‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 25 sur 177 · PR0DI6AI.ITÉS DE LA REINE · texte numérisé non relu

PR0DI6AI.ITÉS DE LA REINE

4)'ateit lui donner on désagrëmafit que le conte de Tessé se méritait point v. 11 ajouta que^ le premier écuy^ étant l'époux d'une Noailles, ce serait blesser» par cette décision, une puissante famille : « Toutes ces considérations, écrit Mercy à Marie-Thérèse» n'oQt pu modérer la prédilection et la complaisance de la reine pour sa favorite... Pour garder une apparence d'égalité dans ses bontés pour la comtesse de Polignac et celles qu'elle accorde à la princesse de Lamballe, la reine a fait donner, à la demande de cette deraière, le gouvernement du Poitou au duc de Chartres. j> Ce que craignait Mercy ne manqua pas d'arriver. Les Noailles firent les plus vives réclamations, le comte de Tessé offrit la démission de sa place, que refusa la reine, et il y eut du mécontenlement, des clameurs à Versailles, qui firent tenir en dehors de la cour des propos d'autant plus fondés que, par cette c survivance, la dépense de la maison de la reine est très-inutilement, écrit l'ambassadeur, augmentée de plus de 80,000 livres »• Les appréciations de Mercy sont des plus justes, car la correspondance des ministres porte ces mots^ à la fois si concluants et si brefs : le 23 août: oc La reine désire que le roi accorde au comte de Polignac la survivance de la charge de son premier écuy», dont est pourvu le comte de Tessé; )!> le 10 septembre : « La reine désire accorder à M. le comte de Polignac un traitement, un logement, des écuries, des chevaux, des voitures, des gens de livrée et d'écurie, j» Le roi avait mis ban à la suite de toutes ces questions, formulées en demandes, j^, le S9 sepiMobre, fixait à 45,000 livres la soB^na néesaflaire pour monter

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60 Ll^Ë PRElUEh.

réciirle du comte. Le 15 août 1777, une ordonnance B'èlevant à la somme de 41,718 livres, devait couvrir, pour les six premiers mois de l'année, les paiements à faire pour gages, nourriture, habillement des gens de l'écurie du comte de Polignac» pour Tentretien de ses chevaux et équipages et pour son traitement en qualité de premier écuyer de la reine en survivance. Dans le même temps, le contrôleur général de la maison de la reine, M. de La Source, demandait au directeur général des finances de payer 41,476 livres 14 sous 9 deniers pour un déjeuner à Tanglaise fait par ordre de cette princesse. Après avoir acheté en Angleterre pour 127,000 livres de chevaux pour le roi, au mois de mai 1776, il fallait, en 1777, une nouvelle ordonnance de 60,000 livres pour de nouveaux chevaux désirés par la reine. Cette dernière somme était payable 5,000 livres par mois, car le Trésor suffisait avec peine aux réclamations des créanciers de toutes sortes qui l'assaillaient, comme l'orfèvre de la cour, Boëttiers de La Tour, auquel il était dû plus de 710,000 livres. « Quoique je sois parfaitement instruit, écrit Amelot à Necker^ de la position de cet artiste, et qu'il soit sur le point de manquer si on ne lui accorde pas ou son remboursement ou les intérêts, je n'ai cependant pas voulu, malgré la justice de sa demande, la mettre soùs les yeux du roi, sans savoir auparavant si vous pouvez venir à son secours.. Il lui est dû des sommes assez fortes depuis .177â, et il est véritablement en perte par l'attente de son paiement. x> Necker ne put remettre que 100,000 livres à Boëttiers» qiû fut obligé de quitter

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PROPOS IRRÉFLÉCHIS DE LA REINE. 8i

le commerce et de fdire une âélégation à ses créanciers de ce qui luî était dû. Cela n'empêchait pas de consacrer plus de 2 millions ( 1 0 millions de nos jours) â la construction d'écuries pour les chevaux du comte et de la comtesse d'Artois. Le service de son fils, à peine âgé d'un an, coûtait une somme annuelle de 200,000 livres; le prix de la layette pour le second enfant qu'il attendait, fut fixé à 49,000 livres, et son entretien à 125,000*.

La légèreté de la reine pour les questions de dépense et de distribution des places de toutes sortes se retrouvait dans ses paroles, dans sa tenue, dans ses confidences. Enfant gâté qui vit au milieu des vices sans en être atteint, sans en comprendre la nature ; qui, cédant à ses instincts de bienveillance, fait part à ceux qui l'approchent de toutes les pensées qui traversent son cerveau , de toutes les émotions fugitives qui font battre son cœur. La reine, écrit Mercy, est tellement convaincue « que le roi est trop apathique et timide pour supposer qu'il puisse jamais se livrer aux désordres de

* Correspondance entre le comte de Mirabeau et le comte de La Marck, tome 1, p. 36 et suiv. Paris, 1851, in-8. — Corr«ipondance tecrête entre Marie-Thérèse et le comte de Mercy, tome H, p. 476, 488; tome IH, I». 28, 40. — Archives nationales, 0*148: Provision de gouvernear et iieatenant général du haut et bas Poitou pour le duc de Chartres» 5 août 1776. O'IôO 26 mars 1878. O«230, 2 août, 12 juin, 29 septembre 1776. 0«232, 23 août, 10 septembre, 29 septembre 1776. 0«233, 19 mai, 15 août, 22 septembre 1777. 0*234, 0*418: Lettre du ministre de la maison du roi à Necker, 21 juin 1777. Au marquis de Fontanieu, 19 juin, 4 juillet 1777. Fixation des fonds destinés au duc d'Angouléme et à sa sœur, 0*419. Dépenses générales pour écuries au comte et à la comtesse d'Artois, arrêtée en mars 1776. Règlement définitif de la construction des écuries de la comtesse d'Artois, les 27 févr.et 22 mars 1778.— Correspondance inédite tur Louis Xr/, Marie Antoinette, la cour et la ville, publiée par Lescure, tome J, p 37, :^9.

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