté avec eouvage et fermeté. » Il fipw^t piir ci^W mots : « Oui» prince^ vûns âtoi aww fn^Hh^ur^Pf pour ne l'avoir jamais entendu; mvfi il cist Umv^ de Tap* prendre :

IL Où la liberté perd ses âmi^ U pe (r«k^vç la frontière de voire empire. »

Le ifonargue Au moment OU 00 Uvro, d'un style soqvent ia#ordeïSi, ^^^' manquant parfi»» d'ord» et d'^f^hamemeat

mai 1776. ' pe) quHl faisaît au?( passioiWt k^ Pfir'kwwt e^^ damnait un autre ouvrage, îo^pnm? AQSi^ €A Sunee, parce que l'auteur piéehvit, ^^ dim de Tavocat général Ség^ier, n )$i guerre civU^et b| v^geance contre \(a tyrans, et mettait W3 prAJ^ts wpguinaires dans la bouche de S, M, I . Joseph llj>.Qe livre, orné d'un long titre» ét^t d*un ar^siap ppligi^yx d^ Tordre de Saint-Qenûlt( Jl^af^uioai^ OQcto du pélèbriieon* ventioand), qui, après s*êlre converti au prote^t^mtime , éiteît devenu principf^ du pod^e d^ Afpudon (au çmto/Bi à» Yaud). Le prétexta 4h livre 4^^^ W) éloge de remper€|ur Joseph II, sou^ le n^i^ ^ ^owkr^ne ao^ complu % Généreux, ^n^ ostep.tatÎQq, ditsait^ih Que toute une nation élèvç des ^^atme^ ^ vn prince si di* gne...Que les poètes et leg qr^t^urç s'empressent de le oâéiureret de lui prodig^o^ ^e^r ^j(^n^| Ç^^)fi§ philofiotphas se h^ent d« lui offrir leurs iMomag^ i » Puis il s'adresspit directement à l'empereur : % Parr courant la Bolieme, là vous vîtes la misère traîner

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Le Monarque accompli. a

âC3 l^qibç^u^, la pàleuf y déceler le besplq ; là vous entendîtes 1^» cris de9 eu£apts qui 4aman(|iiiei)t du p$un à leur mère affamée, M E&t-ce donc ain^j, ^\smvous,.,, qwe Tpn traite ceux qui procurent Vabopdpncp dans un royaqmo! « . • 0 prodige ! ô trait à jamais mén)ora))le!... On vit pour la première foi3Surla ter^e UQ monarque puissant manger à \^ table des laboureurs, goûter à leurs mets, ^'associer à leurs travaux... C'est sous le chaume du laboureur, dans l'atelier des artisans,... qu'un prince apprend à devenir homiue et politique,... à estimer les forces d'une nation... Comment pourrait-il venir dans Tesprit d'un prince qui n'aurait jamais ^orti de la cour que IçS campagnes se dép()uplent à mesure que la capi* taleserçmplit?... Rois, souverains de la terre, qui vous per£|t^fic|e^ follement que vos peuple^ ont été qniquemwt créés pour voue».- ftue l'exemple d* ce prince, à qui j'ose offrir ce faible hommage, puisse ypus intéresser et vous attendrir... L^empereur sauve la vie à plusieurs milliers de protestants en Qangrie *ten Transylvanie. . , VotreMajesté est avertie à tampSt^He va conjurer l'orage, se jette aux pieds de l'ai^uste reine qui lui a donné le iour,^., lui faisant comprendre que le faux ^e i^t un tyrai) qui dépeuple les provinces, que la toléranpç pst que tendre mère qui Je? geigne et les fait fleurir... Il est plus commode, disiez- vous, de faire égorger les hommes que de les persuader ... les braves gens seront martyrs, les lâches seront hypocrites, les fenatiques de tous les partis seront des tigres déchaînés,.. L,a source des calamités du peuple vient de la dissipation des deniers publics... Peuples malheureux, pour

