ADVERSAIRES DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE
mencé au xvi* siècle, reprenait sa marche sons une ji.^j^^^V'tioD forme nouvelle. Les Français, froissés plus que les ^^J^''^^^** autres peuples par ces passions religieuses qui portent successivement et souvent simultanément les hommes aux plus hautes vertus d'abnégation et de dévouement, comme aux plus odieux forfaits et aux cruautés les plus froidement méditées, les Français, au lieu de s'en prendre à quelques détails de Torganisation de l'Église chrétienne, comme l'avait fait un moine deux cents ans avant, s'étaient attaqués à la vie même de l'Église, à la base sur laquelle elle reposait. Joignant à sa prétention de régler les croyances celle de commander aux hommes dans la plupart des actes de leur vie journalière, de disposer d'eux et de les punir, l'Église avait soulevé contre elle deux sortes de partis. Le parti des personnes qui, espérant s'emparer de ses biens temporels, lui reprochait ses fautes sans vouloir sérieusement faire rendre justice à ceux que l'Église désolait par ses exigences et son despotisme ; et celui qui tenait à la fois à soustraire le peuple à un pouvoir tracassier et dur et à reprendre des biens plus souvent employés à nourrir le faste de quelques prélats qu'à soutenir des institutions utiles.
Joseph II appartenait au premier de ces partis, et, suivant en cela la tendance égoïste de la plupart des hommes,jalousait la puissance du clergé comme celle d'unrival de son propre pouvoir.Il pro(itait,en la partageant, d'une des antipathies de la foule, pour satisfaire les projets qu'il -méditait dans l'intérêt de son ambition^ sans accepter et même sans comprendre la portée des réformes auxquelles tendaient les populations
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de son temps. Interrogé à Versailles sur ce qu'il pensait de la lutte entreprise par les Américains, il répondit : c Je me récuse ; mon métier à moi est d'être royaliste. » Spirituelle répartie qui le dispensait de laisBSf pressentir jusqu'où pouvaient aller ses projets de réforme, malgré ses dissertations sur la liberté de la religion et l'émancipation des vassaux vis-à-vis de leurs seigneurs, dissertations qui avaient inquiété sa mère % au point qu'elle formule sur lui ce jugement sévère : « Il court trop après l'esprit el flatterie et surtout la nouveauté, n'approuvant rien de ce qui est fait avant lui ou par d'autres, et l'application manque entièrement. j> ub BooTerains Joscph subissait la pression des idées de son " ^îe's basJT ^ époque, et, comme la plupart des hommes, ne discernait pas, au milieu de l'atmosphère ambiante que forment les passions et les désirs d'un peuple, ceux qui sont prêts à se faire place, même par la force, de ceux qui n'existent encore qu'à l'état latent de
* Correspondance secrète entre Èîarie- Thérèse et le comte de Mercy, tome I, p. 69; tome II, p. 328, 329, 504, S09;tomeU(, p. 47, 49 et suiv., 51, 52, 55, 56, 57, 58. 60. 61, 62, 66, 69, 70,73, 74, 76, 77, 79, 80, 81, 82, 86,91,95,96, 97, 99, 104, 105, 106, 109, 161, 181, 405. - Métnoires secrets pour servir à la république des lettres, tome X, p. 108, 112, 113, 114, 115, 116. 120, 128, 130, 137, 148, 161, 181. 195. — Correspondance secrète sur Louis IV 1, Marie- Antoinette, la cour et là viUe, publiée par Lescure, lortiel, p. 49, 50, 55, 61. 63. — Œuvres de Voltaire, tome II, p. 104. 134; LXVI, p. 417; LXX, p. 272, 291, 299, 304. 312, 318, 319, 321. — Mémoires sur la vie privée de Marie- Antoinette, par M"* Campan. Paris, 1822, m-8, tome I, p. 185. — Œuvres posthumes de Frédéric IL Berlin, 1788, in-8, tome V. p. 207. ^Annales politiques et civiles, par Linguet. Londres, 1777, in-8, tome I, p. 232 et soiv. — Archives nationales, 0^49, 5 et 20 mai 1777; bU73, 5 mai, 6 juin, 10 juillet 1777. - Correspondance littéraire de 1774 à 1789, par La Harpe, an IX (1801), in.8,tome U, p. 102-106. — if^mo»re« de WeW concernant Marie- Antoinette, Paris, 1822, in-8, tome I, p. 121»
religieuses des royautés.
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