TRAITÉ DE PAIX
vouloir régler les droits payés par les marchandises entrant en France ou en sortant dans deux ports francs. Ces ports se trouvant compris dans le -territoire des fermes générales, il fallut traiter avec elles. Les fermiers généraux discutèrent leurs prétentions avec d'Ormesson, qui s'impatientant de ne pouvoir les amener à ses vues, prit brusquement le parti de casser le bail des fermiers, afin d'en faire un autre dans lequel il réserverait les droits de traites, c'esl-àdire ceux payés par les marchandises entrant en France ou en sortant. 11 fit adopter sa résolution par le Conseil et poursuivit son exécution. Les fermiers généraux, outrés de la mesure violente prise contre eux, se plaignirent vivement du tort qui leur était infligé, faisant ressortir, dans une députation qu'ils envoyèrent au roi, les inconvénients qui en résulteraient pour le crédit de l'État. Troublé de ces ru-» meurs et de ces objections, Louis XVI ne savait à quoi se résoudre et, comme les hommes indécis, laissait son ministre sans ordre, a J'ai rencontré M. d'Ormesson chez M. le garde des sceaux, écrivit Vergennes au roi, et j'ai pris occasion de l'inquiétude qu'il témoignait de n'avoir point reçu d'ordres de Votre Majesté relativement au comité pour lui faire pressentir ses intentions. L'étonnement de M* d'Ormesson a été d'autant plus extrême, surtout lorsque je lui ai fait apercevoir, que Votre Majesté était alarmée de h sensation produite dans le public par ropération concernant la ferme générale, qu'il croit celte sensation très favorable à son opération... M. d'Ormesson a reçu avec respect nos insinuations. . . Il ne nous a pas dissimulé qu'assuré de la
bonté d*une opération qui a reçu la sanction de Votre Majesté dans son comité, il se croirait coupable s'il cédait aux efforts de Tintrigue qui cherche à le décrier, et désertait le service de Votre Majesté dans ce moment de crise. Il a ajouté qu'il ne pouvait se retirer avec honneur qu'autant que Votre Majesté lui donnerait Tordre directement, soit de bouche, soit par écrit. »
caionne Dommé II uc dcvait pas tarder à être satisfait, car quatre ^géDéria!'^ jours après la date de cette lettre, un journal disait :
3BOTeinbrei783. ^ ^ d'Ormcssou vicut dc donucr sa démission. On prétend que les quatre coins de la Reine se sont réunis contre lui. On appelle ainsi les quatre maisons de la cour qui jouissent particulièrement des faveurs de Sa Majesté : les Polignac, les Vaudreuil, les Guiche, et les Périgord ; ils ont profité de l'ineptie que M. le contrôleur général a fait voir dans la crise de la Caisse d'escompte, dans sa résiliation du bail des fermes, pour représenter qu'il n'était pas possible de laisser à la tête des finances un personnage d'aussi peu de ressources... De son côté d'Ormesson, s'il n'a montré du génie, a fait voir au moins du zèle... Il était question de faire faire au Roi des acquisitions^ soit du prince de Conti, soit du duc de Penthièvre... En outre, de venir au secours des frères du Roi, qui ont leurs maisons très dérangées. . . de lui faire encore acheter l'Orient et le village de Recouvrance * du prince de Guéméné, pour faciliter en partie la libération des dettes de cet illustre banqueroutier... Le contrôleur général a parlé très
I Village du Haut-Rhin, non loin de Belfort.