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iO UVhE PREMIER.

qui Ton forge des fers» . . • sachez au besoin extermiDel* vos tyrans ! Que ce soit désormais votre devise. Les rois trembleront devant vous, et vous ne tremblerex devant personne. Il est une époque qui devient nécessaire dans certains gouvernements, époque terrible, sanglante, mais le signal de la liberté : c'est de la guerre civile que je veux parler... La nation une fois avilie, le trône s'affaisse : tôt ou tard éclate une guerre civile qui déploie les talents les plus cachés, et crée les ressources les plus inattendues ; on voit des hommes extraordinaires s*élever et paraître dignes de commander à des hommes; c'est un remède affreux, il est vrai, mais, après la stupeur de l'État, après l'engourdissement des âmes, il est indispensable. La liberté seule enfante des miracles... Il faut opter, ou d'être heureux ou misérable ; détester l'esclavage, abhorrer la tyrannie; armer son bras, point de milieu, mourir avec gloire, ou mourir malheu^ reux et déshonoré. » Ce livre, qui portait, dans les dernières lignes que nous venons de citer, la sombre prophétie d'un avenir prochain, était d'un admirateur passionné de Rousseau. Il déclame, comme lui, contre le luxe, reproduit même textuellement, en se les appropriant, les exagérations les plus folles du maître '. Il parle de Tétat de nature de l'homme et de son état de société comme Rousseau, et affirme

< On lit, tonM I*', page 19 : « L'argent qui eireale entre tes mains des riches et des arlistes, poar fournir à leur superfloité, est perdu pour la subsistance du laboureur, et celui-ci n'a point d'habit, précisément parce qu'il fant du galon aux autres.... Les malades manquent de bouillon, parce qn*il faut du jus dans les cuisines des grands; le paysan boit de Teau, parce qu'il faut des liqueurs sur la table de riches ; tant de pauvres manquent de pain, parce qa*il faut de la poudre pour les chevelures. »

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LE MONARQUE ACCOMPLI. St

que a l'état de sauvage est préférable à celui des paysans. Le sauvage., n'a pas à craindre la prison, les impôtSi la vexation d'un seigneur et d'un délégué... Sans supérieur, sans servitude... il jouit du bonheur de l'égalité et de la liberté. i>

Ce livre, qui fut lu, reproduit presque toutes les idées qui fermentaient dans la société, et cette pas* sion pour l'égalité que Ton reproche encore aujourd'hui aux Français, comme si leur exagération n'était pas la conséqueno^î naturelle, et nous dirons presque obligée, de prétentions insensées et de refus humiliants. L'auteur, qui est un protestant convaincu, parle de la religion comme étant a la consolation la plus efficace dans les maux inséparables de la vie, le frein le plus sûr des passions, qui bouleverseraient tout si elles n'étaient retenues parla crainte d'un jugementplus inévitable que celui des hommes. > Il partage, comme ses contemporains et comme protestant, la haine des couvents, sans se rendre compte que des institutions de ce genre sont de tous les temps, de tous les pays, se produisent dans toutes les religions, et ne peuvent être condamnées que si elles naissent sous l'empire de la contrainte. Il réclame la liberté des cultes, il demande que les enterrements soient du ressort de la police et des lois civiles. Il flétrit la torture, qui est inutile, cruelle, et a est un sûr moyen de con* damner des innocents faibles et d'absoudre des scélérats robustes ». Il insiste sur la nécessité de l'éducation pour le peuple; il demande que « les sciences se répandent davantage et que tout le monde s'éclaire »; il propose un plan général d'éducation publique et imite, en parlant d'instruire lé peuple,

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n LIVRE PREMIER.

le fougueux autour de V Essai sur le despùPisme, qin s'adressait aux Français presque au même moment que lui ' .

