‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 139 sur 177 · LES AMIRAUX GUICHEN ET RODNEY · texte numérisé non relu

LES AMIRAUX GUICHEN ET RODNEY

un instant» le général donna des ordres pour rassembler les troupes qu'Arnold avait dispersées. L'armée eut ordre d'être prête à marcher au premier signal, et des messagers envoyés à tous les États de l'Union et au chef des troupes françaises, les avertirent de révénement qui venait d'avoir lieu.

oc La Providence est avec nous, répondit Rochambeau à Lafayette; cette entrevue si intéressante, que j'ai tant désirée et qui m'a fait tant de plaisir, est couronnée par un coup du ciel. »

L'Amérique avait grandement besoin de cette as- combats du

^ ^ comte de Gmchen

sistance de la Providence, car sa situation était des arec ramirai plus graves. La France avait bien envoyé, sous le com- avni et mai 1780. mandement du comte deGuichen, une flotte de seize vaisseaux, qui était partie de Brest à la fin de février, convoyant une flottille de bâtiments marchands; mais sa venue n'avait donné en fait aucun appui aux alliés de la France. Guichen trouvant à la Martinique sept vaisseaux, sous les ordres de de Grasse, les avait adjoint à ses forces ; et, après avoir expédié les bâtiments marchands à Saint-Domingue, s'était mis à la recherche des Anglais. Le 17 avril, l'amiral Rodney combattait les Français. Le 15 mai, les deux flottes

comte de Ségur, 1824, in-8, tome I, p. 318 et suiv.— Complota' Arnold et de sir Henri Clinton contre les États-Unis et contre te général Washington, Pari», 1826, in-8, sans nom d'auteur (récrivain a été témoin et acteur dans la grande lutte dont il raconte un des épisodes, comme il le dit pages 57 et 111), p. 19 et suiv., 30 et suiv., 33 et suiv., 38 et suiv., 48 et suiv., 53 et suiv., 55 et suiv., 68 et suiv, 70 et suiv., 75 et suiv., 84 et suiv., 87 et suiv., 91 et suiv., 97 et suiv., 100 et suiv., 106 et suiv., 111 et suiv., 114 et suiv., 117 et suiv., 123 et suiv., 125 et suiv., 128 et suiv., 131 et suiv. — ilémoires de Lafayette^ tome î, p. 321, 346 et suiv. — Mémoires militaires j historiques et politiques de Rochambeau. Paris, 1824, in-8, tome î, p. 150 et suiv., 253 et suiv , 2G1 et suiv., 367 et suiv.

Googk

se trouvaient encore aux prises, et le 19 mai, échangeaient de nouveau des boulets pendant une heure. Quels furent les vainqueurs dans ces rencontres successives à des intervalles si courts? Il serait difficile de l'affirmer devant le dire des combattants. Les Anglais soutinrent que les Français s'étaient engagés malgré eux^ ce que nièrent leurs adversaires, qui affirmaient que Rodney avait plus de morts et de blessés qu'il ne voulait en convenir. Le résultat certain de ces luttes était que huit officiers avaient perdu la vie, parmi lesquels se trouvait le fils de Guichen; qu'il y avait eu seize cents marins tant tués que blessés, et que vingt-trois vaisseaux de ligne, cinq frégates et trois corvettes ou cutters, portant plus de cinq mille hommes, et plus de dix-huit cents pièces de canon n'avaient pas réussi à opérer une attaque utile sur une des Antilles anglaises.

Apparition de Peu dcjours après, arrivait aux îles l'amiral Sola-

l'amiral Solano; , i i 4

Guichen retourne uo, parti d Espagnc avcc douze vaisseaux de haut et Rodney se bord ct plusicurs frégatcs. Uni à Guichen, les deux flottes devaient dominer les Anglais, mais les Espagnols voulaient attaquer la Jamaïque et les Français Sainte-Lucie et les îles du voisinage. Ce dissentiment des amiraux permit à Rodney, un moment effrayé de cette accumulation de forces ennemies, de courir au-devant d'un renfort qui venait d'Angleterre, de pourvoir avec lui à la défense de la Jamaïque et de se retirer à Sainte-Lucie avec le reste de ses navires el de ses soldats. Peu de temps après, ayant appris le départ de Solano pour la Havane et de Guichen pour l'Europe, avec quatorze vaisseaux, Rodney courut à New-York avec dix de ses bâtiments, et entra dans

Googk

Page 1