‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 133 sur 177 · CRITIQUES DU COMPTE RENDU · texte numérisé non relu

CRITIQUES DU COMPTE RENDU

il est facile de voir que Necker a saisi les vices de la législation ; qu'il comprend à la fois les difficultés des réformes et la légitimité des plaintes qui se font entendre de toutes parts ; il reprend le mot de Turgot sur les corvées, en affirmant « qu'en dernièrç analyse, cette question n'est qu'un débat entre les pauvres et les riches. »

, Plus de six mille exemplaires du coinpte rendu furent enlevés le jour même où il parut; et deux imprimeries, fonctionnant à Paris., jour et nuit, eurent peine à suffire aux demandes qui arrivaient des provinces et des pays étrangers où cette brochure recevait, en Hollande, l'honueur d'une traduction en plusieurs langues.

Avez-vous lu le Conte bleu ? disait Maurepas, d'un critiques raites air goguenard, en faisant allusion à la couverture du compte^nda. livre. Cette plaisanterie fut prise comme titre d'une brochure critique, émanée du comte de Lauraguais, grand seigneur, autrefois très riche, qui s'était ruiné en filles et en chevaux, disaient les journaux. Le fermier-général, Augeard, venait lire au premier ministre des écrits de sa façon, comme la Lettre d*un amij les Pourquoi, et encourageait avec son approbation les attaques de Galonné ; cet homme qui, au dire d'Augeard, <c flairait depuis longtemps le Contrôle général... le département le plus convoité par les fripons 2> ; cet homme qui devait oc à Dieu, au diable et aux hommes, et pour payer ses dettes ne connaissait de ressources que le Contrôle ou le pistolet. »

Galonné publia les Comment j une Lettre du mar'^ ^ quis de Caraccioli à d'Alembert, s'efforçant de ren-

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verser le titulaire d'une place qn'il convoitait et d'obtenir l'appui de Maurepas par une cour assidue. Les injures sur le caractère de Necker, le rappel des emprunts qu'il a fait forment le fond de ses écrits. Profitant de la publication du mémoire sur les administrations provinciales, livré par un des frères du roi en haine du directeur général, Augeard s'efforça d'.exciter le Parlement contre celui qu'il appelle un imitateur de Maupeou.

DennndaffutM Neckcr, qui était à la fois fier de l'effet qu'il avait ^ roi. ^ produit et blessé des. attaques injustes et violentes de ses adversaires, voulut obtenir, suivant l'usage da temps, la suppression de ces écrits et la punition de leurs auteurs. A cette preuve de puissance qu'il réclamait, non seulement comme due à ses services, mais comme nécessaire à la réussite de ses desseins ; il demanda au roi d'ajouter sa nomination comme ministre d'État assistant à ses conseils, avec voix délibérative, et réclama le droit de l'entretenir, une fois par semaine, des choses et des personnes.

Pouvait-il faire autrement en présence d'un premier ministre dont la malveillance à son égard était patente, et en présence du Parlement qui refusait d'enregistrer l'édit instituant une assemblée provinciale à Moulins, et décidait des remontrances contre de pareilles créations administratives. Concevoir un directeur des finances éloigné des conseils où se décident les dépenses des différents ministères ; concevoir un directeur des finances qui ne peut pas entretenir sans témoins celui qui distribue, d'une manière souveraine, les revenus d'un État, et lui faire part des résultats de ses travaux et

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