‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 165 sur 177 · D'ORMESSON NOMMÉ CONTROLEUR GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

D'ORMESSON NOMMÉ CONTROLEUR GÉNÉRAL

pris au mot. » Le désir probable de la cabale eut été de substituer Galonné à Fleury, mais le roi n'avait pas encore oublié le dernier avis de Maurepas, qui lui conseillait de ne pas choisir Galonné pour cette fonction. Il accepta les vues de la reine sur la retraite de Joly de Fleury, mais jeta immédiatement les yeux sur un conseiller d'État, un des intendants des finances supprimé par Necker, d'Orniesson, que ses fonctions de président du conseil d'administration de la maison royale de Saint-Gyr lui avait fait connaître. Agé de trente-deux ans et riche, d'Ormessonavait^ outre sa réputation d'honnête homme, une qualité que prisait Louis XVI : « G'est un homme qui a des mœurs, dit-il à la reine en le lui nommant. »

A la proposition qui lui fut faite d'accepter ce haut poste, d'Ormesson opposa sa jeunesse. « Mais c'est indirectement un mauvais compliment, lui répliqua le roi, je suis plus jeune que vous. »

Le public reçut avec bienveillance le nom de d'Ormesson, mais les amis du nouveau contrôleur général et même prétendit-on, sa mère, le blâmèrent d'avoir accepté ce poste élevé où il était si difficile de se maintenir et de pouvoir faire du bien. Quant au roi, fier d'avoir eu une volonté personnelle, il s'écria en s'applaudissant de son choix : a Pour le coup on ne dira pas que ce soit la cabale qui ait fait nommer celui-ci*. »

Au moment où d'Ormesson arrivait à un poste qu'il n'avait pas ambitionné, la question des empri-

* Archives nationales, 0424 : Nomination de Vergennes , 23 février 1783. 0*238 : Layettes. Parc de Chambord, 16 février, 5 mai, 7no<

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sonnements des citoyens, sans jugement^ sans publicité^ celte question toujours posée aux esprits qui ont quelque souci du sort de leurs semblables, et quehjue prévision des catastrophes qui peuvent les atteindre eux-mêmes» se ravivait dans les écrils indignés de deux victimes de l'arbitraire. Linguet Le journaliste Linguet, arrêté au mois de sep-

*' '^^'suHa'"''"^* tembre 1780 pour une lettre insolente écrite au avîium maréchal de Duras, avait disparu du monde, et quelques histoires sur les causes de sa détention avaient à peine fait savoir au public qu'il vivait encore, quand au mois de mai 1782 les nouvellistes parlèrent de son séjour à la Bastille et de sa libération prochaine. Â peine sorti il resta quelques mois dans le silence puis, tout à coup, les journalistes annoncèrent qu'il était en Angleterre. Il avait résiste aux instances qui lui furent faites de rester à Bruxelles, répondant qu'il ne serait tranquille que lorsqu'il aurait mis la mer entre la France et lui. Â peine sur cette terre de liberté il poussa un cri de joie et de haine, et annonça au rédacteur du journal le Courrier du Bas-Rhin la relation prochaine de sa détention à la Bastille. La lettre dans laquelle il parlait des souffrances qu'il avait éprouvées et où il donnait le commencement de l'ouvrage qui allait paraître, trouva une multitude de lecteurs. Les

" vembre 1783. 0'239 : Duc de Berry, 15 juin 1783. 0*423 : Parc de Chanibord, 6 sepicmlre, 14 octobre, 31 décembre 1783. — Mémoires d'Augeard, p. 105, 112, 113 et suiv. — Mémoires secrets pour servira mstoire des lettres, tooie XXIf, p. 97, 128, 177, 179, 184, 188, 201, 217, 218. — Recueil général des anciennes lois françaises, tome XXVII, p. 256 et suiv. — Mémoires du baron de Besenval, lome If, p. 124 et suiv.

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