CRISE DE LA CAISSE D'ESCOMPTE. K
furent débordés par les demandes. Effrayés de l'émotion causée à Paris par une interruption dans les paiements, ils recoururent de suite au contrôleur général, et obtinrent de lui un arrêt qui donnait cours forcé aux billets de conHance de la Caisse d'escompte comme à du papier-monnaie. Cette étrange mesure n'eut pas les suites qu'elle pouvait avoir à cause de l'état de prospérité de plusieurs maisons de Banque de la capitale, et la Caisse d'escompte rentra, peu de temps après, dans les conditions vif aies d'une banque menée avec prudence. Mais ce qui caractérise cette crise et lui donne une grande portée, ce sont les jugements que la conduite des directeurs de cette caisse et leurs rapports avec le gouvernement provoquèrent dans le public, (a L'éloge de la Caisse d'escompte dans l'arrêt, dit un journal, la protection éclatante dont Sa Majesté la couvre... sont une nouvelle preuve de sa liaison avec le Trésor royal, de l'influence absolue que le ministère avait sur elle, et redouble les défiances en ne laissant plus à personne aucun doute à cet égard... Il est à espérer que la méfiance générale fera tomber d'elle-même cet établissement impraticable en France. y> Mirabeau, faisant l'histoire de cette banque, confirme d'une manière irréfragable l'irrémédiable défiance du public, à propos d*un dépôt de dix millions que la Caisse d'escompte devait remettre entre les mains de l'État pour cautionner ses opérations. ^ Il est parfaitement vrai et digne de remarque, dit-il , que la Caisse d'escompte n'a sollicité la permission d'être dispensée de verser au Trésor les dix millions qu'elle y devait porter aux termes de l'arrêt de sa création,
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581 LIVRE TROlSIliME.
que sur Topinion presque générale à Paris que le crédit de celte banque de secoure serait beaucoup meilleur si elle n'avait rien dans les mains du roi, que si elle y avait dix millions. »
Intrigues Les plus ridiculcs démarches avaient lieu à la ^esfliLces;* cour pour aboHr le comité de finance destiné à vé- ^stMelils^ rifier les dépenses des différents ministères. Be* par^MtoDsde scuval menaçait M""' de Polignac de voir deux mi- "''^"*- nislres importants se retirer. M'"^ de Polignac soutenait que détruire ce comité était chose impossible, qu'il venait d'être créé par un édit, et que Ton dégradait le roi en lui conseillant celte démarcbe« Enfin, après bien des recherches pour concilier la dignité ombrageuse de MM. de Castries et de Ségur, il fut décidé que ces personnages paraî* traient avec leurs comptes devant le comité, et que pour prix de cette condescendance ils seraient nommés maréchaux de France.
Mx eonciue Pendant ces misérables débats, Yergennes arrê* *^ngie"ri^** tait Ics bascs d'un traité de paix avec l'Angleterre, qui replaçait les deux pays à peu près dans la situation où ils se trouvaient avant la guerre. La France reprenait la libre possession de Dunkerque, et Tarticle 18 du traité annonçait qu'aussitôt qu'au* rait eu lieu l'échange des ratifications, les deux pays nommeraient des commissaires pour travailler à de nouveaux arrangements de commerce entre les deux nations, sur le fondement de la réciprocité et de la convenance mutuelles, lesquels arrangements devront être terminés et conclus dans l'espace de deux ans, à compter du !•' juin 1784. y>
La discussion du traité avait amené Vergennes à
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