LUTTES ENTRE LA NOBLESSE ET LE TIERS
trois ans. Necker s'apprêtait à organiser une corporation des bouchonniers, des paillassonniers, pour obtenir une finance de deux cents livres par tête, quand il fut arrêté par le Parlement. Les jeunes magistrats des Enquêtes dirent que Ton ferait tout aussi bien des bouchons et des paillassons sans donner 200 livres ; qu'il pourrait d'ailleurs y avoir quelque risque à interdire ce travail à ceux qui ne pourraient pas payer cette somme, parce qu'enfin il faut vivre. Cette même année, une loterie fournit trente-six millions à l'État. En ouvrant, au mois de février 1781, un nouvel emprunt de six millions en rentes viagères, Necker apprenait au public que les revenus de l'État dépassaient les « dépenses ordinaires de 27 millions , en y comprenant 17 millions appliqués à des remboursements ; » il ajoutait, en donnant ces chiffres que nous allons retrouver plus tard dans un autre document émanant de lui, « nous n'avons rien vu dans cet état de nos finances et dans le compte qui nous a été rendu qui exige du secret. Nous avons cru qu'en en permettant la publicité, il n'en pouvait résulter que des avantages. » En complétant cet emprunt par la création de trois autres millions de rentes viagères, Necker continuait à éclairer le public sur son administration financière. « La guerre, faisait-il dire au roi, entraîne de grandes dépenses. Nous avons vu que nous avions fourni de notre trésor royal, 150 millions en argent comptant, dans le cours de l'année dernière, en sus des fonds ordinaires... Nous ne pouvons pas nous flatter d'avoir moins à fournir cette année. » Necker était d'autant plus porté à faire ces sortes
Lotto à propM d'avances à l'opinion publique, que plus d'un faitrévéaoMMMcue lait chez elle uue agitation presquc permanente. La fcrteim^T^im! tentation des esprits avait éto aussi grande en Bretagne, en 1779, que les années précédentes. Les États* avaient voulu s'immiscer dans l'administration des villes de la province^ allant jusqu'à s'opposer à la perception des octrois municipaux, et la lutte entre le tiere-état et la noblesse, sur la répartition de l'impôt de la capitation, avait été tellement violente, que le ministre se rendit l'interprète des plaintes du président de la noblesse auprès de celui du tiers^ pour que les discussions eussent lieu c avec la décence et la modération convenables. :» La ridicule prétention soutenue par le gouvernement à propos de la nomination des députés à envoyer à la cour et à la Chambre des comptes, se renouvela en 1779. Le roi persista à vouloir faire investir, par un vote des États, les personnages designés parle gouverneur général de la province, et les Etats continuèrent à affirmer que le droit d'élire entraînait celui de choisir. « Votre ordre, écrivit le ministre au président de l'ordre de la noblesse (de Boisgelin), ne fait pas assez attention que l'arrêt du 1* mars 1777 (celui qui annulait la nomination des députés de la noblesse et du tiers non récommandés par le gouverneur général de la province) ne porte point atteinte au droit que réclament les États de nommer leurs députés. Il ne prononce que provisoirement sur une possession constante, ancienne et qui, en la supposant abusive, ne leur laissait que la voie de recourir à la justice de Sa Majesté, et non celle de se la faire eux-mêmes. » Sa Majesté^ mandait le ministre au marquis d'Aube-
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