‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 147 sur 177 · NAISSANCE D'UN DAUPHIN · texte numérisé non relu

NAISSANCE D'UN DAUPHIN

six jours après sa naissance, une Histoire du Théâtre français. La mode se mit de la partie en substituant à la croix d'or que les femmes portaient au cou des médaillons représentant le dauphin et en intercalant, au centre de la rosette de leurs souliers, son image surmontée des mots en lettres d'or : Vive le roi, vive la reine, vive monseigneur le dauphin. Des Te Deum furent chantés dans toutes les provinces, des félicitations arrivèrent de tous les parlements, de tous les corps de métiers. Le chapitre de la cathédrale de Monde fonda une messe annuelle en commémoration de ce grand événement, et les francsmaçons de Sens, sollicitèrent du ministre la permission d'exprimer leur joie en commandant un Te Deum. Les élus des États généraux de Bourgogne décidèrent qu'il serait frappé cent médailles d'argent et quatre d'or et que douze filles seraient dotées et mariées pour célébrer le bonheur de la France.

Le duc d'Harcourt fut nommé à la fois gouver- Les serviteurs du neur^ surintendant, premier gentilhomme et grandmaître de la garde-robe du dauphin. Il eut au-dessous de lui deux sous-gouverneurs, deux instituteurs et l'enfant dut être soigné et servi par deux médecins, deux chirurgiens, trois valets de chambre, quatre garçons de chambre, un valet de chambre baigneur, un valet de chambre tapissier. Ses vêtements étaient du ressort d'un premier valet, de deux valets et de deux garçons de garde-robe, d'un garçon tailleur, de deux portes-meubles, d'une blanchisseuse, d'une empeseuse et de deux garçons des garçons de la chambre. L'administration de sa maison, immédiatement organisée, consis-

Dauphin.

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tait en un commissaire et secrétaire du cabinet, en un argentier et un secrétaire de la garde-robe. Les officiers de la cbambre du roi, tels qu'huissiers de la chambre et valets de chambre pouvaient encore aider au service de l'enfant, auquel le roi se refusa d'ajouter ses serviteurs personnels désignés sous le nom de porte-manteaux, ses valets de chambre, ses tapissiers, barbiers et horlogers, malgré la a douleur et l'humiliation » qu'ils affirmaient ressentir de se voir privés de « leurs espérances les plus flatteuses autorisées par Tusage leplus constant. » Mort Le vieux Maurepas était mort au milieu de cette

de Maure pao. »

ainoT«mbrci78i. sortc do déchaîncmcnt d'cnthousiasmc. Il avait successivement éloigné du prince les deux ministres qui, à des degrés divers, avaient compris les désirs et les passions de la foule La nation ne l'oublia pas et lorsqu'elle sut les regrets que sa perte causait au roi, elle y répondit par ces vers :

0 France I Applandit-toi, triomiihe de ton sort Un dauphin vient de naitre, et Maurepas est mort.

Les journaux accentuant les rancunes de l'opinion publique contre ce vieillard égoïste et aveuglé, publiaient quelques jours après cette épithaphe pour son tombeau :

Huit mois plutôt U mourait adoré Huit mois plus tard il est mort abhorré.

Peu de temps avant la fin de ce vieillard, Necker, aperçu dans le salon du Louvre, avait fait oublier tous les tableaux. Les visiteurs s'étaient tournés de son côté et une voix s'écriant : Voilà le restaurateur des finances! Vive M. Necker! les acclamations, les

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