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(Page 62.)
LCTTItC DK M. DE SaRTHCS, MlIVISTHS DE LA MABINB, A M. NeCKBB,
directeur général des Finances, à Paris.
Versailles, il août /777.
J'aorais certainement désiré, Monsiear, de n'être point obligé de d«nnaiider à la finance on fonds extraordinaire de 6 millions pour le service de 1777, mais l'exécution des ordres du Roi, et les circonstances qui commandent ne m'ont pas permis de régler les dépenses sur les fonds qui avaient été assignés pour cette année.
Indépendamment de ce supplément de six millions applicable aux dépenses do service des ports, les nouveaux ordres du Roi me mettent dans la nécessité de faire de nouvelles demandes de fonds extraordinaires.
1' La prolongation de trois mois d'armement pour les escadres de Brest et de Toulon, dont la dépense n'avait été calculée que jusqu'au t*' octobre, exige un fonds extraordinaire de 750,000 livres, A raison de 250,000 livres par mois.
2» Le transport en Amérique de 6 bataillons d'infanterie, 1 bataillon du corps Royal, 2 escadrons de chasseurs et 20 mineurs, exige une dépense extraordinaire de 800,000 livres.
3* L'entretien annuel de ces mêmes troupes dans les colonies étant de 3,213,000 livres, et ces troupes devant y être arrivées à la fin d'octobre, la dépense proportionnelle, pour les mois de novembre et décembre, sera de 553,500 livres.
En résumant ces trois articles et celui des 6 millions de supplément, les
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fonds extraordinaires à faire au département de la marine, pour le service de 1777, montent à 8,103,500 Uvres.
Les 2,103,500 livres résultant des 3 derniers articles ne sont susceptibles d'aucune observation. Cette dépense est relative à Texécution des nouveaux ordres du Roi.
A l'égard des 6 millions de supplément que je demande pour faire face aux dépenses du service des ports, vous vous rappellerez sans doute. Monsieur, que lorsqu'il s*est agi de régler les fonds de Tannée, je voas avais demandé 50 millions pour le service de la marine et des colonies. Le désir de ne pas être trop à charge à la finance, l'espoir que des circonstances plus tranquilles se prêteraient à une diminution de dépenses, m'engagèrent à céder à votre demande, en bornant la mienne à 45,950,000 livres. Ces mêmes motifs me déterminent à ne point insister sur la nécessité d'accorder un fonds pour l'acquittement des dettes de 1775 et 1776, et à abandonner même un million qui restait dû à la marine du mois de décembre 1776. Mon désistement sur ce dernier article a réduit le fonda dont je pouvais disposer, pour 1777, à 44,950,000 livres, attendu que j'ai été obligé de remplacer des fonds de 1777, le million de 1776, dont la dépense avait été effectuée et dont le fonds n'a j'amais été fait. D'un autre côté, le défiiut d'un fonds d'amortissement pour l'acquittement des dettes antérieures à 1777, me mettaient dans la nécessité d'appliquer au paiement de ces mêmes dettes, une partie des fonds affectés au service de l'année. Il était essentiel de ^utenir le crédit de la naarine, et je ne pouvais assurer cet effet qu'en payant des dettes anciennes. L'arrangement que vous avez proposé et auquel j'ai accédé, de faire abstraction de toute prétention respective au l«r janvier 1877, entre le département des finances et celui -de la marine, peut s'effectuer dans nos comptes respectifs, mais il ne peut avoir lieu à l'égard des fournisseurs et entrepreneurs de la marine, ni -dans la comptabilité particulière de ce département, qui doit constater et solder la dépense de chaque année. Les fonda assignés pour 1777 n'ont donc pu être employés en totalité an aerviee de cette année, mais cela revient absolument au même, poisqu'en payant avec ces fonds les dettes de i*année précédente, il en est résolté seulement la nécessité de contracter une pareille somme de dettes pour Tannée courante, de manière que a'il doit y avoir augmentation ou diminution dans le montant total des dettes de mon département, ce n'est point à cette cause qu'il faut l'attribuer.
