RENVOI DE NECKER. M
de ses observations paraîtrait, à notre époque, le comble de la déraison.
Il se produisît une appréciation toute contraire, si MAoîère
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nous en croyons 1 abbe Georgel qui, appuyant sur le appréciée». travail particulier que Necker réclamait avec le roi, nous présente Maurepas s'efforçant de « ramener cet esprit égaré par l'intime conviction qu'on ne pouvait plus se passer de lui, » et de lui faire comprendre € rimpossibilité absolue de revêtir un protestant du titre de ministre d'État, sans fouler aux pieds des lois aussi anciennes que la monarchie. Quant « au travail isolé et secret avec le roi, disait Maurepas, toujours d'après Georgel, pour y parler des choses et des personnes, c'est une voie trop assurée de prépondérance et de domination dans le ministère, qui finirait par mettre tous les autres ministres dans votre dépendance, » Georgel, continuant son récit, affirme que l'orgueil et l'obstination de Necker finirent par lasser Maurepas, et que ce premier ministre rendant à Necker le mémoire qu'il le priait de remettre au roi, se serait écrié : «Eh bien, Monsieur, puisque vous ne voulez pas écouter mes conseils, présentez vousmême ce mémoire à l'issue de votre premier travail. » Georgel prétend savoir que le roi, enfermé avec Maurepas pour lire l'écrit de Necker, se serait écrié : « L'ingrat, me parler tête à tête des choses et des personnes. Quelles sont donc ses vues? Je veux que ce vilain homme soit chassé. »
Que ce récit de Georgel pèche dans des détails Aqonepnbwc qu'il a arrangés plutôt qu'il n'a pu les connaître, c'est mtoi de Necker. probable; mais le fait important qu'il constate c'est celui des causes de la démission de Necker. Tous
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m LIVRE TROISIÈME.
les nouvellistes annoncèrent à la nation que c'était Madame de Polignac, et par .conséquent la reine» qui éloignait le directeur général des finances. Le parti du comte de Maurepas se félicita de ce renvoi ^ en traitant Necker d'ingrat envers son bienfaiteur.
AbAiBsement Quo peuvcut devenir Thonneur et la dignité d'une
oootion Ayaie. fouctiou royalc aiusi bafouée dans un pareil débat? Que pouvait en penser Necker lui-même, s'il eût logiquement déduit les conséquences de ce qu'il écrit quelques années après, quand il raconte ainsi cette époque de sa vie: « Je me rappelle encore cet obscur et long escalier de M. de Maurepas que je montais avec crainte et mélancolie, incertain du succès auprès de lui d'une idée nouvelle dont j'étais occupé, et qui tendait le plus souvent à obtenir un accroissement de revenu pour quelque opération juste mais sévère.... je me souviens de tous les ménagements dont j'avais besoin pour réussir.... je me souviens encore de l'espèce de pudeur dont j'étais embarrassé lorsque je me hasardais à lui présenter quelques-unes des grandes idées morales dont mon cœur était animé...: je trouvais auprès du Roi plus de courage : jeune et vertueux il pouvait tout entendre; la reine aussi m'écoutait favorablement; mais autour de leurs Majestés, mais à la cour, à la ville, à combien d'inimitiés et de haines ne me suis-je pas exposé? C'était à tous les genres de crédit et de pouvoir que je devais opposer de la fer-
, . . . , meté, c'était avec toutes les facUons de l'intérêt particulier que j'avais à combattre. »
Passion dn public Le public instruit des intrigues qui avaient lieu à
^^^Nelkêr/^ Versailles avait pris parti pour Necker^ et les passions
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