‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 125 sur 177 · NECKER ET SARTINES · texte numérisé non relu

NECKER ET SARTINES

Votre Majesté m'ordonnerait-Elle de charger son ambassadeur d'exciter et d'accéler cette même tendance? Je ne suis pas inquiet que le comte de Montmorin s'acquitte de cette commission véritablement difficile et extrêmement délicate, avec autant de prudence que de dextérité. Mais l'aveu fait à TEspagne que nous avons besoin de la paix, et que nous nous reposons sur elle du soin de nous la procurer, il n'est persotane, Sire, qui puisse répondre des suites et assurer Votre Majesté que Tintérêt de sa réputation et de sa gloire ne sera pas compromis, je ne parle que de celui-là. Sire, parce que tous les autres ne sont rien en comparaison.

« Je supplie Votre Majesté de vouloir bien prendre en considération ce que je lui expose et même de consulter M. le comte de Maurepas. Si le résultat de la délibération est pour la démarche à faire en Espagne, je supplie Votre Majesté de m*en donner Tordre par écrit. Les circonstances qui ont nécessité des partis malheureux s'effacent et s'oublient bien vite, mais les fôcbeux effets qui en résultent deviennent plus sensibles à mesure qu'ils s'éloignent de la cause qui les a produits. y>

Necker, obligé de supporter le mauvais vou- wecker loir de Maurepas, qui affaiblissait sa situation vis- ^den^lir à- vis du roi, de déférer aux prétentions des princes frères du roi qui, non seulement assaillaient le Trésor de leurs demandes, mais donnaient aux grands l'exemple des privilèges d'exemption d'impôt, en faisant déclarer que les revenus de leurs biens d'apanage ne seraient pas chargés d'acquitter les vingtièmes, Necker était de plus contraint à une

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lutte incessante avec le ministre de la marine qui laissait s'établir dans son administration un désordre croissant avec la continuation de la guerre. Il avait plus d'une fois été embarrassé de dépenses faites à son insu par Sartines, que la faiblesse du prennier ministre ou du roi avaient approuvées; quand» en vérifiant les comptes, il s'aperçut que la marine avait dépassé de dix-^sept millions les crédits qui lui avaient été réservés. « J'ai accordé, écrivit-il au roi, ^cent dix millions pour les dépenses ordinaires de la marine et seize millions pour les extraordinaires» ces ordres ont été excédés de dix-sept millions. Les dépenses de la marine sont incalculables et moi je suis obligé de calculer ; je n'y puis plus tenir. »

Il allait probablement être forcé de conserver ce collègue dangereux, ou de renoncera des fonctions impossibles à remplir, quand une intrigue singulière vint lui prêter secours.

Cabale de cour. II cxlstait dcpuis longtcmps à la cour une cabale 4)00101^ rohiutre contrc Ic miulstrc de la guerre. Elle voulait son éloi- 14 mÛ>^778o. gnementy non pas à cause de son incapacité^ de ses concussions et de ses mauvaises mœurs, mais parce que M""* de Ségur convoitait sa place pour son mari, et que Besenval joignait à son amitié pour le comte le désir de venger les officiers non désignés par Montbarrey, lors du projet d'une descente en Angleterre. M°** de Polignac chargée par ses amis de convaincre la reine, amena facilement cette princesse à leurs idées, a Ce n'était qu'un premier pas, nous dit Besenval, et certainement le moins difficile. Le roi n'était pas non plus fort embarrassant; mais il y avait M"' de Maurepas qui avait poussé

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