‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 163 sur 177 · OPPOSITIONS AUX IMPOTS NOUVEAUX · texte numérisé non relu

OPPOSITIONS AUX IMPOTS NOUVEAUX

lofise, de la cour dôs aides de Montpellier, et ce ne fut qu'après plusieurs remontrances et sous la menace de l'y contraindre, que le parlement de Bourgogne se décida à imiter ceux de Paris, de Rouen, de Metz, de Flandre, en enregistrant purement et simplement les deux édits financiers.

Au moment de ces résistances légales les populations souffraient de la cherté du blé dans plusieurs parties de la France, il y avait eu des émeutes à Angoulême, à Saint-Dizier, en Bretagne, dans les environs d'Orléans, dans le Languedoc, ^ Bédarrieux. Le parlement de Besançon, pour empêcher le transport de cette denrée, invoquait l'état de misère des habitants de la Franche-Comté. La moindre variation dans le prix du blé semblait justifier une pareille n^esure aux yeux des populations par suite de h constante immixtion du gouvernement dans les opérations des boulangers et des marchands de grains, par sa singulière prétention de régler parfois jusqu'an prix du beurre de Gournay en Normandie, par la défense qu'il faisait de tuer, dans certains cas, les agneaux et les veaux fetoelles^ par l'interdiction aux cultivateurs de se servir de la faulx pour opérer leurs récoltes, soufe prétexte que cette manière d'agir faisait perdre du grain. 11 n'était pas jusqu'aux permissions données parfois aux habibants des con* trées comprises dans le ressort des capitainerieis, c'est-à-dire dés chasses royales, de couper leurs sainfoins et leurs luzernes avant le terme de la fête de Saint-Jean, qui ne servissent à faire pénétrer dans les populations la croyance que la cherté ou la disette étaient le résultat d'une décision administrative.

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UH2 LIVUË TROISIÈME.

Mcoitet de« Les masscs populaires avaient appris, du reste,

terres syéiéiMii- , . , "^ ' . .

quemeni chaque jour davantage, a peu compter sur le gou- "^îl^piii™" vernement pour l'amélioration de leur situation. Le ^'dJ^ÏSbîir règlement que Louis XVI avait fait avec son ministre Turgot, pour empêcher les ravages des bétes fauves dans les campagnes, n'avait ajnené aucune amélioration, il ne se passait pas de jour sans que les populations ne fissent entendre leurs réclamations contre la destruction de leurs récoltes. Le produit des terres de Ghauny avait diminué de moitié, depuis 1738, par suite du gibier conservé pour le duc de Yillequier, et les cultivateurs des environs de Fontainebleau, de Gompiègne, de Rambouillet, de Saint*Gcrmain étaient souvent au désespoir de voir sacrifier leurs récoltes au respect qu*on leur imposait pour ce que le ministre appelait oc les plaisirs des princes. » Les habitants de Bois-le-Roi avaient vainement demandé la permission de clore de murs leurs champs pour les mettre à l'abri des ravages des fauves; les habitants de Recloses n'obtenaient pas la permission d'établir des gardes de jour et de nuit pour éloigner, au moyen de chieus, les animaux sauvages qui brisaient les palissades entourant leurs propriétés, et les vassaux de M. Dupré de Saint-Maur exposaient au ministre que les clôtures qu'ils avaient eu la permission d'établir, devenaient inutiles par la nécessité d'ouvrir leurs portes à chaque chasse faite par le roi. Les habitants de plusieurs communes avoisinant Gompiègne, étaient forcés de demander la permission de ce qu'ils appelaient échauder leurs terres pour pouvoir conserver leurs

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LKS RÉCOLTES DÉTRUITES PAR LE GIBIER. [i53

semences, parce que les mauvaises herbes qu'ils redoutaient pouvaient servir de refuge ou de nourriture à du gibier, et des arrêts du Parlement condamnent des fermiers qui n'employaient pas la faucille et par conséquent rasaient la paille trop près de terre, n'avaient pas exclusivement pour motif de conserver aux pauvres des chaumes qui leur étaient réservés, comme un droit. « Les juges, lit-on dans l'Encyclopédie, ne permettent communément de chaumer (c'est-à-dire enlever la paille restée sur pied) qu'au 15 septembre... ce qui a été établi, tont pour laisser le temps aux ..glaneurs de glaner, que pour la conservation du gibier qui est encore faible. )>

Cetle situation de campngnes vouées a une sorte ^^^ braconniers, de stérilité relative par suite du manque de protec- des habitants

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