DE GRASSE VAINCU PAR RODNEY
lendemain» dès neuf heures du matin , plusieurs vaisseaux des deux flottes entamèrent un combat qui dura jusqu'à trais heures et, le soir, de Grasse touchait au porl de Basse-Terre, à la Guadeloupe. Quatre vaisseaux anglais avaient été en partie désemparés et deux vaisseaux français assez avariés pour qu'un d'eux restât à la Guadeloupe. Rodney, qui avait passé la nuit à se réparer, continua à suivre le lendemain les Français, qui se trouvaient en situation d'accepter ou de refuser le combat, à leur convenance.
Le convoi marchand protégé par de Grasse Défaite forçait de voiles ; la flotte militaire était à sa suite, it'tfvn'^'im. et Rodney avait ordonné à tous ses capitaines une chasse générale des Français, quand le 11, vers le coucher du soleil , les meilleurs voiliers anglais atteignirent le Zélé^ vaisseau français de soixantequatorze canons, qui avait perdu son beaupré et sa misaine dans un abordage avec un autre navire. De Grasse envoya la frégate VAstrée au secours de son vaisseau menacé, puis vint avec ses autres navires, et le combat, qu'il évitait depuis deux jours, s'engagea pour ne pas abandonner le Zélé et YAstréCy qu'entouraient sept vaisseaux anglais de premier rang. L'ardeur des officiers et des soldats était égale sur les deux flottes, les états-majors anglais se mirent en grande tenue, sur l'ordre de l'amiral; le signal de combattre, arboré sur le vaisseau qui portait de Grasse, la Ville-de-Paris^ fut salué avec transport par des cris répétés de : Vive le roi ! Vingt-sept vaisseaux anglais couvrirent de mitraille les vaisseaux français. La Fi/ia-d^-P^pm, attaquée par Rodney, qui
s'était attaché à elle, jurant qu'il sauterait plutôt que de lâcher prise, se vit bientôt placée entre lui et trois vaisseaux anglais^ qui dirigeaient sur elle leurs feux. A ce moment, malgré les signaux de de Grasse, qui avait ordonné à tous ses navires de s'engager, malgré la vue de dix-neuf vaisseaux français qui se battaient d'une manière désespérée autour de Tamiral, le commandant de l'arrière-garde de la flotte, de Bougainville, abandonna le combat et profita d'un vent qui venait de s'élever pour fuir le champ de bataille. Quand le capitaine de Gouzillon, combattant non loin de son amiral, amena son pavillon, il étaitblessé,à moitié évanoui^ et dessix cents hommes qui formaient son équipage, il n'y en avait plus que soixante debout* De Grasse, qui se rendit peu de moments après, était entouré de trois cent soixante morts et de plus de six cents blessés sur treize cents hommes. La première parole en abordant le vaisseau anglais, fut un cri de douleur et d'indignation contre la conduite de Bougainville.
LeitresdeRodney <r Nos éouipagcs ct ccux dcs Français, écrivait lord
et de de Grasse ^ y ^ . , , . . / i „. w
à la Rodney a son mmistre, étaient enivres de Iidee que a corn a . ^^ ^^^^ ^^ ^^^^ courounes dépendait de l'issue de
cette journée, » et il avouait sept cent cinquante morts et dix-sept cent cinquante blessés. « Le combat vient de finir, mandait-il le soir même a milady Rodney. L'escadre britannique est victorieuse. Le général français est dans ma chambre. J'ai pris la Ville''de''Paris avec quatre autres vaisseaux de premier rang, un sixième vaisseau de ligne a sauté. Le reste de l'arnaée ennemie est mutilé. Nous nous sommes battus depuis dix heures du matin jusqu'à