DICTATURE DE WASHINGTON
tenir les troupes américaines engagées du côté du Canada» d'accourir à marches forcées^ et au général Scbuyler de le renforcer avec les troupes de la Pensylvanie et du New^Jersey réunies dans le Canada, essayant de grouper, dans les lieux menacés, des troupes dispersées dans ce vaste champ de bataille qui comprenait presque un continent, depuis les rives de THudson jusqu'à celles de la Delaware. Les milices du Maryland et du New-Jersey quittèrent l'armée de Washington à New-Brunswick, à l'expiration du terme de leur engagement, et ce ne fut qu'avec 7,000 hommes qu'il passa la Delaware, le 2 décembre 1776.
Peu de jours après, le 12 décembre, le Congrès quittait Philadelphie, décidant sa réunion à Baltimore, dans le Maryland. Jetant de cette ville un regard sur les dangers qui menaçaient la patrie et résolu à tout prix de lui donner une armée, il décréta qu'il avait la plus entière confiance dans la sagesse, l'énergie et la loyauté de soii général, et donna pouvoir à Washington de lever le plus promptement possible, dans un État ou dans tous les États, seize bataillons d'infanterie, pour augmenter le nombre de ceux dont il avait déjà prescrit l'organisation, trois mille hommes de cavalerie, trois régiments d'artillerie, un corps d'ingénieurs; de fixer la solde des soldats, de choisir les officiers, de convoquer et de faire marcher les milices, d'établir des magasins de vivres, de réquisitionner ce qui serait utile à l'armée, et d'ordonner l'arrestation et la détention de tout Américain qui refuserait des billets de crédit. C'était la dictature la plus absolue remise entre les mains d'un homme pen*-
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dictatare, décembre 1776.
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dant six mois» si le Congrès ne revenait paa sur sa décision. Noble confiance que rien ne devait altérer, ni l'ambition d'un chef dont la grandeur morale du caractère se montra toujours an-dessus de toute atteinte, ni la défiance d'un peuple qui, au milieu des revers, n'accusa jamais ses gâiérauK de trahison.
Moyens floftocien Lc Cougrès était moius heureux dans les moyens pJZ^^n^éB. employés pour obtenir l'argent nécessaire à la lutte qu'il soutenait. Il avait décidé un em^prant de 5 millions de dollars (27 millions de francs) à un intérêt de 4 p. 100^ garanti par les âlats^^Unis et remboursable au bout de trois ans. L'emprunt se remplissant avec peine, le taux de l'intérêt fut augmenté. Une loterie fut tentée, mais ces essais divers échouèrent en grande partie ; soit parce que, dans l'immense perturbation que la guerre entraînait, toute richesse fut effondrée, soit que l'ave* nir fût trop incertain pour décider des citoyens à risquer leur fortune privée dans l'espérance de l'auge menter. Les billets de crédit, dont on voulait restreindre le nombre^ ne purent pas, non seulement être diminués, mais durent être multipliés* Dans l'emploi de pareilles mesures, le Congrès rencontra de suite l'obstacle qu'oppose l'intérêt personnel et légitime de chaque individu. Les billets furent refusés souvent, soît pour éteindre une dette, soit pour payer une marchandise, et le seul numéraire dont pouvait disposer l'État, menaça de disparaître faute à'f^ accepté dans les transactions privées. LeGongràs tenta de vaiftcre, par la force, l'opposition àsB cttoyenâ. Un comité de sûreté fut établi en Pensylv^ie pour
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