‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 15 sur 177 · L'EMPEREUR JOSEPH A PARIS · texte numérisé non relu

L'EMPEREUR JOSEPH A PARIS

dre Fheure du lever du roi dans la galerie de VersaiHes» en disant aux courtisans empressés autour de lui qu'il allait être pris pour un favori. Son amour de popularité Tentratna à des propos trop remarqués dans sa bouchelorsque, invité à jouer chez la duchesse de Chartres, il déclamçi contre une semblable distraction, disant qu'il s abstenait de ce plaisir dispendieux, qui ne conduisait qu'à gagner ou à perdre l'argent de ses sujets. Il passa de cette critique, qui s'adressait aux habitudes de la reine, à un blâme de celles du roi, en affirmant que la passion de la chasse n'était pas moins funeste que celle du jeu, et poussait souvent un souverain à des injustices. Les auditeurs répétaient ces discours, dans lesquels Jbseph semblait se complaire, et les nouvellistes charmés préconisaient l'empereur.

Plus il se fait connaître, écrivait l'un d'eux, « plus il se fait aimer et adorer. Il a détruit facilement le préjugé répandu qu'il n'était qu'une copie du roi de Prusse. C'est un prince fait pour penser et agir d'après lui-même, qui, à la noble simplicité de Charles Xll et de Frédéric, joint un esprit d'équité, de modération et d'humanité que ces monarques n'ont pas toujours montré ;... ildéveloppe sans faste une façon de penser uniforme, pleine de principes et vraiment philosophique. » Joseph fut en un instant le héros du jour; et la foule qui s'amassait souvent devant l'hôtel de Mercy, ne se contentait pas de . racclamer lorsque par hasard elle le reconnaissait, mais, avec sa finesse d'è-propos, accentuait dans toutes les occasions les causes de sa sympathie. x4insi, la première foîs (pi'it parut m Thëât^e-Pran-

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çais» les regards des spectateurs se tournèrent vers lui, et des applaudissements partirent de toutes parts quand l'acteur, qui représentait Socrate dans la tragédie de Voltaire, dit, en parlant de Laïus :

Ce roi, plus grand que sa fortune.

Dédaignait comme vous une pompe importune; On ne voyait jamais marcher devant son char D*un bataillon nombrenx le fostuenx rempart.; Au milieu dés sujets soumis à sa puissance, Gomme il était sans crainte, il était sans défense.

coDTersation . Si Joscph satisfâisait sa curiosité et son désir

***iierey sûr^ d'apprcndrc, qui était sincère, il n'oubliait pas un

Maiie-Antoinette. jjjg^g^jjj quc la causc pHncipalc d.e son voyage avait

été le désir de voir la reine et de lui être utile. Il parlait continuellement de Marie-Antoinette avec Mercy ; et cet observateur à la ifois sensé et dévoué lui dévoilait avec franchise les difficultés qui se rencontrent, comme cela arrive souvent dans la vie commune, en une union mal assortie. La cause de Tascendant de la reine, lui disait-il, vient de ce que le roi oc se glorifie des charmes et des qualités de la reine,, qu'il l'aime autant qu'il est capable d'aimer, ma^ qu'il la craint au moins autant qu'il l'aime ». Puis, passant à l'étude du caractère des. princes de la mai*' son de Bourbon, il observait qu'ils ne oc sont tenus que par l'habitude, et surtout par celle qui les accoutume à parler d'afi'aires ». Toujours préoccupé de la situation à prendre par la reine, il se plaignait de ce qu'elle « négligeait trop son époux et l'intimidait souvent », de ce qu'elle lui faisait sans cesse « des petites demandes qui, par la frivolité de leur objet, deviennent des importunités ^ souvent des injustices ». Il lui parlait de ses fan-

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taisies, de son goût pour les diamants, de ses dettes, de sa passion du jeu, des dangers de son entourage, et concluait, après ces observations, sur « la nécessité pour la reine de songer avec le temps de former un ministère qui lui soit dévoué s>, ajoutant que, pour arriver à ce résultat, il lui fallait <c apprendre à connaître ses sujets i>y ce qui était difficile avec là société des personnes qui l'approchaient. L'empereur put vérifier par lui-même une partie des dires de son ambassadeur, en allant avec la reine chez M'"'' de Guémenée, où il fut <k choqué du mauvais ton de rassemblée,... des reproches faits en pr&ence de la reine à JA^* de Guémenée sur sa façon suspecte déjouer }D. C'est un vrai tripot que cette maison, dit-il à sa sœur en en sortant ; et lorsqu'il apprit que la reine y était revenue après son départ, vers les minuit, il exprima à Mercy sa mortification et conclut à une obstination décourageante.

Le lendemain de cette soirée, laissé seul avec le roi coDTerwuon

, . . . . . , 1 ,r de Joseph

par Marie-Antomette, ce pnnce entretmt Joseph II «toc Louis xvi. avec bonhomie de sa situation comme époux, c de son chagrin de n'avoir pas d'enfant 2>, entrant dans les détails les plus circonstanciés ce sur son état physique j>f et demandant des conseils à son beau- frère. Confidence singulière après sept années de mariage, qu'il répéta quelques jours après en accentuant sur son ardent désir d'avoir une famille et ce sur les circonstances importantes attachées à ce bonheur ». Sa laissant aller à sa nature affectueuse et confiante, à sa tendresse pour la reine, il fut si expansif que Joseph dit à Mercy : « Si je m'y étais prêté, le roi m'aurait montré ses papiers et tout ce que j'aurais

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