‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 149 sur 177 · PRISE DE MINORQUE · texte numérisé non relu

PRISE DE MINORQUE

raux des deux nations après avoir vainement tenté plusieurs fois d'unir leurs forces dans le but d'une descente en Angleterre s'étaient enfin entendu pour la conquête de l'île de Minorque, Le fort Saint- Philippe, attaqué au mois d'août 1781, avait succombé au mois de février de l'année suivante.

Cette conquête qui venait à la suite de la capitulation de Cornwallis impressionnait vivement l'Angleterre, quand la défaite d'un amiral français vint relever un instant son orgueil.

Lé gouvernement français, décidé à obtenir la Départ supériorité dans les mers d'Amérique, avait fait partir détordre** de Brest, dans le mois de février, une flotte formi- tout^^i^' dable sous les ordres du comte de Grasse, comprenant trente-sept bâtiments de guerre armés de 2,542 pièces de canon qui accompagnaient 134 bâtiments marchands* Cette flotte portait 14,380 marins, 3,040 militaires des régiments de la marine et 2,318 soldats appartenant aux bataillons français déjà en Amérique, en tout 18,558 hommes. C'était une force imposante, qui était moindre cependant que celle désignée par les ministres, car si Ton compare le chiffre des soldats et des marins appelés . dans le royaume à celui de ceux qui s'embarquèrent, on trouve cinq mille deux cent trente hommes qui n'ont pas rejoint leurs navires. Cette flotte aborda Port-Royal de la Martinique, les premiers jours d'avril, dans un état sanitaire déplorable, car, à peine était-elle dans le port, que plus de deux mille cinq cents malades furent débarqués et envoyés dans des ambulances.

Le désordre et l'incurie continuèrent de telle

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sorte que, lorsque de Grasse voulut remettre à la voile pour envoyer à Rochambeau les renforts qui lui étaient destinés, les cent quatre-vingt-douze hommes et les sept officiers appartenant au régiment de Saintonge, qu'il avait pris à Brest, étaient réduits, à la sortie de Port-Royal, à vingt-neuf hommes et deux officiers. Royal-Vaisseau, qui avait tiré de ses dépôts sept cent quarante-six hommes et vingt-un officiers et n'avait embarqué à Brest que cinq centdix-sept hommes et quatorze officiers, ne retrouvait que cent quatre-vingt-dix-neuf hommes et quatre officiers. En moins de cent jours, sans combats, sans avaries de mer, un corps de troupes de huit cents hommes s'était diminué de cinq cent quarante-neuf hommes et de dix-sept officiers. Après quatre-vingt jours de traversée, dix-neuf cents hommes disparaissaient sur trois mille neuf cent-cinquante qui existaient au départ de France. Le 8 avril au matin, de Grasse, désignant deux de ses vaisseaux pour veiller spécialement sur les cent trente-quatre bâtiments marchands qu'il convoyait, donna le signal du départ. coDibaieLire Sou arrivéc avait été connue de suite de Rodney, et de Grasse, cc Lton des merSj comme l'appelaient ses matelots. Marin intrépide, corsaire par nature, prêt à tout risquer, sa réputation et le sort de sa flotte pour arriver à son but, Rodney était allé se poster au gros îlot de Sainte-Lucie, l'île la plus proche de la Martinique, détachant deux escadrilles sous les ordres de Samuet Hood et de John Wallace, avec mission de surveiller la flotte française. A l'annonce de sa sortie, Rodney courut à pleines voiles à sa suite avec trente-six vaisseaux de ligne et dix-huit frégates. Le

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