Lo public Le public donnait non seulement son approbation

auteurs a CCS Iivres en les lisant, mais en protégeant de sa iTm^rstrau!^ sympatbic les auteurs poursuivis par les magistrats. ""^eu prii>n?'' Un livre qui, aU dire de Frédéric, était « une rapso* ayrii 1777. jjg informe M, remplie d'idées « chimériques, qu'on ne saurait pardonner qu'à un homme qui écrit dans Tivresse ^, faisait de son auteur un favori de la foule, parce que Touvrage, la Philosophie de la nature^ paru en 1769, était poursuivi lofs de sa seconde édition, en 1774. Condamné par le Ghâtelet au bannissement perpétuel, Delisle de éaies en appela au

* Mémoires biographiques y littéraires et politiques de Mirabeau, écrits pdr lui-même, par son père, son oncle et son fils adoptif, tome l, p. 358, 361 et suif., 363, 368; tome II, ^. 4, 9, 19', 38, m, 45, 48, 50, 5S, 85, tS8. — Mémoires secrets pour servir à la république des lettres,, tome EK» p. 100, 105, 106, 140, 144, 211. ~ La France sous Louis XF, tomçYI, p. 34S. *- Arehives nationales y K 1^4 : Lettre d'Albeftas, 30 juillet; ^e Marignatie, 28 nov. et 1% déc; du comte de Mirabeau, ^8 déc; de Seaec du âeilhan, 2d déc. 1773. Lettres du marquis de Mirabeau à La VrîIIière, 18 mars. Lettres de cachet, 25 mars. Lettre de Joanis, procfureur géitéfal d'Aix« 29 aoAt. Lettrle du marquis de Mirabeau k La triflière, 2 et U sept. 1774. Lettre de la marquise de Mirabeau au ministre, 25 Janvier. Ordre du roi de conduire lè comte de Mirabeau au château de Joux, 6 mm9 1776. -^ Essai sur te étéipùti»à%ej paf Gabrlél^-HoiiM^ ttiqaetii Mirabeau, p. 57, 58, 61, 62, 64, 65. 69. 72, 73, 75, 76, 77. 78. 79, 81 etsurv.,89, 98, 111, 112, 1Î4. 116, 117, t6Ô, 170, 263, 282, et suiv., 2ai« 291, 298; 305. FàH», 1192, iii-3'. ^ La France sâts Louis IF, tome lY» p, 256. «- Le Monarque accompli, ou prodigeis de borU^iy de savoir et àe sagesse qui font Véloge de É, M. Impériale Joseph /i, et qui ¥WiàétH cet dugum inôMtqàb si préHeu» e^4'hiMafiiïé/(i^^ih au tribunal de la raieQB p^ de réqulté» per M. de l^ivi^infris) pH'^H^^ ^ collège de Moudon. Lauzanne, W74, 3 vol. in-12, tome I, p. 1 et suiv., 9, lb'ë<»8uW.; iVfetiBdW.jM et étiîV., 65 ef 6Wt.,'*7ctôuiv:, 6§ ôl SUiV., 94 et MiW^^ 99-ele«Hi.^ t>90(.|;08|^ Hfà, m e^^ytiir., U^ H3, 146, l£S, 171 et suiv., 188 et suiv., 4l5, ^17, 221 et ^jiiv.^281, 28^, 3?0,, 419,, 472; totoéîI,>.4l,1î9,18l ■ . î . '. . , . I

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de I^afayeite.