A l'égard de l'augmentation de dépenses, je vous Tai fait pressentir, par ma lettre du 24 mai dernier, mais je ne pouvais avoir alors toutes les connaissances que depuis ce temps je me suis procurées par un travail plus approfondi, d'après lequel je me suis déterminé à demander un snp«plément de six millions pour le service des porta.
Voua désirez. Monsieur, savoir quelle sera la masse de dettes de mon département au !«' janvier 1778. Je vous avais annoncé, par ma lettre do 18 janvier de la présente année, que cette masse était, à la fin de 1776, de 21/464,000 livres, non compris les 8,200,000 livres de Temprunt des tré-
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soriers et du munitionnaire général qui est resté à la charge de la finance. Il n'y aura, selon toute apparence, rien de changé à cet égard à la fin de cette année, au moyen des six millions de secours extraordinaires que je demande, non compris les 3,103,000 livres relatifs à l'augmentation des troupes en Amérique et à la prolongation d'armement des escadres, mais TOUS penserez sûrement que c'est beaucoup que d'avoir pu soutenir, sans discréditer le département, une dette aussi considérable, qui ne provenait, comme vous le savez, que de ce que la finance n'avait pu assigner les fonds pour les dépenses que le Roi avait ordonnées, et j'espère. Monsieur, que vous voudrez bien pourvoir, au plus tôt, aux fonds que je
• vous demande et sans lesquels il me serait impossible de soutenir le service de Tannée, et de faire face aux dépenses nouvellement ordonnées.
Je conviens que les secours accordés, à mon département, pendant les années 17.76 et 1777, auront été considérables. Je trouve que la recette de ces deux années sera de 105,725,000 livres, y compris les six millionfl que je demande en supplément, et les 2,103,000 livres pour la prolongation d'armement des escadres et le transport et entrelien des nouvelles troupes envoyées en Amérique.
En décomposant cette somme totale des fonds des deux années, vous verres, Monsieur, que 15 millions ont été employés au remboursement de l'emprunt fait en 1775 pour l'acquiitement des dettes antérieures à mon ministère, que 66,600,000 livres (à raison de 33,300,000 livres paTan)sont les fonds ordinaires du département, depuis que les troupes des Colonies
-ont été augmentées par l'envoi, fait en 1775, de 6 bataillons de la guerre et qu'ainsi, déduction faite de 553,000 livres pour l'entretien pendant 2 mois des nouvelles troupes qui passent cette année dans les Colonies, il ne reste que 23,572,000 livres pour le service extraordinaire de deux années. Vous ne pouvez disconvenir, Monsieur, qu'il ne soit étonnant que le département ait pu fournir à toutes les dépenses extraordinaires de la marine et des Colonies, avec un fonds extraordinaire de moins de 12 millions, pour chacune des deux années du plus grand mouvement pendant lesquelles la marine doit être considérée comme dans un état de guerre, tant pour les travaux, les armements et l'entretien des escadres armées, que pour les ap^rovisionnements en toute espèce de denrées et de marchandises qu'il était indispensable de rassembler dans les ports, les envois de troupes et les achats et transports de munitions de tous genres, que la prudence exigeait qu'on fit passer dans les Colonies. Enfin, je vous prie de consirer qu'avant 1776 les arsenaux du Roi étaient dégarnis et qu'à la fin de la présente année, il y aura, par aperçu, pour 15 millions d'approvisionnement dans les ports, ce qui réduit en quelque sorte à 9,000,000 la dépense extraordinaire des deux années.
Je vous le répète. Monsieur, sans les secours extraordinaires que je demandée partir de ce mois-ci, il m'est impossible de soutenir le service tel qu'il est. J'insiste avec les plus vives instances pour que vous vouliez bien y pourvoir. Tout est actuellement, dans les ports, dans la plus grande acti-
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vite, et les ouvriers multipliés, autant qu'il est potsibfe, pour profiter de la belle saison.
