LAFAYETTE A PARIS EN
blement des milices et isoler la ville, qui fut obligée de se rendre le 12 mai, après quarante jours de lutte. A peine entré dans Charlestown, Clinton fit rayonner ses troupes dans la Caroline pour y réqqir les royalistes qui y étaient nombreux, Cornwallis s'empara de George-Town et quand, au départ ije Clinton t>our New- York, il fut laissé à Charlestown avec cinq mille hommes de troupes, la Caroline du sud se trouvait soumise au roi d'Angleterre.
A ce moment Wasinghtoh impuissant, par suite de
la faiblesse de son armée, tenait ses troupes barra-
quées à Morristown dans le New- Jersey. L'oeil .fixé
silr New-York il écoutait les propositions qpi lui
étaient faites et assistait; sans pouvoir l'empêcher,
aux dévastations des Anglais qui incendiaient des
villes sans défense, comme New-Haven, Fairfield,
Norwalk. En correspondance avec Lafayette alors
en France, il faisait ressortir la nécessité d'une force
■ maritime pour vaincre des adversaires qui, grâce à »
' leurs vaisseaux, pouvaient porter leurs soldats sur
^ toutes les côtes.
^. Le marquis de Lafayette avait quitté l'Amérique ufayetto miem ^ pour ré venir en Europe le 11 janvier 1779, près eSuioSiMme ? d'une année avant le retour de d'Estaing à Brest, Il janîtermo ' revenait dans sa patrie recommandé au roi de France ^ par une délibération spéciale du congrès, apportant » Dine lettre deWasinghton. Il fut reçu avec enthousiasme à Paris. Découvert au fond d'une loge, à la représentation de l'opéra d'Iphigénie en Aulid^e, je parterre battit des mains, au moment où le;Çhœvir. chantait ces mots : Achille est couronné des mains de la Victoire; et une actrice, saisissant la pensée des
Lattre éê Mm
spectateurs^ attira au héros de la fête et à elle-même un redoublement de bravos, en lui offrant d'un geste la couronne de lauriers qu'elle tenait à la main. La cour fut aussi vivement émue que le public; la reine accorda plusieurs audiences à Tofficier américain, et copia même de sa main des vers de la pièce de Gaston et Bayard qu'on avait applaudis avec transport au Théâtre Français, en en faisant l'application à Lafayette.
Ne pouvant pas amener Maurepas et Necker à la conquête du Canada, Lafayette résolut, malgré la répugnance du Congrès américain et la défense qu'il en avait reçu, de solliciter un envoi de troupes françaises avec leurs officiers. Il insista sur la nécessité de secours pécuniaires et la présence d'une flotte puissante qui pût dominer la mer et permettre d'user des forces militaires que pouvait fournir TAmérique.
Les arguments de Lafayette étaient fortement appuyés parles envoyés américains, dont l'un d'eux, John Âdams, disait au ministre de la marine, dans une lettre où il résumait le résultat de plus d'une conversation : <k Le ministère britannique est tout a fait déterminé à continuer la guerre et à envoyer en Amérique de nouvelles troupes et de nouveaux
vaisseaux Sans une grande supériorité de forces
navales, New- York ne sera jamais prise... Beaucoup de gens, en Europe, ont été étonnés de l'inaction de l'armée américaine depuis deux ans, mais cet étonnement ne provient que d'un défaut de connaissance et d'attention. La véritable cause de cette inaction est que les Anglais se sont réfugiés dans les
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