‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 116 sur 177 · LK CLKRGÉ ET LA PRESSE. 3S'J · texte numérisé non relu

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le plus noble de tous les arts dans les bornes d'une généreuse mais sage liberté. » Plusieurs raisons justifient la publication d'une ordonnance nouvelle a aux termes des ordonnances les plus récentes, la peine de mort a été prononcée contre ceux qui seraient convaincus d'avoir composé, imprimé ou répandu des écrits tendant à attaquer la religion, . . Nos entrailles paternelles frémissent à la vue de ces dispositions rigoureuses... Le glaive suspendu sur la tête des délinquants, nous force à dissimuler les infractions les plus caractérisées... Une législation moins sévère et mieux exécutée opposerait sans doute des barrières plus insurmontables. Et quel spectacle plus capable d'inspirer un remord salutaire à ces écrivains passionnés... que celui de l'Église de France... suppliant avec les plus vives instances le législateur d'adoucir la rigueur des peines décernées à ses plus cruels ennemis ! » Il concluait à des répressions qui, se graduant, finiraient en cas de récidive par une détention perpétuelle, il demandait que le censeur d'un manuscrit soit tenu , à peine de perdre sa place, de renvoyer tout passage ayant trait à la religion, à l'examinateur spécial des matières religieuses et théologiques. Il demandait que les imprimeurs fussent aussi sévèrement traités que les auteurs, qu'ils fussent condamnés à Tamende, à l'interdiction, à la perte de leur profession et que leur boutique put être « murée avec appareil ». Quant à la profession de colporteur elle semblait devoir être supprimée ou tout au moins soumise à un règlement très sévère. Les livres et gravures devaient être surveillés par les prêtres de l'or-

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Le clergé

et rtDstruction

pnbliqne.

Piété dei ministres de

Louis XYI et libertinage

de certains prélats.

dinairc ou des inspecteurs ecclédastiques ou les évêques.

Quelques jours après rarchevêque d'Arles annonçait qu'il était allé avec Tévêque de Nevers et les abbés Bridelle et Chevreuil, conférer avec le garde des sceaux sur les mesures à prendre contre les livres impies ou licentieux. Miromesnil leur avait promis de s'occuper de cet objet et de seconder « les vues de sagesse, de prudence et de bien public qui unissaient l'assemblée. 3>

A la suite de la sollicitation de cette mainmise sur les pensées individuelles, le clergé convaincu, comme ses adversaires du reste, que les tendances intellectuelles des agglomérations humaines sont, comme les eaux des fleuves, plus ou moins pures, suivant leur point d'origine et qu'il suffit de saisir la source pour les régler à sa guise, se plaignait que des ql mains étrangères » se soient emparées de la culture de la jeunesse. Les membres de l'assemblée exprimèrent le regret de se voir ce dépouillés d'un droit inhérent à leur qualité de pasteurs. y> S'isolant, une fois réunis, des passions qu'individuellement ils partageaient souvent avec la foule, les chefs du clergé oubliaient que les Jésuites avaient été frappés en partie par les élèves qu'ils avaient formés, et a rappelaient le souvenir de cette société célèbre dont le sort, disaient-ils, a si justement excité les regrets. »

Les nouvellistes traitaient avec dédain ces instituteurs des peuples, raillant à la fois leurs personnes et leurs enseignements. « M. le comte de Maurepas, lisait-on , au même moment , dans un journal ré-

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