‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 26 sur 177 · II · texte numérisé non relu

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la galanterie. •• qu'il lui est arrivé de dire à ques gens de ses entours qu'elle ne serait ni en peine ni bien fâchée que le roi prît quelque inclination momentanée et passagère, attendu qu'il pourrait acquérir par là plus de ressort et d'énergie. » Mercy lui représenta en vain « qu'il n'y avait point è badiner sur ce chapitre, qu'il était même infiniment dangereux d'en parler avec cette sorte d'indifférence,.... indépendamment des gloses et des mauvais usages que pourraient en faire ceux auxquels s'adressent de semblables propos. y> La reine renonça à ce genre de conversation mais n'en resta pas moins persuadée « qu'ayant pris un ascendant décidé sur son époux, elle aura toujours les moyens de le maîtriser. »

Calomnies Cctte situatiou d'esprit s'alliant chez elle à une

contre les luœurs , >» , , , ,, , ,

de la reine, honnctcte ct a uuc vcrtu plus naturelle que raisonnee, comme l'avait observé son frère Joseph, la livrait sras défense possible aux interprétations les plus malveillantes. Elle se croyait tout permis du moment qu'elle ne commettait pas d'actes répréhensibles. Le public apprenait, par les nouvellistes, que la reine avait été interpellée au bal de TOpéra par un masque qui était venu se placer au-dessous de sa loge, l'appelant Antoinette, la gourmandant de n'être pas couchée auprès de son mari qui ronflait en ce moment: « Il a soutenu la conversation, écrit le journaliste, que tout le monde entendait, sur ce ton de liberté; il y a mis tant de gaieté et d'intérêt, que Sa Majesté pour mieux causer avec lui se baissait et lui faisait presque toucher sa gorge. Après plus d'une demi-heure de propos, elle l'a quitté, en (ionvenant

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LA REIÎSE CALOMNIÉE. 83

qu'elle ne s^était jamais tant amusée, et sur ce quil lui reprochait de s'en aller, elle lui a promis de revenir, ce qu'elle a fait. Le second entretien a été aussi long et aussi public, et cette farce a fini par Thonneur qu'a eu Tinconnu de baiser la main de la reine, familiarité qu'il a prise sans qu'elle s'en soit offensée. »

La différence des habitudes qui existaient entre le roi qui aimait à se coucher de bonne heure et la reine qui veillait tard, laissait douter de l'accord des deux époux. On dît, écrit-on en 1777, dans une feuille du jour, que a M. d'Artois a donné ici dernièrement, dans son appartement, un souper précédé d'un jeu d'enfer et suivi d'un petit bal,.,. que Id reine a osé, après le coucher du roi, venir dans cette orgie et y rester jusqu'à cinq heures du matin,... que son époux s'aperçut,... lorsqu'elle vint dans sa chambre,... qu'elle n'avait point dormi et l'avait repoussé fort durement. » Quelque temps après le même journaliste, revenant sur le même sujet, affirme que « le grand ménage va toujours très froidement ; on ne s'échauffe que par des mouvements d'humeur. » L'indifférence sur les propos qui pouvaient être tenus, le défaut d'empire sur elle-même, laissant paraître sur le visage de la reine les impressions les plus fugitives, donnaient lieu à des suppositions outrageantes parmi un monde qui, au dire de Mercy, « ne contenait pas une seule personne qui, par ses qualités ou par un vrai feèle, cherchât à se rendre utile » à Marie-Anfoinette. Quand le chevalier de Luxembourg, dont Mercy a éloigné la reine à cause dé soh ambition et de sa mauvaise tête, se de-

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84 UVRK PREMIER.

met de sa charge de capitaine des gardes, le public apprend cette nouvelle avec ce commentaire : « Ce chevalier de Luxembourg est un des plus beaux hommes de la cour, et vous devinerez que sa disgrâce a le même motif que celle de M. de Dillon il y a deux ans. » Si le comte de Fersen est présenté à Yerailles à rage de vingt-quatre ans, la bienveillance émue que lui témoigne la reine est en un instant traduite comme une pensée coupable, et lorsque ce jeune homme annonce son départ pour rAmérique, la duchesse de Fitz-James s*écrie : « Quoi, Monsieur, vous abandonnez ainsi votre conquête! t> Dès cette année, 1777, la reine est déjà en butte aux calomnies d'un comte de Tilly qui compte le nombre de ses amants tout en affirmant, dans ses licencieux mémoires c que sa froideur pour les jeunes gens était un trait distinctif de son caractère, d ou d'un duc de Lauzun qui écrit avec sa fatuité effrontée : La reine c sortait rarement sans moi, ne me permettant pas de quitter lacour^... me faisait toujours place près d'elle au jeu, me parlait sans cesse. x>

Mercy, dans des illusions, qu'on pourrait taxer de J^^ paternelles, avait écrit au mois de juin 1 777, après le etiDjatucM départ de Joseph : <c Je me persuade avec certitude

qu'elle CBtratM. ^ * . • . ,

que rempereur a fait des impressions réelles dans l'âme de la reine sur plusieurs points qui lui sont essentiels... J'ose espérer que l'avenir en fera voir le fruit. Dès à présent elle est décidée à cesser peu à peu de fréquenter la princesse de Guémenée, à s'abstenir du gros jeu, à s'occuper quelques heures delà journée chez elle,... à être avec le roi plus assidûment que par le passé. » Il ne se passe pas qn mois

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