SAunifES.
(Arehives de la Marioe. ^ Cartons : Correspondance générale.)
(Page 190.) Récit db l*abbé Matnard.
Que se passa-t^il entre la sortie des deux prêtres et le dernier soupir dfe Voltaire T Les philosophes se sont donnés le mot pour dire qu'il s'éteiguit doucement, qn*il mourut comme il avait vécu, sans faiblesse, sans préjugé, avec le calme et la résignation d'un philosophe qui se rejoint au grand être.
Mais d'après d'autres récits beaucoup plus authentiques, il mourut dans la rage et le désespoir, répétant : Je suis abandonné de Dieu et des hommes 1 11 criait aux faux amis qui assiégeaient son antichambre : Retirez-vous, c'est vous qui êtes la cause de l'état oh je suis. Retirez-vous, je pouvais me passer de vous autres ; c'est vous qui ne pouviez vous passer de moi : et quelle malheureuse gloire m'aves-vous donc valu 1 Et au milien de ses terreurs et de ses agitations, on l'entendait simultanément on tour à tour, invoquer et blasphémer le Dieu qu'il avait poursuivi de ses complots et de sa haine. Tantôt d'une voix lamentable, tantôt avec l'accent du remords, plus souvent dans un accent de fureur, il s'écriait : Jésus-Christ ! Jésus-Christ ! Richelieu, témoin de ce spectacle, s'enfuit en disant : En vérité, cela est trop fort, on ne peut y tenir I
L'horrible drame continua. Le moribond se tordait sur sa couche et se déchirait avec les ongles. Il demandait l'abbé Gaultier : mais les adeptes présents dans l'hôtel, empêchèrent qu'un prêtre, recevant les derniers soupirs de leur patriarche ne gfitfit l'œuvre de la philosophie ; à l'approche du moment fatal, une nouvelle crise de désespoir s'empara de son âme. Je sens, criait-il, une main qui me tratne au tribunal de Dieu. Et tournant vers la ruelle de son lit des regards effarés : le diable est là, il yent me saisir... je te vois... je vois l'enfer... caehez-les moi. Enfin, il se condamna lui-même réellement à ce festin auquel son ignorance et sa passion antibiblique avaient fait asseoir si souvent te prophète Ezéchiel ; et sans moquerie cette fois, dans un accès de soif ardente, il porta à sa bouche son vase de nuit et en vida le contenu. Puis il poussa un dernier cri ei expira au milieu de ses ordures et du sang qui lui sortait par la bouche et les narines.
L'abbé Maynard finit en disant : Entre ces deux récits, il n'y a pas d'hésitation possible. Les philosophes étaient intéressés à mentir ou à se taire.
Dans quel monde ont donc vécu l'abbé Maynard et ses prédécesseurs, dans quelle famille quelque humble soit elle, un pareil festin était-il possible?
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t>IÉCES JUSTIFICATIVES. ^n
(Page 507.)
En 1782, la Corse inspirait au Cabinet de Versailles les plus vives inquiétudes. Le vers d'AIfleri « Servi siamo, si, ma servi ognor fermenti » * donnait une idée exacte de l'état, à ce moment, des idées dans File. Les troupes royales se tenaient renfermées dans les villes et les bourgs, n^osant poursuivre dans les montagnes les hardis aventuriers qui s'y réfugiaient. La nourelle de la défaite du comte de Grasse en Amérique, eut pu donner le signal d'un soulèvement général de l'ile. On n^hésita pas k tranaformer cette défaite en victoire et l'annonce de cette dernière fut accueillie à Bastia par de grandes réjouissances auxquelles le peuple s'abstint de prendre part. Le sonnet suivant, édité à Bastia, fut adressé au roi.
Sulla vittoria
ri porta le
dalle armi francesi
nella Virginia.