LE MAftOmS DE LAFAYETTE. V3

Parlement, et sotiémprisonneHient fut célébré cosmie un martyre. Lecobcitergedela prison, éerit^cndisiBS un jôuma), d \Êfm délogé pdurluiy et rcrnofûHihetiUir l'ap^yàrtethèM avec magnificence? { i* •« dësempHt point de Visifi^ ; tdui^ les illustreB philbsophes et les femtiië»l«â|)l«l&âf6Uh^ùéëd du parti Vont été féMciler *; il lui arHVë dè9 Wùleanx de lôuià atoôrtymemenf. *

La i^ympathie pour la cause défendue par les AméH- ^^f^j;;'*'^^ ,^ cains étdt tine autre forme èous laquelle se faisaièfrit France pour la jotit* les volontés de la nation, « On m assilre, art uti Lemarqui» nmiveilisfe, que M. de Vergehnés a signé un traité entre la France et l'Espagne, fondé sur l'amour de la paix,.. La cause amértcaîfte a tant de parti?ah« et d'enthousiastes, même à Paris et dans les provinees maritimes, que, si ce traité elcîste, et abandonne les insurgents à la merci des Aftglalô, il en résultera une terrible fermentation dans bien des têtes françaises. »

Parmi teè jettnës hàâitaëÈ qu'avait ooftqufSr la grande! diftmer qUi se déb^liàil au delft de» imté, se irotl^ïft uA dflMer pot^taflt ^m des tioiWs îés phis ar}»M)c*àtî^è*. Le marqflfs de Lafayente, épris, èë& nm jëUhé â^, <led id^éfé de gloire «t et lUiërté, éHit «M^'^rfitëéir h Uél» qaiand y arfft» )e freine (W m rAhgf)ete«té^ le duo de Olôcedtert itr^ité ^d d^l* ûotMé pi9 le eommànâàntj kT comte de B^fQd, tAlkym étâi^m le pHfice aftgtate' pttr- 1er de )âf ééù\mXibtÈ 4^rndép€Mdft«ifc«d8S Atf^ieèfitis, âoM ir Yèitàït def reiMeK^ la iMnivellOi II iit qiietqiif^s q«eBti)an& Bu^éef ëvtéH6tneÀtvqi)iieMl«ii|)td«teft'lés faeutté«^:de Bùn ttmëi et H soirée m âTaehQvait' pas que stfTésdlutton de Classer éa kiàêt^è éMit^pils^.

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SI

Bataille de Brooklyn, 96a(>(itl776; Washington.

essaya de le dissuader. « J'ai vu mourir votre oncle dans la giierre d'Italie, lui dit-ii; j'étais présent à la mort de votre père à la bataille de Mindeq, et je ne veux pas contribuer à la ruine de la seule branche qui reste de la famille. » Mais toutes ses représentations furent vaines. Le comte de Broglie, sentant l'inébranlable résolution de TofRcier, lui promit le secret et le mit en relations avec le baron de Eolb, qui voulait, lui aussi, se consacrer à cette cause. Kolb, servant d'inter|>rète à Lafayette, le mena chez l'envoyé américain. <r En présentant à M. Dean ma figure à peine âgée de dix-neuf ans, écrit le jeune officier, je parlai plus de mon zèle que de mon expérience; mais je lui fis valoir le petit éclat de mon départ, et il signa l'arrangement. î>

Pendant que Lafayette entrevoyait de loin cette terre du nouveau monde où il aspirait d'aborder, il s'y passait les événements les plus graves.

Washington s'était porté avec toutes ses forces à New*York, que menaçaient les Anglais. Il avait retranché avec soin et garni d'artillerie tous les postes autour de la ville, et établi de la même manière une forte partie de ses troupes dans l'île Longue, aux environs de Brooklyn^ qui, par sa position en face de New-York, forme pour ainsi dire un (teg côtés de l'immense rade de cette cité maritime. Les Anglais, laissant la partie de la ville où setrouviaient les principales forces des Américains, conc^ntrièfeaat leur attaque »ir Tîle Loqgue, La) bataille, engagée avec vigueur par des troupes rqmpues à la di^cijïlUae, fut promptement décidée. Wasbkvgton, qui avait franchi le bras de cn^r^ pouM^ ua cri^e douleur m

