LES FINANCES FRANÇAISES DE 1778 A
avoir réglé chaque chose de manière à éviter toute discussion future, Lafayette s'empressa d'aller reprendre son poste de général américain. Parti le 19 mars, il arriva le 27 avril à Boston. « Je suis ici, écrivit-il ce même jour à Whashington, demain nous allons à la ville, et après*demain je partirai pour rejoindre mon bien-aimé et révéré ami et général. »
Les acclamations de la population accourue sur le port saluèrent Lafayette,'qui fut conduit en triomphe chez le gouverneur Hancok. Whashington versa des larmes de joie à la réception de sa lettre. Les deux amis en présence s'entretinrent, après leurs pre- ,mières effusions, des événements arrivés depuis leur séparation. Whashington lui parla du délabrement de l'armée, de l'impossibilité de son recrutement faute d'argent; Lafayette lui raconta tout ce qu'il avait fait, et remplit de joie l'âme de son chef en lui annonçant les sacrifices pécuniaires obtenus des ministres de Versailles, et l'arrivée prochaine de troupes françaises * .
Quand Lafayette écrivait gaiement à Whashington, à propos de Targent qu'il sollicitait pour TAmérique
' Mémoires du général Lafayette, Paris, 1837, in-8; tome 1, p.î43, 249, 256 et suît., 310, 313, 321, 327 et sniv., 331, 449. — Histoire de la interre de l'Indépendance^ par Botta, tome UI, p. 526 et suit., 590 et MÎT.; tome IV, p. % et suiv., 17 et suiv., 28 et suiv. — History of the mpn of George the third by Baines, tome I, p. 278 et suit., 304 et suiv. -Mémoires militaires et historiques de Rochambeau. Paris, 1824, in-8; tome I, p. 241 et suiv. — Correspondance secrète publiée par Lescure, tome I, p. 458. — Mémoires secrets pour servir à l'histoire des lettres, tome XX, p. 71 . — Mémoires de M"* Campan, tome I, p. 234. — Archives du ministère de la marine (guerre d'Amérique, 1780). Lettre de John Adams à M. de SarUnes, 13 juillet 1780.
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(c je m'en suis bien occupé, et j*ai tellement insisté que le directeur général me craint comme le diable;» il ne faisait qu'exprimer la situation d'esprit dans laquelle devait se trouver Necker.
Mflnanees Le trésor public s'alimentait- par une succession 1778, 1779, 1780. d'cmprunts faits tantôt au nom de l'État, tantôt par les provinces pour le compte de l'État. Quatre millions de rentes viagères, à dix pour cent sur une seule tête et à huit et demi pour cent sur deux têtes, étaient créées au mois de novembre 1778. En 1779, il était émis encore cinq millions de rentes aux mêmes conditions. Les États de Languedoc, ceux de la Provence, de la Bourgogne fournissaient, par des emprunts, en 1778 et 1779, un capital de plus de quarante millions. Un emprunt fait à Gênes donnait six millions, et Necker avait lui-même versé deux millions dans les caisses de l'État, moyennant un intérêt de cinq pour cent. Le directeur général provoquait toutes les provinces à voter des dons gratuits : capitaux qu'on n'aurait au moins pas à rendre comme les cinq millions cinq cents mille livres acceptés de la nouvelle corporation des carrossiers, qui attestaient la voie déplorable dans laquelle l'administration s'était engagée, par le rétablissement des jurandes. Les cabaretiers, aubergistes, cafetiers et vendeurs de vins avaient été classés, lors de la résurrection des communautés/ de manière que les derniers, autorisés à fournir des tables et des sièges, n'avaient pas le droit de donner oc des comestibles sur plats et assiettes. » En 1780, le nombre des perruquiers-coiffeurs fut fixé à six cents, avec défense de faire' plus d'un apprenti tous les
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