‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 127 sur 177 · UNE RÉFORME ET UN ÉLOGE PAR MONTBARREY · texte numérisé non relu

UNE RÉFORME ET UN ÉLOGE PAR MONTBARREY

manières de choisir les administrateurs d'un grand pays, « surprise du discours de M°** de Polignac, du ton noble et froid dont elle l'avait tenu..., se radoucit, et chercha à réparer ce qu'elle venait de faire... Mais M"* de Polignac demeura inébranlable et il se passa une scène étrange. Marie- Antoinette en larmes se jeta aux genoux de sa favorite pour la conjurer de lui pardonner. M»*» de Polignac laissa couler ses pleurs à son tour, serra la reine dans ses bras, et tout se termina par une union, plus étroite et une résolution plus forte que jamais de la part de la reine de protéger M. de Ségur \

Pendant la durée de ces intrigues, Montbarrey, Le. projeta

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impressionne comme le public, de lespece de pnncede désarroi qui se glissait dans toutes les adminis- étrange S^V et trations, faisait ses plans de réformes pour rétablir la splendeur de l'État. Ce plan très anodin et peu original consistait à faire une liste de toutes les fonctions rétribuées et inutiles et à conseiller au roi de les supprimer à la mort de chacun des titulaires, a Je ne me dissimulai pas, dit-il, que je me

* Nous croyons nécessaire pour' affirmer Tespèce de dépendance de la reine vis-à-vis de la duchesse de Polignac que nous raconte Besenval, de ciier le fait suivant rapporté par le comte de La Mark. (Cerrespondance entre le comte de Mirabeau et le comte de La Mark, tome 1, Introduction pages 57 et 58. Fragment des mémoires du comte de La Mark cité par l'éditeur.) « La reine se hasarda une fois à exprimer à M*"* de Polignac la déplaisance que lui inspiraient plusieurs personnes qu'elle rencontrait chez elle. M"^ de Polignac soumise à ceux qui la dominaient et malgré sa douceur habituelle, n'eut pas honte de répondre k la reine : Je pense que parce que Votre Majesté veut bien venir dans mon salon, ce n'est pas un« raison pour qu*Etle prétende en exclure mes amis. Ceci m'a été raconté en 1790, par la reine elle-même qui ajouta : Je n'en veux pas pour cela «à M*"* de Polignac; dans le fond, elle est bonne et elle m'aime; mars ses alentours l'avaient subjuguée.

étrange aveu.

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préparais un nombre infini d'ennemis. . . Je me déter ^ minai enfin à mes risques et périls et, sans en prévenir M. de MaurepaSy je demandai une audience particulière à Sa Majesté. • . Après un court exposé je lui lus mon mémoire qu'Ëlle parut approuver... Je ne dos pas lui taire que mon plan pouvait produire le plus grand mécontentement... Le roi me donna sa parole qu'il me garderait le secret. y> Le roi lui garda tellement le secret, qu'il laissa remplir comme à l'ordinaire les emplois qui venaient à vaquer, mais il eut un moment de résistance pour la nomination d'un emploi important. Montbarrey en conclut que cette volonté extraordinaire dans Louis XVI l'ayant fait soupçonner comme l'auteur d'un plan que voudrait suivre le roi, lui aliéna Maurepas a qui lui sut mauvais gré du secret qu'il lui avait fait, et que son amour-propre fut blessé de ce qu'il avait traité avec le roi d'un objet aussi important sans son intervention. »

L'éloge du roi qui ce pour son malheur et, à la honte de son siècle vivant dans un temps de corruption si générale, que même d'honnêtes gens... n'étaient pas assez justes pour rendre à sa vertu simple et modeste le tribut d'hommages qui lui était dû, » réloge du roi, dans la bouche de ce ministre, devient presqu'une injure quand, à quelques pages de là, ce père de famille écrit, à propos d'une maîtresse, en décrivant les mesures qu'il prit en quittant le ministère : « Ma position étant changée, et ne tenant absolument que physiquement à la personne que je m'étais donnée, je rompis ce commerce honnêtement et libéralement... Ma rupture fut

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