‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 148 sur 177 · LAFAYETTE A PARIS · texte numérisé non relu

LAFAYETTE A PARIS

claquements de mains répondirent et plus de deux mille personnes accompagnèrent jusqu'à son caresse Tancien contrôleur général. « Huit jours auparavant, dit le nouvelliste qui raconte cette ovation, tous nos ministres vinrent ensemble au salon, et n'eurent seulement pas les honneurs des coups de chapeau. »

Le général Lafayette, parti d'Amérique les premiers jours de décembre, entra dans Paris à Tépoque des fêtes que donnait la ville pourla naissance du dauphin. Il trouva en arrivant les poissardes qui Tattendaient et lui offrirent deux branches de laurier. La marquise, conviée avec la cour aux réjouissances de l'Hôteldç-Ville, allait regagner sa voiture, quand Marie- Antoinette, comprenant Timpatience qu'elle devait avoir de retrouver son époux, lui épargna le retard qu'aurait causé le défilé du cortège royal en la faisant monter dans un de ses caresses qui la déposa à rentrée de l'hôtel de Noailles. Le public sut gré à la reine de son attention, et le favori du jour put comprendre, par Taccueil qu'il reçut de toutes les classes de la population, que l'enthousiasme qu'il produisait dépassait l'affection que -pouvait inspirer sa personne pour s'attacher a la cause qu'il défendait. « J'ai été reçu par la nation en général, écrit-il le 31 janvier à Washington, par le roi, par mes amis, d'une manière dont vous auriez joui et qui a dépassé toute mon ambition. Le roi m'a parlé de vous dans les termes d'une si haute confiance, m'a tellement exprimé la considération, l'admiration et l'affection qu'il a pour vous, que je ne puis me dispenser do vous le dire. J'ai été l'autre jour invité à dîner chez

Arrivée ùe Lafayette en

France, janvier 1782.

le maréchal de Richelieu avec tous les maréchaax de France, Votre santé y a été portée avec toutes sortes de respect... Tous les jeunes gens de la cour sollicitent la permission d'aller en Amérique. » Plein d'ardeur pour les intérêts d'un pays qui était pour lui une seconde patrie, Lafayette mandait à son chef : « On pense généralement ici que les efforts de l'Amérique n'égalent pas son pouvoir... Vous pouvez être certain que les Anglais sont déterminés à jouer un jeu désespéré... Je crois que l'évacuation de New- York et de Charlestown est aussi loin de leurs projets... que l'évacuation de Londres. Pour sortir de là, il faut qu'ils en soient chassés. » Chargé par une résolution spéciale du Congrès de correspondre avec tous les représentants des États- Unis, de donner son avis sur tout ce qui concernait les intérêts de la République, il se désespérait de l'indolence de l'Espagne, de son mauvais vouloir, et énumérant avec détail à Vergennes tous les mémoires, les lettres présentées à la cour de Madrid restées sans réponse, il s'écriait avec fierté : « Je vois, monsieur le comte, que les droits de la France à la gloire de cette révolution et à la reconnaissance des Américains ne pourront être justement partagés par aucune puissance de l'Europe. »

Prite La nation espagnole, étrangère au mouvement des

iLrierTsi. csprits qui cxîstait en France, subissait sans l'influencer l'impulsion de son gouvernement. Des pensées de vengeance contre les Anglais, des velléités ambitieuses de conquêtes comme celles de la Jamaïque, des Florides et de Gibraltar, résumaient toutes les aspirations de la cour de Madrid. Les ami-

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