‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 14 sur 177 · L'EMPEREUR JOSEPH A PARIS · texte numérisé non relu

L'EMPEREUR JOSEPH A PARIS

décidées 3». a Je ne crains pas trop, avait répondu cette mère, sans illusion sur ses enfants, que l'Empereur fasse des reproches bien forts à ma fille. Il aime à plaire et à briller ; il ne sera probablement non plus insensible aux témoignages d*amitié de ma fille, accompagnés surtout' des grâces d'un extérieur avantageux :»•

Joseph ne fut pas seulement enchanté de l'ac- JvgemeDt porté cueil que lui fit une jolie femme, u sentit dans sa reine et i« roi. sœur un cœur sincère» plein des sentiments afl'ec-* tueux qui font à la fois le charme et la puissance de son sexe. II démêla bien vite, dans les naïfs épanchements de Marie-Antoinette, combien elle avait été calomniée et l'espèce de désespoir irréfléchi et de besoin de s'étourdir que produisait dans son âme une union où elle ne trouvait ni appui, ni guide dans son époux , ni même jusqu'alors un de ces espoirs de maternité qui rendent les femmes susceptibles de tous les sacrifices et de tous les dévouements. <t Elle est aimable et charmante, écrivait Joseph à son frère Léopold,... sa vertu est intacte; elle est même austère, par caractère plus que par raisonnement;.. • c'est une honnête femme, un peu jeune, peu réfléchie, mais qui a un fond d'honnêteté et de vertu dans sa situation vraiment respectable, avec cela de l'esprit et une justesse de pénétration qui m'a souvent étonné. Son premier mouvement est toujours le vrai. ]> Il complétait ce portrait par celui du roi en disant de sa sœur : « Sa situation avec le roi est singulière ;... cet homme est un peu faible, mais point imbécile* Il a des notions, il a du jugemrat, mais c'est une apathie de corps comme d'esprit U fait

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46 UVIIE PREMIER.

des eonversatkmfi raisonnables, il n'a ancun goût de s'instmire ni euriosité ; enfin le fiât lux n'est pas venu : la matière est encore en globe. j> i<^v^jusc\vné L'empereur passait ses journées à visiter les difle-

par les Parisiens; *^ ■ ^

sa conduite reiits monuments ou établiss^ofients de Paris, cherchant à conserver l'incognito qu'il avait choisi, tout en ne regrettant pas les ovations que lui attiraient à la fois ses manières simples et éloignées du faste, et les propos qu'il semble avoir tenus en vue d'une popularité dont il était avide. Son abord facile fut, dès le premier jour, fêté par des vers.

Magnanime, hunain, vertteax, En trouvant «on banheur à Caire des beureuit

Mamoan un jour conçut l'envie

De voyager : il ent la fantaisie

JDp rester parloul ineonnaj Il croyait le pouvoir : seule erreur de sa vie ;

On le nomma, sitôt qu'il eut paru,

La douse e( nobie oMestie

Et le h^ros de la vertu.

Le peuple lui sut gré de sa visite à l'Hôtel-Bieu et de h surprise douloureuse que lui inspira la vue de plusieurs malades reposant dans le même lit. 11 flatta les magistrats em exprimant un vague bl&me sur le chancelier Maupeou elsur Tabbé Terrai, et répara avec esprit une maladresse de son frère Maximilien. L'empereur, aventi que l'archiduc n'avait pas accepté les œuvres de Suffon, en disant à Fauteur qu'il ne Voulait pas l'en priver, abordîa le savant en les rédamant comme ^es livres oubliés parce prince. Son refus, en visitant le trésor de Notre-Dame, de voir les reliques sons le prétexte qu'il en avait assez vu, fut autant remarqué que l'affectation qu'il mita atten-

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