‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 16 sur 177 · II · texte numérisé non relu

II

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oO LIVRE PREMIER.

voulu savoir de ses affaires, y^ I^ deux princes finirent reqtretien en convenant qu'ils s'écriraient amicalement de temps en temps. Il en fut de a\ême pour la reine, qui discuta les observations que lui présentait son frèij'e, s'irritant parfois de sescooseils, puis s'attendrissant à la pensée de l'affection qu'il lui témoignait, et finissant par lui demander une instruction écrite sur la conduite qu'elle avait à suiyre. Meroy» qui n'avait pas été d'avis de cette instruction, dit peu de jours après : Il est arrivé ce que j'avais prévu. La reine, en la recevant, a dit « quelle voulait répondre à tous les points, et prouver que sa conduite avait presque toujours été raisonnée d'après des motifs justes ; c'est à dire que la reine voudra chercher des échappatoires et ne convenir de riea». L'Empereur, qui avait longtemps causé a^vec le^ banquier de la cour, Laborde, des finances ^ \^ France, et en avait reçu des mémoires, s'enquit avec soin auprès de Trudaine, le directeur des ponts et chaussées, des détails de cette importante partie de l'administration ; et, après avoir fait une collection de documents sur le commerce et les manufactures de la France, s'apprêta à visiter les provinces.

jtt^ement porté Joscph avait asscz bien observé une foule d'objets, rorganisation du ct étc frappé, dès Ic premier jour, du désarroi qui.

*^°franJST.^°' exijçtjdl dans l'organisation de l'administration centrale du iro^yaume. « Chaque ministre, écrivait-il à sod frère> dans son département, est maître absolu, n)aisi a^vec la crainte continuelle d'être, non dirige par 1q spu«vei?ai9, iii^ais déplacé. Par là chacun ne t0pd qu'à se» conserver, et aucun bien ne se fait s'il n'est analogue à eette vue. Le roi n'est absolu qne

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L ËMPEBEnH JOSEPH A PARIS. SI

pour pass^ d'un esclavage à un autre. » Le choix des ministres n'était que l'effet du hasard, comme put du reste s'en convaincre l'Empereur ; car, ayant ajouté, à la suite d'une conversation où il avait été question du bonheur qu'avait eu le roi d'avoir eu un ministère calme et tranquille au début de son règne : (T Si le duc de Choiseul avait été en place, sa tête inquiète et turbulente aurait pu jeter le royaume dans de grands embarras i», il remarqua que le roi « applaudissait fort à cette observation », et qu'en même temps elle déplaisait à la reine. Le lendemain, Marie-Antoinette reprocha à son frère d'avoir parlé défavorablement du duc de Choiseul, soutenant que, « si le comte de Maurepas venait à manquer, il n'y avait que le duc de Choiseul ou le duc d'Aiguillon qui eussent les talents nécessaires à le remplacer d. Cette idée de la reine t est neuve, ajoute Mercy, et lui aura été suggérée par le duc de Coigny et le comte Esterhazy ». Anecdote curieuse, qui, jointe à celles que nous avons déjà rapportées, nous montre cette grande administration des affaires publiques n'ayant conservé du passé que sa structure matérielle, et ne recevant son impulsion que de lointaines traditions tendant à s'effiacer chaque jour de plus en plus.

« L'Empereur, dit un nouvelliste, a été magni- caractère fique dans ses dons et ses récompenses à tous ceux 'aJîl^prin^.'' qui ont eu l'honneur de l'approcher, et on ne saurait compter les 25,les 50, les 100 louis qu'if a répandus partout en gratifications ou charités. » Ce n'est pas l'avis de M"* Campan, qui écrit : « Tous les officiers de la chambre de la reine avaient eu, pendant le séjour de l'Empereur, beaucoup d'occasions de Iç

LlYRË PftEMlEfi.

Voyige de

Joseph et des

frères du roi

dans les

proTinces.

servir; on s'attendait qu'il ferait des présents avant son départ. Le serment des charges portait positivement qu'on ne recevrait jamais aucun don des princes étrangers ; on convint alors qu'on commencerait par refuser les présents de l'Empereur, en demandant le temps nécessaire pour obtenir la permission de les accepter. L'Empereur, probablement instruit de cet usage, dégagea tous ces honnêtes gens de l'embarras de se faire relever d'un serment. Il partit sans faire aucun présent. s>

Il est impossible d'exprimer avec une naïveté plus crue le genre de préoccupations des personnes qui par le fait exerçaient l'influence souvent la plus décisive. Elles étaient de la même nature que celles qui dictaient, suivant Joseph, la conduite des ministres; car Maurepas avait sollicité, comme les plus humbles courtisans, la protection de l'Empereur auprès de la reine, tant pour lui que pour son neveu d'Aiguillon.

L'Empereur était fort ému en quittant Versailles; il embrassa Louis XVI en lui recommandant instamment une sœur qu'il aimait, et l'assurant qu'il ne serait n tranquille qu'autant qu'il la saurait heureuse j>. Content de la nation, mais ayant une pauvre opinion des personnes qui la gouvernaient, il partait presque au même moment où les frères du roi faisaient eux aussi un voyage en France. Il continua à se montrer simple, charmant les populations par le contraste qu'elles pouvaient établir entre sa tenue modeste, ses habitudes laborieuses et celles des deux princes français. Le comte d'Artois, manda-t-il de Toulon à sa sœur, a achevé <k de se perdre de

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