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DÉFAITE) DB BROOKLYN. )t(

voyant la déroute des siens ; mais« sentant l'inipossibililé de ramener la fortune sous ses drapeaux, il se borna à présider à la retraite dans le camp de Brooklyn, laissant à New- York les troupes qui y étaient concentrées, et formaient les dernières ressources miUtaires de son pays. Entouré de soldats démoralisés par suite de leurs revers, exposé à une pluie diluvienne qui achevait d'écraser de fatigue ses troupes harassées, Washington, redoutait à chaque heure que le changement de direction du vent ne permit à la flotte anglaise de lui fermer tout espoir de retour vers la ville, quand, le 29 août, versdeux heures du matin, le vent, qui avait été jusqu'alors contraire à ses projets, changea, et un brouillard épais couvrit Tile Longue, tandis que le ciel s'éclaircissait sur New-York. Washington, qui avait présidé à rembarquement de ses troupes, leur fit quitter aussitôt le rivage, restant à terre jusqu'à ce que sa flottille fut en.0)ouvement, que le dernier homme fût embarqué et la dernière munition de guerre en sûreté. ]1 ramena ainsi neuf mille hommes avec leur artillerie, leurs bagages et leurs efl^ets de campement. Waslûngton une fois dans la ville, où il avait tenu à rétinir toutes ses forces, se trouva aux prises avec im danger him plus grand que celui qu*il pouvait redouter des Anglais. L'échec de Brooklyn avait découragé tous ces soldats de circonstance, eomm sous le nom de milices : l'enthousiasme qui s'emf^are aussi ptomptement de ces foules arqiées qu'il B^éteint, avait disparu pour hire place an plus entf m" découragement. Les soldats désertaient^ ceux qui; tenaieiit à r&oppilir leur engagemeni d'une

26 LIVRR PRBMIBR.

année attendaient avec impatience sa fin, évitant 4e sexposeî* anx dafigefs d€a eombatSi L'anfée^ affaiblie et incapable de plus en plus i'an eflM énergique^ semblait s'effondrer chaque jour et U subsister que par Tinfluertce de scn chef, qui, Unh jours maître de lui, réservait au Congrès le rédt de ses douleurs patriotiques et des datigers qu'il pré' voyait pour son pays. Il lui déclarait^ dans les tèr^ Mes tes plui& vife, qu'il détespéreràit de la liberté das Américains si Ton ne pouvait pas lui fortrnir deoeel^ dats qui n'abandonneraient pas \eittB drâpelrax m bout d'un engagement de courte durée.

La nouvelle de ce déëaeire, qui t>Mvalt jeter A rincertitude dans les décisions dès hommes <f 1^, mais tïon éteindre les affections (>opulaÉnes qainai»seiit du setltiment, et n^ont aucun rapport avec d'égmsles calculs, fut terrible. Elie an^ta le âé|^rt d'un vâissefâu qui devait n^ettre à la voife ^pmc céndttire des secours Mt Américains^ et jeta iià (el décéilràgeffleflt (iâftttli leurs p^riisànb» ^Déon donseilh à Lafayelte dé rèiWnéer à S6S pti^^^ të nnr* quis le rèftiéreia de sa franchise en ajoutent t a Toos n'ave;i v«r, Mon6ié¥ir, jUS(|u'ici^ (|U6 imâ tàk, il va peut-être devenir lïtile ^ j'tiehète un Mèitnentqtii pôrtémnosoffioiers; i\fm montrer âè ta' cmifianoe, et c'est dàftis lé ààtigét <^yétM k^tik^éfF^mlÊe fortd&e. i

Ad«iirabl(^ réponse, digne de ^ jefriiw^hôiaiiwqifti ai*si(i mériief , pendant tes (Jévl^éliei^ d^UAe^ tong'Qe via, q^'ofi répété* pout* lui «e^tyu^on^dlt'dë VHikieide Turg<Jt t « Tous les sewtiméntb iJOfl», lï<*lëè ethoftnétte,MdMéfë«aM ^ul4^br0fil »eil|)l«si<N^)M»|Altililif8,

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